UN MERCREDI A PARIS

Invité à l'édition 2026 de la Présentation de l'Armée de Terre (PAT) Blablachars s'est rendu mercredi dernier à l’École Militaire dans la cour de laquelle l'armée de terre avait donné rendez-vous à ses invités. Ouverte par une intervention du Major Général de l'Armée de Terre (MGAT) le général de corps d'armée Lionel CATAR, l'après-midi s'est poursuivie par une séquence immersive avant que les invités ne rejoignent la cour de l’École Militaire pour découvrir quelques uns des matériels en service et les hommes et femmes qui les servent. 

Dans son allocution d'ouverture, le MGAT a rappelé les éléments qui guident l'armée de terre dans son adaptation au nouvel environnement stratégique. Outre l'ambition de posséder une armée de terre crainte parce que forte, le général CATAR a également rappelé qu'il était nécessaire d'être lucide pour regarder la guerre telle qu'elle est. Le MGAT a rappelé sa conviction qu'une armée n'est jamais prête, le confort intellectuel qui pourrait découler de cet état pourrait nuire à l'adaptation de nos capacités. 
        La centralité du combat terrestre, le retour du fait nucléaire et la capacité à s'adapter sont les trois leçons évoquées par le MGAT qui a ensuite évoqué les trois défis auxquels l'armée de terre est confrontée. Le premier est constitué par la rupture que représente l'irruption de l'IA sur le champ de bataille, le second est la capacité à agir au sein d'alliances qui évoluent et le dernier est le défi démographique. Selon le MGAT, outre leur caractère différent ces trois défis se caractérisent par une temporalité différente (immédiate pour le premier, à moyenne pour le second et longue pour le dernier) et imposent des adaptation une adaptation permanente, "vertu guerrière" selon le MGAT. 
        L'évocation de l'héritage du Général Schill a permis au Général CATAR de rappeler que le précédent CEMAT avait initié le pivotement de l'armée de terre vers les grandes unités, la réorientation de sa préparation opérationnelle vers la haute intensité, le développement de la culture de la subsidiarité et de celle de l'innovation. Pour l'armée de terre, les "invariants" sont l'existence d'un corps de bataille (le 1er Corps d'Armée) capable de combattre, durer et commander des alliés. A côté de cette entité, le niveau divisionnaire s'impose désormais avec un modèle qui a profondément évolué depuis les réflexions menées en 2023. Sur le plan des équipements, le programme Scorpion est réalisé à 52% (lancé en 2014 !) et que la préparation du système de combat blindé du futur est en cours.
        En guise de conclusion, le Général CATAR a rappelé que la techno ne soit pas être une couche superposée sur les couches existantes et que la dynamique RH avait déjà conduit à la transformation de 5000 postes, pour armer les nouvelles fonctions. La finalité de l'armée de terre est bien de vaincre au combat, elle doit pour cela être capable d'encaisser et de porter un choc, de s'adapter et de durer.  

Des propos qui traduisent une réelle ambition dictée par le nouvel environnement stratégique, dont la traduction tactique est le retour du niveau divisionnaire après de longues années dominées par la constitution de modules de forces de niveau et de volume ad hoc. Sur le plan des équipements l'évocation des capacités de la BITD ne suffit pas à faire oublier l'absence des ressources nécessaires à une véritable remontée en puissance de notre armée de terre et plus particulièrement à la (re)constitution d'une composante blindée mécanisée. 

La séquence immersive particulièrement impressionnantes réalisée à l'aide de casques de réalité virtuelle a permis aux visiteurs de se plonger pendant quelques minutes au coeur de l'engagement d'une division, depuis sa Zone de Regroupement et d'Attente (ZRA) jusqu'aux actions menées par les fantassins, en passant par le CO de la Division, le franchissement et le déploiement des moyens logistiques. 

Après cette séance, il était temps de retrouver le soleil parisien pour aller à la rencontre des équipages et servants des différents matériels présentés dans la cour de l’École Militaire. Judicieusement installé à l'entrée de l'Amphi Foch, le stand de la revue Inflexions permettait aux invités de se souvenir, qu'au-delà des innovations et des adaptations, que "La véritable école du commandement est la culture générale." (Gal de Gaulle)

Les photos ci-dessous ne constituent qu'un petit aperçu des matériels présentés. 
Pas de présentation sans la star de nos exportations, le Caesar dont l'efficacité a été mise en lumière par le conflit ukrainien et dont les parcs sont en cours de recomplétement.   

Les "complices" du Caesar, le Serval et le Griffon en version VOA (Véhicule d'Observation d'Artillerie) 



Toujours au rayon de l'artillerie, le Griffon MEPAC (Mortier Embarqué Pour l'Appui au Contact) qui malgré sa dénomination a rejoint les rangs de l'Artillerie et non ceux de l'Infanterie qui aurait ainsi bénéficier de l'efficacité de ce qui fut au début sa seule arme d'appui. 

Les fantassins avaient amené deux de leurs engins "blindés" avec le VBCI et le Serval en version troupe. Le premier constitue l'épine dorsale de notre infanterie "mécanisée" tandis que le second a commencé à équiper les unités légères comme la 27ème Brigade d'Infanterie de Montagne ou la 11ème Brigade Parachutiste. 


Le Jaguar en cours de mise en service dans l'armée de terre et la composante motorisée belge et dont la DGA a récemment qualifié le standard R3 était également présent à l’École Militaire. 


Bien évidemment, le légendaire VAB était de la partie dans une version VOA mais aussi sous les couleurs de la Force Adverse (FORAD)du CENZUB/94ème RI. 


Petit clin d'oeil aux chenillés du jour, le Leclerc étant absent (comme d'autres engins lourds) en raison de son poids ne pouvant être supporté par les lieux. Ces engins sont en cours d'expérimentation au sein du CENZUB/94ème RI représentent la contribution des industriels à l'innovation souhaitée par l'armée de terre dans ce domaine. Dotés de capacités encore réduites, ces engins sont pour l'instant dédiés à des tâches ancillaires, leur prix encore élevé interdisant encore tout emploi massif en première ligne, synonyme d'une destruction assurée dont le cout financier serait difficile à supporter. Le développement d'engins téléopérés "bon marché" apparait comme une exigence préalable à tout déploiement massif de ce type d'engin.  


Enfin, le "prix spécial du jury" est décerné par Blablachars au dispositif de protection contre les drones  monté sur le VBCI du 16ème Bataillon de Chasseurs à Pied (BCP) dont l'ingéniosité mérite d'être soulignée.

Ci-dessous en détail !  

En guise de conclusion Blablachars souhaite souligner la qualité de cette présentation dont l'organisation et le déroulement permettait aux visiteurs de mieux appréhender les réalités d'une armée de terre pleinement engagée dans une transformation aussi urgente que nécessaire. Une mention spéciale à tous les interlocuteurs rencontrés ce mercredi, chacun d'entre eux a su parler à son niveau, fournir des explications claires et faire percevoir aux visiteurs les réalités du métier militaire. Un grand bravo à tous ceux qui ont été impliqués dans la préparation et le déroulement de cet événement. 

Commentaires