Depuis
la reprise des tensions dans la région, l’Iran a publiquement manifesté ses
intentions dans le domaine du combat terrestre. Le rapide panorama ci
dessous présente les chars les plus emblématiques d'un parc vieillissant et
plutôt hétéroclite. En dépit de fabrications locales ou sous licence, les chars
en service au sein des forces terrestres iraniennes sont essentiellement
d'origine russe, ou occidentale. Dans ce dernier cas ils ont été acquis avant
1979.
Depuis
la reprise des tensions dans la région, l’Iran a publiquement manifesté ses
intentions dans le domaine du combat terrestre. Le rapide panorama ci
dessous présente les chars les plus emblématiques d'un parc vieillissant et
plutôt hétéroclite. En dépit de fabrications locales ou sous licence, les chars
en service au sein des forces terrestres iraniennes sont essentiellement
d'origine russe, ou occidentale ; dans ce dernier cas ils ont été acquis avant
1979.
Le
dernier engagement majeur de l'armée iranienne remonte à la guerre Iran Irak ;
au cours de laquelle les deux pays ont perdu plusieurs centaines de chars. On
sait que la première année a vu la destruction de 250 à 300 engins, les
Iraniens en ayant perdu entre 100 et 200 dans l'opération Nasr en janvier
1981.
L'Irak
équipé de matériels d'origine russe (alors soviétique) aligne au début de la
guerre 7 divisions d’infanterie, 8 divisions et brigades blindées (chars T62 et
T72) et 2 divisons mécanisées (chars T55 et engins type BTR). Le
dernier engagement majeur de l'armée iranienne remonte à la guerre Iran Irak ;
au cours de laquelle les deux pays ont perdu plusieurs centaines de chars. On
sait que la première année a vu la destruction de 250 à 300 engins, les
Iraniens en ayant perdu entre 100 et 200 dans l'opération Nasr en janvier
1981.
L'Irak
équipé de matériels d'origine russe (alors soviétique) aligne au début de la
guerre 7 divisions d’infanterie, 8 divisions et brigades blindées (chars T62 et
T72) et 2 divisons mécanisées (chars T55 et engins type BTR). Les forces
blindées mécanisées de l'Iran mis sous embargo comptent 6 divisions et brigades
d’infanterie, 5 divisions et brigades blindées (chars Chieftain ou M60).
Organisées
en structure ternaire sur le modèle russe (Ex Pacte de Varsovie) les unités
blindées iraniennes sont regroupées au sein de quatre divisions blindées,
divisées en trois brigades. On retrouve dans chaque brigade, trois bataillons
comptant chacun 55 chars de combat. Le type de char équipant
une brigade est généralement homogène. L’Iran possède environ 1500 chars dont
les principaux modèles sont :
CHIEFTAIN :
avec plus de 700 exemplaires vendus avant la Révolution de 1979, l’Iran du Shah
a été le principal utilisateur étranger du char britannique. Une centaine de
ces engins a été capturé par les Irakiens au cours de la guerre qui a
opposé les deux pays entre septembre 1980 et aout 1988.
T72Z SAFIR-74 ou Type 72Z : ces trois appellations recouvrent la conversion de trois types de chars aux performances et équipements communs, à savoir le T55, le T54 et le Type 59. Les opérations de conversion ont essentiellement porte sur l’adoption :
-
d’un canon rayé de 105mm, HM49L, dérivé du M68 qui équipait les chars
américains M60 achetés avant la révolution.
-
D’une conduite de tir slovène Fontona comprenant un calculateur balistique et
un télémètre laser.
-
De blindage additionnel soudé et de briquettes réactives (ERA) de fabrication
locale.
-
De l’adoption du moteur diesel déjà en service sur le T72.
ZULFIKAR :
Nommé ainsi en référence à la neuvième épée du Prophète, ce char a
bénéficié d’un certain nombre d’enseignements de la guerre Iran Irak. Il a été
produit à une centaine d’exemplaires à partir de 1994. Son dessin semble
inspiré de celui du M1 permet d’intégrer un certain nombre d’éléments d’origine
étrangère et provenant principalement du M60 (train de roulement) et du
T72 (armement). Trois versions se sont succédées, la dernière Zulfikar 3,
intègre un canon de 125mm (2A46M) couplé à un télémètre laser et une conduite
de tir améliorée, tandis que le train de roulement reçoit des jupes de
protection.
T72 : Avec près de 800
exemplaires en service, le T72 est le modèle de char le plus répandu dans les
forces terrestres iraniennes. Aux côtés des premier T72M l’Iran utilise
également 480 T72S, une version export du T72B intégrant des améliorations au
niveau de la motorisation et de la conduite de tir. La suspension renforcée a
été développée et configurée pour permettre le montage de blindage réactif.
C’est à partir de ce modèle qu’a été développé le char Karrar.
TIAM : dévoilé en 2016,
ce char est développé à partir du châssis du char iranien Sabalan, lui-même
développé à partir du M-47 Patton américain. La tourelle et le canon sont
proches de l’équipement du char chinois Type-59D. Le Tiam est armé d’un canon
L7 de 105 mm, canon britannique créé à la fin des années 50 par Royal
Ordnance ; cette arme est montée sur le Stryker Mobile Gun en service dans
l’armée américaine. Doté d’un canon de 105mm de conception ancienne et d’une
protection inférieure aux standards actuels le semble dévolu aux missions
d’appui.
KARRAR
Selon
toute vraisemblance, c’est en 2017 que l’Iran a lancé la production en chaîne
du char Karrar, un modèle amélioré des chars T-72S1 produits sous licence en
Iran depuis 1993 et en service dans l’armée iranienne et le Corps des gardiens
de la Révolution islamique. Néanmoins c’est à partir des plus anciens T72M que
devraient être fabriqués les 800 Karrar devant équiper les forces iraniennes.
Il apparait évident que le développement du Karrar a été mené avec l’appui de
la Russie. Le Karrar présente de nombreuses similitudes avec le T90MS utilisant
des composants similaires, pouvant être des composants de T90 russes produits
sous licence en Iran. Cette similitude ne signifie pas que le Karrar est
l’équivalent du T90MS, il serait même en deçà des chars modernes qu’ils soient
occidentaux ou chinois.
Affichant
de nombreuses similitudes extérieures avec le T90MS, beaucoup ont pensé lors de
ses premières apparitions qu’il s’agissait d’une fabrication sous licence du
char russe; Il semble cependant peu probable que le Karrar puisse rivaliser
avec son homologue russe en termes de performances.
Ses
principaux équipements sont un canon de125mm (2A46M 2A46M5 que l’on
retrouve sur T72 et T90) et capable de tirer toutes les munitions en service
(HE, APFSDS, et HE-Frag). Le chargement automatique est identique à celui du
T72, utilisant un carrousel d’une capacité de 22 obus (et missiles AC)
permettant le tir de 8 coups en une minute. Le reliquat de munitions, soit 18
obus est stocké dans un nouveau compartiment étanche situé dans la nuque de
tourelle et non plus dans le compartiment équipage comme sur le T72. Selon
toute vraisemblance, le canon a la capacité de tirer le missile AC 9M119M Refleks
(AT-11 Sniper) dont la portée varie entre 4000 et 5000 m. Doté d’un
viseur chef indépendant, le Karrar comme tous ses homologues occidentaux
possède la capacité hunter-killer avec des temps d’engagement améliorés
par rapport au T72. La conduite de tir repose sur une architecture
numérique intégrant un télémètre Laser, des moyens de vision nocturne.
Les optiques sont fournies par la compagnie slovène FOTONA, qui fournit déjà la
conduite de tir des T72Z. On trouve par ailleurs de nouvelles IHM, un système
de navigation satellite (GLONASS ?) et un ensemble de caméras.
Dans
le domaine de la protection, les Iraniens ont affirmé que leur char est équipé
d’un blindage réactif (ressemblant au blindage réactif russe Relikt)
conçu et produit en Iran. Ce système serait supérieur au kit Kontakt-1 équipant
les T72S. Outre ce système, le Karrar serait également équipé d’un système de
détection de départ de missile (DDM)
Le
moteur d’un type nouveau et probablement fourni par la Russie développerait
entre 1000 et 1200 cv, animant un train de roulement classique. A noter que la
forme du châssis permet au Karrar d’aménager son emplacement défensif sans
l’aide d’engins du Génie.
A
terme, ce sont 800 exemplaires de ce char qui devraient équiper les forces
terrestres iraniennes, et ce dans un avenir assez proche.