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jeudi 28 janvier 2021

ON REPARLE DE LA LUTTE CONTRE LES DRONES

Une coïncidence de calendrier a mis en lumière ces derniers jours, trois systèmes de lutte anti drones différents. Le sujet est au coeur des préoccupations de nombreuses armées, le conflit du haut Karabagh ayant montré la pertinence de posséder et de mettre en œuvre des solutions efficaces contre les drones mais aussi les munitions rôdeuses ou vagabondes. On sait depuis longtemps que cette menace n'est pas l'apanage des seuls grandes puissances et que les différentes officines terroristes se sont appropriées ces technologies qu'elles mettent en œuvre avec plus ou moins de succès. 

Même si les trois solutions évoquées ci-dessous sont de portée et de nature différentes, leur point commun est constitué par l'implication de la BITD française dans leur développement. 

La première est à mettre au crédit de la société CILAS qui a réalisé avec son système Helma-P les premières destructions de drones en vol. Ces destructions ont été réalisées jusqu'à une distance de 1 kilomètre et ont nécessité l'utilisation d'un système de tracking performant. Ces premiers essais devraient suivis d'autres expérimentations permettant de définir la portée ainsi que les possibilités d'emploi face aux différents scénarios opérationnels. Le système peut être utilisé depuis un véhicule est également compatible avec les systèmes de commandement ou de gestion du champ de bataille. 


Deuxième solution évoquée ces derniers jours au cours de la conférence (virtuelle) International Armored Vehicles, le montage d'une tourelle Rapid Fire armée du canon de 40mm CTA sur un véhicule, de type Boxer ou VBCI. Le système qui peut agir de façon autonome ou au sein d'un dispositif centralisé permet d'accompagner les unités et peut être rapidement déployé. Cette solution repose sur une arme choisie par plusieurs pays et forces pour agir dans différents environnements comme le montre son adoption par la Marine Nationale française. 

La munition de 40mm AA de Nexter

 

A l'inverse des deux premières, la dernière solution est à mettre au crédit d'un organisme militaire en l’occurrence la Section technique de l'Armée de Terre. Cette dernière a développé à la demande de l'état major de l'armée de terre une solution baptisée ARLAD. Ce système embarqué sur un VAB est constitué d'un radar de détection issu d'un programme de lutte anti drone et d'un tourelleau téléopéré armé d'une mitrailleuse de 12.7mm d'une portée de 700 m. Même si ce système peut sembler modeste au regard des technologies employées  par les autre solutions, il consacre la créativité de la STAT et du Battle Lab Terre. Il pourrait être facilement déployé sur un théâtre d'opérations. 

Peu de choses en commun entre ces trois solutions à l'exception de l'implication de la BITD française dans ces trois développements. Le sujet est brulant, les ressources existent, la France pourrait prendre de l'avance dans un domaine chaque jour plus menaçant. 

8 commentaires:

  1. Les drones "tactiques" sont en effet l’exemple typique de l'effet de mode et de l'effet de surprise, qui sera ici sans doute très passager, et qui a lieu à chaque fois que l'on introduit un système d'arme relativement nouveau et inédit.
    En l’occurrence dans le conflit du haut Karabagh face à des forces armées très démunies, celle de l'Arménie, et plus encore du seul haut Karabagh, avec surtout une disproportion de forces écrasant pour l'agresseur : de là à faire une généralité d'un cas bien particulier.
    Les systèmes, soit de brouillage, soit d'interception, existant déjà dans toute armée moderne bien constituée.
    Ronin.

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    1. Pas idéal la 12,7. Il faudrait au moins du 25 mm (ou supérieur) avec obus "airburst" et fusée de proximité (et le "problème" est réglé !).
      Ronin.

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  2. Ce n'est pas exact, l'armée arménienne était doté de nombreux systèmes de missiles de courtes portées OSA-AK (9K33M2 / de production russe) de nombreux radars 36D6 Tin Shield et d'instruments de lutte électroniques divers, tous de facture russe mais les contre mesures électroniques (brouillage électroniques, etc...) et la supériorité en matière de lutte aérienne (drones) ainsi que la tactique moderne de l'armée d'Azerbaïdjan a fait la différence.
    En clair, les systèmes de brouillage électronique Polye-21 russes se sont révélés inefficaces face aux contres-mesures de guerre électroniques (de production turque) de l'armée azerbaïdjanaise qui a su intégrer l'appui-feu terrestre aux drones qui ont été d'excellents atouts de suppression des défenses aériennes ennemies de basse et moyenne portée et autres systèmes de missiles/roquettes ou blindés, auto-moteurs.
    Sans des moyens adéquats tels que les capteurs, la couverture de moyens de guerre électronique, et l'armement anti-drone, les unités terrestres traditionnelles ont été mis sur la touche, la défait était inévitable.

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  3. Ce n'est pas, tout à fait, exact. L'Arménie est doté de systèmes relativement anciens dans l'ensemble, et surtout en nombre limité. A quatre contre un en moyenne, on peut facilement comprendre qu'il y ait un certain phénomène de saturation, la disproportion de force a fait l'essentiel de la différence.

    Sur les drones tactiques en tant nouveau système d'arme, on peut comprendre que cela suscite un certain focus, mais là encore il faut évité de généraliser, surtout un cas aussi particulier (sans drones il y aurait eu presque exactement le même résultat.).
    Employés dans d'autres circonstances, en Syrie face aux systèmes modernes de l'armée russe par exemple, ils ont déjà montré leur limite d'utilisation face à une armée moderne correctement équipée, dont ne manquera certainement pas d'être l'armée française, bientôt espérons le.
    Ronin.

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    1. Parfois la vie ne tient qu'à un fil, même quand on est un dictateur victorieux:
      https://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/11/dans-le-viseur.html

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  4. Il y a des drones anti-drones:
    https://www.air-cosmos.com/article/mc2-technologies-met-au-point-un-drone-brouilleur-24124

    Du même fournisseurs, il y a d'autres jouets:
    https://www.air-cosmos.com/article/les-solutions-anti-drones-de-mc2-technologies-quiperont-les-armes-23992

    Mais ce ne sont pas les seules sur le marché:
    https://theatrum-belli.com/detection-et-neutralisation-des-drones/

    Notamment avec l'entreprise,qui est à vendre...
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/lasers-la-pepite-technologique-cilas-est-tres-convoitee-873081.html

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    1. Evidemment, l'introduction de tout système nouveau, notamment dans son utilisation ici, militairement suscite des contre mesures à plus ou moins brève échéance.
      D'autant que dans ce cas, ces systèmes de neutralisation, brouillage, antiaériens, C-RAM défense active, existent déjà : il y a juste à les adapter, un peu, à cette nouvelle "menace".
      Ronin.

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  5. Avec les Jeux Olympiques de 2024, les industriels de l'armement et de la sécurité sont priés de fournir des solutions efficaces:
    https://theatrum-belli.com/securite-nationale-keas-lance-ses-brouilleurs-numeriques-pour-neutraliser-drones-civils-et-communications-mobiles/

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