Bien que moins médiatisés que leurs homologues évoluant dans la troisième dimension, les systèmes terrestres téléopérés sont également l'objet de nombreuses expérimentations destinées à définir leur nature exacte et leur emploi futur. Si l'aspect parfois "artisanal" des différentes recherches peut prêter à sourire, ces dernières permettent de donner une image de la physionomie des futurs champs de bataille. La dernière illustration dans le domaine nous vient des Etats-Unis et plus spécialement de la 1ère Division de Cavalerie dont l'un des M2A4 Bradley a été vu dans une configuration plutôt inhabituelle. C'est une vidéo de la firme américaine Swarmbotics AI qui permis de découvrir un Bradley transportant cinq UGV FireAnt sur des supports latéraux. L'engin qui pèse 27 kg est un drone terrestre jetable contrôlé par une intelligence artificielle (donc à faible cout) conçu pour mener des opérations en essaim et capable de remplir des missions de renseignement, de communications, de guerre électronique ou antichars. Dans la configuration testée au cours de l'exercice Pegasus 3, troisième phase d'une série d'essais conduits par la 1st CAV, le Bradley devient une plateforme de transport et de mise en oeuvre de drones terrestres, offrant aux unités de nouvelles possibilités opérationnelles. Swarmbotics AI a été choisi par l'armée américaine, après son succès au concours xTech Overwatch pour construire des drones terrestres capables d'agir en essaim, attritionnables destinés aux unités de contact.
Au-delà de l'aspect inhabituel de la configuration, de nombreuses interrogations demeurent comme le déchargement des drones, la configuration retenue ne semblant pas permettre un largage automatique sans intervention manuelle, il est probable qu'une mise en oeuvre à partir du compartiment arrière du blindé soit envisagée. En outre, le positionnement observé sur la vidéo empêche clairement le montage des blindages latéraux de type ERA que l'on retrouve sur de nombreuses déclinaisons du Bradley. Concernant le guidage de ces engins, la firme de Phoenix (AZ), indique que le FireAnt dispose d'une intelligence artificielle qui lui permet d'effectuer les missions de façon autonome et d'adopter un "comportement coordonné" lorsqu'il est mis en réseau pour agir en essaim. Swarmbotics AI avait indiqué en février dernier qu'une escouade d'infanterie avait mis en oeuvre et piloté dix FireAnt durant le concours xTech Overwatch. On dispose de peu d'informations sur les différents modules envisagées, la charge antichar serait constituée d'un pénétrateur associé à une charge d'explosif et aurait une portée pour le moment limitée, qui obligerait le robot à s'approcher de son objectif.
Même de nombreuses interrogations demeurent sur le sujet, les test menés par la First Cav et la firme Swarmbotics AI préfigurent probablement ce à quoi pourrait ressembler un futur champ de bataille. La mise en oeuvre de drones consommables capables d'agir en essaim permettrait à la force en disposant d'obtenir de façon temporaire et localisée un effet de masse, susceptible de provoquer une modification favorable du RAPFOR (Rapport de Force). A l'heure où l'on parle de "plates formes mères" pilotant des systèmes ancillaires, l'emploi de drones terrestres de taille réduite permet d'envisager leur emploi à partir de plateformes existantes. Dans cette optique, le FireAnt constitue certainement une des solutions les plus intéressantes par sa taille, son cout et ses capacités.




knds robotic (france) à un produit similaire
RépondreSupprimerpenandreff
Pas étonnant de voir le concept FireAnt réscussité 40 ans après le premier article paru dans la Revue Internationale de Défense dans les années 80. L'idée était déjà intéressante à l'époque, elle attendait son heure depuis tout ce temps, voilà tout. KNDS France a présenté des mini FireAnt à ES en juin capables de se faufiler sous un char, type mine mobile. J'en parlerai dans Raids prochainement.
RépondreSupprimerhttps://fr.linkedin.com/posts/knds-france_mto-loiteringammunition-activity-7473395079999680512-D3mr
RépondreSupprimerpenandreff
La CGN me semble avoir un diamètre supérieure à 150mm, ce qui la rendrait capable de percer un char n’ayant que cette épaisseur de blindage en RHAeq
RépondreSupprimerhttps://commons.wikimedia.org/wiki/File:Mini-tanks-p012953.jpg?uselang=fr
RépondreSupprimerEh oui, c'est le grande "retour vers le futur" !!
Bonjour. Puisque vous aimez l'histoire, d'après vous (je n'étais pas né durant la www2 (pas eu à baisser la tête sous les canons des Panzers, régnant *en ce temps-là*)), ils en construisaient combien d'après vous? Au moins 10 millions par an? Et dotés de quelles qualités intrinsèques? Avec une fonction de production industrielle croissante, avec vue déportée, ayant plusieurs Kilomètres d'allonge minimum, pilotable par Hertz ou filaire optique léger comme le fil d'Ariane, voire dotés d'un mental autonome en acier ne doutant jamais de lui-même (I.A.)? > Amho & s.o.
SupprimerEh oui, les faibles capacités de production industrielle de l'Allemagne durant la seconde guerre mondiale...
SupprimerCommentaire complétement déplacé et à coté, encore une fois. On ne parlait pas des drones, low-cost, aériens, non plus ci dessus (Les choses dans l'image du lien ci dessus et dans la photo au dessus, ne volent pas, ou ne sont pas sensées le faire, sauf bombardement ou autres...)