Le conflit ukrainien qui depuis son déclenchement nous a fourni de nombreux enseignements, a livré ces derniers jours un nouvel éclairage sur l'évolution des dispositifs de lutte antidrones embarqués sur les engins blindés. Dans ce nouvel épisode de la lutte entre la lance et la cuirasse version 2.0, la Russie aurait franchi une nouvelle étape avec l'utilisation d'une évolution du système de protection active Arena. L'Arena et son évolution Arena-M dont le montage ne semble jamais avoir été généralisé sur les chars russes aurait connu ces dernières semaines une première utilisation opérationnelle contre des drones.
Des images publiées il y a deux semaines par le centre Omega de la garde Nationale ukrainienne montraient un char T-72B3 touché directement par un drone FPV sans aucune réponse visible du système de protection Arena-M. Ce qui ressemble à une défaillance de l'équipement russe vient alimenter un narratif connu de longue date sur les possibles lacunes du radar du système russe destiné à détecter les menaces. Ces assertions s'opposent évidemment aux propos tenus par les médias russes sur l'efficacité du système, qui ont cependant reconnu que le déploiement de cette version antidrone de l'Arena-M aurait été utile plus tôt. Une généralisation de l'équipement russe entre 2023 et 2025 aurait en effet permis aux chars russes de mieux résister au changement de tactique ukrainienne, privilégiant l'emploi de plusieurs drones contre un seul char. Cette tactique désormais employée par les deux belligérants s'est imposée en raison de la nécessité d'employer entre quinze et vingt drones pour détruire un char. Cette multiplication des engins assaillants ayant pour effet de saturer le système de protection et d'épuiser les munitions disponibles par des attaques successives. La vidéo sur laquelle un T-72B3M équipé d'une simple cage antidrone et un T-90 "hérisson" sont visibles est complétée par des discussions avec l'unité ukrainienne impliquée dans cette action. Ce dernier point permet a permis de confirmer l'élimination de sept drones avant l'impact décisif. Ce résultat traduirait une réelle évolution dans la lutte antidrones mais aussi le besoin de disposer à bord d'un blindé d'un nombre suffisant de munitions pour lui permettre de survivre aux multiples attaques. Cette double exigence de supériorité numérique pourrait être le point de départ d'une course entre le nombre de drones assaillants et celui des munitions nécessaires à la survie du blindé. Cette dernière hypothèse imposerait donc de repenser la conception des systèmes pour améliorer significativement les capacités de stockage et d'emport de munitions et ce peut-être au prix d'un réaménagement complet des tourelles et de l'implantation des systèmes.
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| Schéma d'implantation des composants du système Arena-M |
Il reste difficile d'établir avec précision l'exactitude des informations relayées par les belligérants mais il est certain que leur publication témoigne d'une réelle prise en compte du problème causé aux blindés par les drones. Si la supériorité de ces derniers n'est pas encore remise en cause, il semble cependant désormais acquis que leur suprématie absolue, cause la plus probable de l'extinction annoncée des blindés, est désormais sérieusement ébranlée. Entre adaptation des tactiques et évolution technologique, les blindés devraient connaitre de profondes modifications structurelles pour leur permettre de disposer d'outils plus performants, d'améliorer leur survivabilité et constituer de la couche plus basse capable de s'intégrer aux différentes couches de la lutte antidrones.


Je pensais avant de lire l'article que c'était le membre d'équipage à l'arrière de la caisse qui était le système anti drones...
RépondreSupprimerProduction de chars en Russie, 400 peut-être.
RépondreSupprimerProduction de drones en Ukraine, 10 millions.
Production de protection active en Russie, très très faible et limité aux chars et non l'ensemble des blindés.
Je pense qu'on s'excite un peu vite sur "l'interception de drones" tant on ne comprend pas qu'avec les drones on n'est pas dans de l'échantillonnage ou d'une menace exceptionnelle.
Il en va de même pour le Trophy sur les Merkava au Liban, le Hezbollah, qui pourtant est à des années lumières du potentiel de drones de l'Ukraine a effectué de nombreux coups au but. En 2006 ils ont largement subis les missiles AC au point de massifier le Trophy, cela avait un sens face à des missiles pas si nombreux et à des tirs très peu réguliers, mais maintenant avec les drones, le Trophy n'est pas super adapté et les quantités de drones deviennent un problème.
"Production de chars en Russie, 400 peut-être.
SupprimerProduction de drones en Ukraine, 10 millions."
On vous laisse faire le ratio (Un pour 20 000 !!). Pour combien de chars effectivement détruits, par divers moyens, artilleries, mines, antichar, etc ? On parle de moins de un % de pertes mensuelles actuellement, tous moyens confondus.
Pour les chars Merkava détruits par drones (Si ce n'est un seul.), là aussi sortez nous des éléments concrets vérifiés, et non de simples on dit relayés par réseaux sociaux avant tout..
Le Trophy n'est pas, du tout, fait pour ça non plus.
Oui, dans les discours, on entre enfin dans un paradigme de lutte épée/bouclier, en constatant la prédominance de l'épée pour l'instant.
RépondreSupprimerCe dont on parle ici, c'est de petits drones (MTO) capables d'endommager des blindés et à la longue ou à l'aide d'autres effecteurs traditionnelles, de les détruire. La LAD correspondante est une LAD d'autodéfense.
La prédominance actuelle des drones se fait non seulement au détriment des blindés mais aussi de l'infanterie qui n'
Désolé, erreur de manip.
Supprimer... l'infanterie n'a rien trouver de mieux que la dispersion et le camouflage. Les soutiens de l'infanterie n'ont rien trouver de mieux que l'éloignement. La problématique de la LAD est une problématique qui ne touche pas que les blindés mais aussi tous ses soutiens. On peut aussi ajouter que la pression des drones sur la force adverse participe aussi de la défense de ses propres force, apparemment fait oublié par tsahal dans le sud liban, y compris dans un contexte asymétrique.
D'un point de vue catégorie, je range ces drones comme arme d'infanterie.
Aujourd'hui, les drones à vaincre sont des FPV filaire résilient à la guerre électronique, très qualitatif à beaucoup de point de vue, très versatile en termes de cibles visées, mais qui se prêtent mal à la montée à l'échelle de la saturation.
Je pense que la LAD d'autodéfense (blindé et infanterie), accompagnée d'une force offensive de drones, finira par surmonter les drones FPV, y compris dans une montée à l'échelle de la masse, mais pas l'arrivée des essaims de centaines de drones hétérogènes dont la plupart, autonome.
Je comprends que l'espoir renaît et on peut être optimiste, mais on parle du futur ici tant au niveau de la LAD que des essaims de drone, donc tout est incertain.
LS
C'est certainement en tous cas le début de la fin des drones drones drones.
RépondreSupprimer"La nécessité d'employer entre quinze et vingt drones pour détruire un char", il s'"agit certainement d'un char léger, voire d'un simple et du moindre blindé dans l'acception médiatique générale actuelle. Sachant qu'il faut au moins suivant certains retours d'expérience et certaine études récentes, plus d'une cinquantaine de drones pour endommagé suffisamment un char ; moyen, et ancien, qui plus est.
Ou de la com -propagande, l'unité ukrainienne chargée de mettre en œuvre ces drones ne va pas vous dire le contraire. Attention à la guerre de l'information encore une fois ; et aux seules opérations de com plus encore (Le drone game changers...).
Pas sûr qu'un système de protection active comme l'Arena soit le plus approprié pour cela : Trop sophistiqué pour intercepter seulement des drones. Plus une adaptation dans l'urgence encore, faute de mieux ou de plus adapté surtout ?
Trop couteux, et trop peu de munitions donc.
Ou le début de l'épuisement des supposés drones "tueurs de chars" (Il y avait longtemps qu'on ne nous l'avait pas ressorti non plus celle là.). Même en nombre de plus en plus ahurissant, 6, 7, 8 millions fabriqués par an, soit plus de 20 000 par jour en moyenne, détruits, pour quel effet réel sur le terrain ? Même en matière de taux de destruction et d'effets réels.
C'est pas ça qui fait reculer les russes en tous cas, et encore plus regagner du terrain aux ukrainiens.
Toujours rester très prudent en effet, surtout et plus encore quand il s'agit de l'engin médiatico-médiatique drone actuellement.
Des drones qui sont plus apparemment selon des études et analyses sérieuses plus agaçants en terme de réparations, éléments d'optique sensibles ou autres, et retours ponctuels à l'atelier de réparation (Encore faut-il avoir les pièces, d'où des chars parfois "immobilisés" quelques temps.) imposées aux chars, même moyens, et autres blindés.