PROPOSITION SUD COREENNE POUR L'ARTILLERIE ESPAGNOLE

L'Espagne qui a lancé un important programme de modernisation de ses forces armées a reçu ces derniers jours une proposition du fabricant sud-coréen Hanwha pour la modernisation de la composante artillerie. Le projet Brigade 2035 prévoit la mise en service d'obusiers de 155mm automoteurs et tractés, et de Lance Roquettes Multiples capables d'atteindre des objectifs jusqu'à 500km. Un premier projet annoncé en mai 2024 prévoyait l'acquisition de 145 obusiers automoteurs, 109 chenillés et 36 à roues en vue de remplacer la centaine de M109 A5 et les différentes pièces actuellement en service. Pour répondre aux derniers besoins exprimés par Madrid, Hanwha proposerait 214 obusiers de 155mm, répartis entre 128 obusiers chenillés K9, 86 obusiers à roues sur châssis 8x8 et 10x10 ainsi que 214 véhicules d'approvisionnement K10 et 59 véhicules de commandement. Cette offre comprendrait en outre un transfert de technologies et la localisation d'une partie de la production de ces engins en Espagne. Cette proposition sud-coréenne pourrait se trouver en concurrence avec le Nemesis de General Dynamics European Land Systems) GDELS mais aussi avec le Firtina turc, Ankara cherchant à profiter de l'éviction des matériels israéliens décidée en septembre dernier par les autorités espagnoles.

Commentaires

  1. Chacun comprendra que proposer sur les marchés le seul Caesar et pour nos besoins propres ne sera pas suffisant. Il doit être complétés par du LRM, ses roquette/missiles/missiles/drones dans le cadre de la longue portée. À terme, une artillerie "canon" à tir en mouvement est à envisager si la formule s'avère efficiente sur le terrain. Enfin, les vecteurs de reconnaissance, de ciblage et d'actions offensifs sur zone devront permettre la permanence des feux.

    Certes, le conflit sur la terre d'Ukraine n'est, peut être pas, l'archétype des conflits futurs, mais les fondamentaux demeurent :
    - La puissance de l'Artillerie et sa permanence.
    - L'évolution des effecteurs.
    - Les frappes dans la profondeur et/ou en retrait des kill zones.
    - La neutralisation ou la désorganisation des éléments ennemis au plus loin.
    - Les tirs de précision sur des objectifs d'importance tactique et stratégique.
    - La gestion des feux en cohérence avec les autres Armes, dont la logistique et stocks, ainsi que la coordination avec les autres Armées.
    - La fameuse interopérabilité devra trouver solution en coalition.

    L'Espagne est dans son rôle et intérêts, elle va priviligier son industrie avec des possibilités de sous-traitances et offsets, tout en modernisant ses armes.
    Nous sommes loin des intentions européennes avec la Commission Européenne et celle de la Défense de l'UE. Quant à l'OTAN... ^^

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    1. Vous pouvez aussi rejoutez aux avantages particuliers de l'artillerie de l'armée de terre, son très faible cout, par rapport à l'aérien (Munitions et vecteur porteur.), et sa polyvalence : Précision mais surtout saturation, son emploi majeur (Comme l'ont redémontré les retours d'expériences de l'Ukraine, si vous regardez bien.).

      Eh oui, l'Espââgnnne, ce si grand pays, avec sa position géostratégique si différente de la notre... ^^ Et avec ses si énormes moyens, et budgets militaires !!
      (Ils dépensent deux fois moins que chez nous, y compris au niveau terrestre. ( : 220 chars, en cours de modernisation (...), 600 blindés chenillés, en diverses versions (Plus 730 sur roues.), 216 pièces d'artillerie majeure (Roues et chenilles. Ci dessus.), et autres PULS (Egalement commandés.) et Patriot (Antimissiles... Aussi.), quand même !! !))

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    2. Plus les 214 K10 d'approvisionnement.
      (Bon en même temps, comme les munitions sont aussi devenues le cadet de nos soucis, encore aujourd'hui, comme le reste d'ailleurs... ...A part les annonces-rodomontades, complétement et particulièrement déconnectées du coup !!! ? ! Et particulièrement irresponsables.)

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    3. D'autres parts, c'est surtout qu'ils (Les espagnols ici en l'occurrence.) sont bien obliger de choisir ailleurs, vu la pauvreté et l'uniformité de l'offre européenne en terme d'automoteurs chenillés d'artillerie notamment : PZH2000 ou rien. (Et demain Léopard2 ou ...)

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    4. Il manque une ou deux offres alternatives, compétitives en plus, tout simplement.

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  2. Des annonces qui se suivent et invariablement se ressemblent : Corée du sud, Israël, Corée du sud, Allemagne... Qui actent de plus en plus notre disparition de plus en plus complète (Déjà le VBCI n'est presque plus qu'un souvenir.) d'un segment majeur, un de plus, de nos industries, de défense en l'occurrence ici. Quand va t-on réellement se réveiller ? !!!

    Une offre, sud coréenne, très complète (Evidemment.) : Automoteurs K9, très "employable" en plus (C'est à dire relativement peu cher, car relativement moyen, mais aux normes actuelles...), un sur roues complémentaire (Qui n'a pas encore d'appellation, ils s'adaptent en plus, plus pour concurrencer le RCH155 à priori avec un blindé moyen 8 x 8 (Ou 10 x 10 ?) d'une quarantaine de tonnes à priori, reprenant le châssis du K239 et avec tourelle blindée automatisée évidemment (Assez similaire d'apparence à celle du RCH155.).), et lanceurs de roquettes multiples -missiles tactiques K239, de 36 à 300 km de portée, de saturation ou de précision (Il existe également une version légère de 18 tonnes seulement.)... Bref une offre de gamme complète, là encore.
    Mais certains vont encore nous dire qu'il n'y a pas la place pour deux ou trois grands constructeurs majeurs de ce type en Europe...

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  3. Ce qu'il se passe démontre une fois encore la nécessité , pour la France, de ne pas se contenter du Caesar en sa formule actuelle ( formule dans laquelle on peut inclure la version dite NG. Formulation optimiste puisqu'elle ne recouvre pratiquement qu'un changement de camion) . Et même cette simple déclinaison traîne des années à se voir produire en série ..) .

    Le CAESAR reste intéressant pour le déploiement rapide à longue distance . Il convient particulièrement pour les conflits de faible et moyenne intensité . Mais on peut comprendre les nombreux pays qui souhaitent aussi une mobilité , une protection et souvent une automatisation plus importantes. Les pièces d'artillerie protégées par une tourelle blindée, souvent non habitée, deviennent peu à peu systématiques . Du moins pour ceux qui se placent dans la perspective de risques accrus (y compris CBRN, souvent oubliés actuellement ).

    Ces risques multiples correspondent à un conflit de haute intensité. En plus , il y a presque toujours une économie en personnel de mise en oeuvre (voyez l'ARCHER, deux personnes suffisent, dont le conducteur d'engin ! ).

    Puisqu'il est rare et difficile de faire changer les convictions hexagonales , on pourrait au moins suggérer aux français, l'étude d'un véhicule auxiliaire spécialement conçu pour venir sa placer derrière tout CAESAR prêt au tir. Aux fins de lui procurer une forme d'approvisionnement généreux et diversifié, plus largement automatisé moyennant l'aide électro- mécanique de bras et ponts robotiques, assistés par l'IA.
    Le camion porte- canon porterait alors peu ou pas de munitions en zone de combat . De façon à limiter les conséquence d'un impact hostile.

    Je crois avoir lu que les ukrainiens pratiquement ainsi pour ne pas avoir de catastrophe dès lors qu'un CAESAR est touché par la contre-batterie ou bien par des drones et autres munitions Kamikaze. P.R.

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    1. Le conflit en Ukraine est-il de haute intensité ?
      Sont-ils mieux ou moins bien placé que nous pour déterminer si le Caesar est inadapté à ce conflit ?
      Pourquoi les ukrainiens construisent massivement des canons analogues au Caesar?
      Pourquoi ils ne construisent pas des chenillés et n'en réclament plus depuis un moment ?
      Avons nous vu en Ukraine des servants de Caesar frappés par des drones?
      Combien de Caesar avons-nous vendu et combien d'AUf1?
      Pourquoi l'Espagne passe une partie de son artillerie chenillée sur roues ?
      Quel pays dans le monde a remplacé une artillerie sur roues par une artillerie chenillée?
      Si on considère que le Caesar n'est pas adapté à la haute intensité, faut-il en conclure que l'ensemble de l'artillerie tractée (jusqu'au mortier) ne sont pas adaptés à la guerre de haute intensité ?
      Si on considère qu'un servant de canon est trop vulnérable à 40km du front, est-ce que le fantassin sur la ligne de contact est inadapté à la haute intensité ?
      Le Royaume Uni n'abandonne t'il pas son artillerie chenillée ? Une exception française ?
      Combien de blindés l'armée française possède t-elle en tout et combien en Espagne ?

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    2. Bonjour.
      Votre post est intéressant tant il faut le prendre à l'envers.
      §1. de quoi parlez-vous quand vous dite "ce qu'il se passe" ?
      §2 et 3. C'est l'inverse. Le Caesar est justement un engin pour les CHI. Le blindage ne sert à rien dans le sens où il ne protège jamais assez, notamment dans le Dombass. L'automatisation coûte trop cher pour l'instant et tombe trop souvent en panne. Il y a un facteur 3 entre le prix d'un CAESAR NG et le prix du RCH155. C'est trop, justement pour le CHI.
      C'est bizarre d'ailleurs, personne n'arrive à faire un autocanon automatisé pas cher, fiable et qui s'utilise et se répare sans nécessiter 6 mois de formation.
      §4 et 5. Bonjour le coût (et donc la masse) si vous voulez automatiser ça. Mais oui, c'est effectivement pratiqué avec en plus le fait que l'approvisionnement est décentraliser et donc discret. Le temps de rechargement (carburant et munitions) entre un CAESAR et un PZH2000 est d'1/4 h VS 1/2 h, d'où des pertes supérieures du PZH dans cette phase, malgré la différence de blindage.

      On peut viser les améliorations suivantes, pour le CAESAR :
      - Chargement automatique du canon mais pas forcément du camion, ou l'inverse si on ne veut pas que le camion porte un stock de charges et obus. A la condition que cette automatisation impacte marginalement le coût, la disponibilité et les temps de formations.
      - Augmentation de la portée max à 60 km même au prix d'un sous-calibrage de l'obus mais avec un impact marginal sur la dispersions des frappes et sur le coût d'un obus. Dans le Dombass, les tirs se font majoritairement entre 10 et 20 km de la L0, il faudrait reculer d'au moins 10km mais avec la même précision (et la même vitesse d'usure des tubes).
      - Repenser la phase de rechargement du camion en diminuant ses durées d'exposition (déplacement compris) et en maintenant sa discrétion.
      - Avoir une LAD locale qui tienne la route, là est la vraie urgence (comme pour les blindés en général d'ailleurs).

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    3. Tout à fait d'accord avec "PR" sur l'emploi du Caesar qu'il fait. C'est un équipement conçu et fait pour faire avant tout de la faible intensité et plutôt de l'asymétrique, comme tous nos équipements, "médians", conçu à cette époque (Révolue...) il y a vingt ans (C'est à dire comme tous nos équipements militaires actuels...).

      Eh oui, il est rare et difficile de faire changer les convictions hexagonales (Cf 1870, aout 1914, mai-juin 1940...).
      Le probléme principal, après la très dangereuse exposition de ses servants, du Caesar est qu'il n'est conçu que pour emporter que 18 coup (La nouvelle version 8 x 8 emportant 30 coups améliorait bien ce défaut ; mais ce n'est pas celle que l'on a choisit pour réarmer à minima, notre artillerie exsangue (Après nos quelques donc à l'Ukraine... 30 canons...), "évidemment"...), multipliant ainsi les temps de réapprovisionnements (A contrario il faut quatre minutes au K10 entièrement automatisé pour recharger complétement un K9.) et l'exposition et les immobilisations forcées (Les mettant tout autant à la merci des frappes à longue distance, et autres drones munitions rodeuses.).

      Les ukrainiens je crois parle du Caesar comme d'une "artillerie sniper" : Un ou deux tirs, et on se retire.

      @Anonyme13 janvier 2026 à 16:57,
      Bonjour aussi. Eh oui le blindage ne sert à rien, même face au très grand rayon léthal d'une frappe d'artillerie de contrebatterie, tout le monde sait ça évidemment.
      Le K9 est même moins cher que le Caesar. Eh non la chenille n'est pas systématiquement synonyme de prix plus chers... (Attention aux idées reçues là encore.)
      Plus c'est automatisé plus c'est cher, ça c'est vrai par contre. Et cela peut même beaucoup varier, jusqu'à doubler le prix d'une pièce d'artillerie ou d'un automoteur fût-il sur chenilles, ou sur roues.
      (Au niveau rechargement le Caesar c'est 18 coups, le Pzh2000 60 cps. Là par contre au peut même vous renvoyer votre comparaison : 18 cps 1/4 heure, 60 cps 1/2 heure.)

      Le version 8 x 8, trente coups, 30 tonnes, et plus automatisée, aurait été intéressante et un assez net progrès, mais ce n'est pas celle que l'on a choisie... Malheuresement (Encore une fois on continue de payer notre très étrange tropisme, encore plus aujourd'hui et à l'heure actuelle, du médian léger ; et du tout roue.)

      Par contre, le cout d'un obus de 155 mm à 60 km, là aussi attention, à 100 000 euros pièce...
      Ne faut-il pas mieux avoir plus de LRU, qui font se genre de choses plus naturellement ; et plus d'obus classique : Pour le même prix vous avez presque 30 obus (De quoi presque approvisionner deux de nos Caesar actuels.).
      Bref, de "l'employable" au juste niveau encore une fois, bien protégé "de préférence"...

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  4. Notre bon vieux AUF ....il est toujours d'actualité je crois mais où ?...

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    1. C'est de l'AUF2, qu'ils ont aussi complétement torpillé au début des années 2000, qu'on aurait du, qu'on devrait avoir, aujourd'hui.

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    2. De l'AUF2, complémentaire aux Caesar, version 30 tonnes (Pour nos brigades médianes.), tout en gardant même nos quelques Caesar 6 x 6 légers (Pour nos brigades, légères).

      Ou plutôt l'inverse, des Caesar complémentaires un un nouveau AUF2 (Sur châssis "Leclerc2.) et dans la même proportion que ci dessus, en Espagne (...) : 109 chenillés et 36 à roues, 128 et 86 obusiers à roues à terme.
      Ou en ce qui nous concerne, autant d'automoteurs d'artillerie chenillés, une centaine, dans un premier temps, que de Caesar. Il est temps de se réarmer, véritablement.

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