LE CHALLENGER ENTRE PROGRES ET DIFFICULTES

Le programme de modernisation des 148 chars Challenger pour lequel les autorités britanniques ont adopté un attitude prudente continue de progresser de façon satisfaisante selon RBSL (Rheinmetall BAE System Land) en charge de son développement. Les derniers essais menés ayant impliqué plusieurs prototypes ont permis de mettre en œuvre les différents équipements dans des conditions réalistes. Ces bonnes nouvelles ne peuvent faire oublier que le Challenger 3 reste confronté à d'importants retards de développement qui ont déjà entraîné le report de deux ans de la mise en service du char. Ce décalage annoncé pourrait ne pas être définitif et de nouveaux retards de livraison sont toujours envisagés par les responsables du programme. A ces difficultés calendaires, pourrait s'ajouter une difficulté d'atteinte de la cible initiale de 148 chars, en raison du nombre limité de Challenger 2 disponibles. Le parc initial de 288 chars Challenger 2 a été sévèrement attritionné  par les prélèvements, cannibalisation et la plupart de ces engins sont aujourd'hui déclarés inutilisables. Ces différentes menaces pesant sur le programme Challenger 3 rendent de plus en plus incertaine l'atteinte des objectifs fixés par l'OTAN, prévoyant la mise sur pied d'une division blindée britannique, dont le nombre de chars pourrait être plus symbolique que réellement déterminant. 

Commentaires

  1. a propos des chars et de leurs utilisation à lire dans DSI l'article sur le régiment "lourd léger"
    pour faire simple le char et les blindés ne sont plus utilisés en rupture, ils attendent que le front soit percé par de l'infanterie appuyé par des drones puis ils exploitent l'arrière du front
    penandreff

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Cela a toujours été plus ou moins le cas, l'exploitation après percée, pour des chars moyens , pour percer il faut des chars lourds, modernes, actuels.

      (La percée par saturation de chars moyens en très grand nombre, c'était hier (Il y a plus de quatre-vingt ans et le grand modèle de la seconde guerre mondiale de masse essentiellement et principalement.)...

      On est au 21e siècle aujourd'hui. Et on est passé aux armées professionnalisées, en nombre beaucoup plus limité (Donc avec de meilleurs matériels à priori, mieux protégés notamment : La très grande tendance mondiale actuelle (Y compris pour les VCI, qui sont en train de rattraper leur retard de niveau de protection qu'ils avaient traditionnellement sur les chars, jusqu'ici...), le retour du fait blindé mécanisé partout, sur toute la planète même cette fois ci.), depuis...

      PS : Eh oui, les retardés sur les grandes évolutions actuelles en matière d'évolution d'armements, ne sont peut être pas ceux qu'on croit (Chez nous très particulièrement encore.), voir et observer tout ce qui ce passe actuellement sur la planète (Et sortir de certaines obnubilations trop exclusives et focalisées, encore...)...

      Supprimer
    2. Cette doctrine n'a pas changé depuis la 2èGM, en secteur défendu la percée c'est l'infanterie avec ses appuis, en secteur non / peu défendu les blindés peuvent y aller directement (vitesse et surprise), en exploitation il faut de la mobilité donc les blindés. La différence aujourd'hui c'est qu'il y a beaucoup plus de transparence du champ de bataille et que stopper une percée avec des drones et de l'artillerie est beaucoup plus rapide à faire et peut se faire de plus loin, qu'en repositionnant des fantassins et des canons anti-chars ou même des blindés.

      Supprimer
    3. Non, absolument pas même. Si vous envoyez vos fantassin seuls à quoi bon avoir inventer le char alors (C'est précisément sa principale voire seule fonction, la percée des lignes et pour cela qu'il a précisément et exclusivement été inventé en 1916.).
      La seule chose, comme on le dit assez régulièrement ici, c'est qu'il faut que cela se fasse en combinaison, chars et infanterie combinée, auxquels vous pouvez rajoutez l'artillerie (Comme les principaux succès des chars, en combinaison avec l'infanterie et l'artillerie, l'ont parfaitement démontré dés 1917 (Après les premiers échecs où les premiers chars étaient employé seuls justement.) (Déjà à l'époque, tout était déjà dit... !!) et même en grande partie avec le génie à proximité immédiate, et même l'antiaérien aujourd'hui.

      PS : Si les drones perçaient les lignes cela se saurait aujourd'hui, depuis plus de quatre ans...

      Les chars moyens sont simplement devenus insuffisants et insuffisamment protégés en particulier pour percer aujourd'hui, plus encore les lignes très largement fortifiées et mises en place en Ukraine. C'est des moyens lourds qu'ils faudrait, chars, VCI, génie, et en quantités relativement importante, et même en prévoyant un certain taux de pertes, matérielles. (Ce que n'ont ni un camps ni l'autre, heureusement, et malheureusement... : Ce que les ukrainiens auraient parfaitement pu avoir depuis quatre ans, si on les avaient réellement aidé, ou si on avaient réellement été capables de le faire, en Europe...)

      Supprimer
    4. L'article très intéressant de DSI sur les régiments "lourds-legers" ne parle pas de percée préalable par une cavalerie légere armée de drones, mais de nettoyage des forces adverses ,en complément de l'artillerie située en arrière du front, les chars étant placés en réserve pour exploiter les opportunités créées par l'action des drones et de l'artillerie. C'est une actualisation, à l'aune de la guerre en Ukraine du concept de non bataille conceptualise par le cpt Brossolette. On peut schématiser la proposition de l'article de DSI en stratifiant le champ de bataille en trois niveaux : une cavalerie légere et ultra mobile armée de drones, qui occupe la zone de contact, des forces d'appui (artillerie, genie ..)en retrait de la zone de contact , des chars et des VCI places en reserve entre les deux premiers.

      Supprimer
    5. Cela mérite un rappel sur " la non- bataille" de Guy Brossollet.
      https://lavoiedelepee.blogspot.com/2022/12/essai-sur-la-non-bataille-petit-retour.html

      Son fils a rééditer le bouquin :
      https://www.guybrossollet.fr/

      Supprimer
    6. @ ULYSSE,
      Je n'ai pas encore lu ce dernier magazine, mais je supputais en effet vu le titre qu'il s'agissait plus d'exploitation, après percée ; mais encore faut-il avoir percé !!
      (Les drones et autre cavalerie légère n'ont jamais été réputés pour cela et ne sont de toutes façons pas fait pour ça (Là aussi peut être le signe et un effet du désaguerrissement actuel chez nous ?... Ou ici l'art de mettre un peu la charrue avant les bœufs en l'occurrence !!!?))
      Cela serait plutôt l'inverse d'ailleurs, les chars et les VCI, lourds et bien protégés de préférence (...) devant (Même en situation standard et courante il faut mieux être bien protégés, que pas assez.), près à exploiter la moindre faille ou faiblesse détectée (Avec des drones rapides d'observation capables de survire assez longtemps dans ce cas de figure de haute intensité... Par exemple, aussi.), et des moyens plus légers, plus moyens (Voire même à roues !! Ou la fameuse catégorie moyenne type AMPV qui commence à émerger aussi.) pour l'exploitation, une fois le front largement percé.

      Eh oui, la non bataille, pour la non victoire, comme depuis plus de quatre ans en Ukraine (Des drones et des blindés légers...)...

      D'ailleurs pour info complémentaire une percée se déroulerait plutôt de cette façon sur un champs de bataille moderne actuel :
      Avec un minimum d'effet de surprise tactique de préférence, sur un point de faiblesse détecté, ou pas, ou choisit précisément, après des attaques tests en général avant, et/ou pour des raisons tactiques et de manœuvre globale opérationnelles précise à suivre, par une frappe destructrice de saturation, de lanceurs de roquettes multiples, faits précisément pour cela au départ, pour "faire baisser la tête" de l'adversaire et commencer à le désorganiser, et à le saisir en tous cas, suivie ou presque concomitamment avec l'assaut des premiers chars, d'assaut, et des premiers VCI, mêlés, les premiers s'attaquant aux point forts, y compris blockhaus et autres infrastructures ou blindés lourds adversaires "éventuels", les second, et autres mortiers à tirs courbes aussi par exemple, aux objectifs "seconds" de moindre menace (Nids de mitrailleuse ou autres.), tout en débarquant leurs fantassins une fois la première ligne atteinte, l'artillerie classique s'occupant des tirs de contre batterie contre l'artillerie adverse, de même que les engins du génie se tiennent près également pour dégager la voie aux autres blindés et des obstacles dit antichars en particulier, et l'artillerie antiaérienne faisant de même pour touteS menaces venant du ciel (Y compris C-RAM possiblement aujourd'hui.).
      Les chars et premiers VCI dépassant cette première ligne laissant le soin de neutraliser les ilots de résistance restant à d'autres forces d'infanterie.
      Puis on réitère l'opération et on recommence la même chose, sur la deuxième ligne de front fortifiée, les fronts et lignes de défense modernes s'étalant normalement dans la profondeur sur plusieurs lignes, on parle même de sept à huit lignes successives en Ukraine et de part et d'autre. (C'est pour cela qu'au printemps 2023 bien qu'ayant réussit à percer par endroits une ou deux lignes fortifiées russes les ukrainiens ont du cesser leurs assauts, faute d'équipements en nombres suffisants. En même temps avec seulement une centaine de chars lourds anciens occidentaux ils ne pouvaient guère en espérer plus. Et c'est pas avec de la cavalerie légère qu'ils auraient pu le faire.).

      Supprimer
    7. @anonyme. Nous sommes d'accord et il semble que vous m'ayez mal lu ou bien je n'ai pas été suffisamment clair ( le mieux est de lire l'article de DSI)Je reprenais l'excellent Penandref en observant que l'article de DSI n'evoquait pas une percée par de l'infanterie armée de drones, mais évoquait une cavalerie légère armée de drones ayant pour mission de nettoyer une zone pour créer , en complément de l'artillerie, les conditions d'une percée ou d'une exploitation par les chars placés en réserve.

      Supprimer
  2. L'armée de terre britannique, l'autre grande armée de terre malade en Europe, bien qu'ils essayent eux, Challenger3 (Plus plus de 65 engins du génie sur châssis lourds, EBG et ponts automoteurs blindés d'assaut, pour aller avec...) (Et là aussi nouveau standard et une profonde refonte néanmoins... Bien qu'extrêmement limitée en nombre en effet (74 000 actifs seulement !!). (A une cinquantaine, de chars, près en même temps, mieux faut avoir 150 chars à un nouveau standard, nouveau canon, nouveau blindage, nouveau moteur (!!!...), nouveau système C4i, etc. et un char entièrement revu et modernisé réellement, que 200 vieux seulement scorpionisés.)), Ajax (Et remplacement du Warrior en vue également ; nous cela fait longtemps qu'on a même plus rien à remplacer de ce coté là !!!!.), Boxer, LRU+missiles tactiques longue portée (76 commandés livrables d'ici 2029. Nouvelle commandes de RCH155 également.), et autres systèmes antiaériens, et anti drone of course, et n'attentent pas je ne sais quel déluge ou quelque capacité "intermédiaire" (???!) en 2038 ou 204? ("On va lancer une étude pour étudier le sujet"... !!!!!!!)...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. "mieux faut avoir 150 chars à un nouveau standard, nouveau canon, nouveau blindage, nouveau moteur (!!!...), nouveau système C4i, etc"
      Tiens, cela fait beaucoup penser (Le seul changement de canon en moins.) à l'Ariete C2 italien (!).

      Supprimer

  3. Le Royaume-Uni tente de ne pas éclater, cela fait longtemps qu’ils n’ont plus d'ambition pour l'armée de terre:
    https://www.meta-defense.fr/2020/08/25/les-armees-britanniques-pretent-a-se-passer-de-ses-chars-challenger-2-pour-se-specialiser-dans-le-soutien/

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Pourtant pour des gens n'ayant plus d'ambition pour leur armée de terre ils réussissent néanmoins à en avoir quand même plus (Voir ci dessus 28 mai 2026 à 11:28.), un peu plus, que leur voisin de l'autre coté de la Manche.
      PS : Finalement, britanniques, italiens, allemands évidemment, ils en ont même deux désormais, on est bien les seuls à ne pas avoir de réel programme de modernisation de chars en Europe aujourd'hui !!!
      ("On attend le MGCS", comme dirait l'autre.)

      Supprimer

Enregistrer un commentaire