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mercredi 9 juin 2021

LE BORSUK SEDUIT L'ARMEE POLONAISE

L'entreprise polonaise HSW (Huta Stalowa Wola) a profité de l'exercice Dragon 21 pour présenter le Borsuk (Blaireau) à ses futurs utilisateurs de l'armée polonaise. L'engin a remporté un grand succès et les militaire polonais se sont montré enthousiastes à l'idée de pouvoir utiliser prochainement l'engin. Le chef d'état major des armées le général Rajmund T. Andrzejczak,a déclaré à l'issue de cette présentation que l'armée polonaise avait absolument besoin d'un nouveau véhicule de combat d'infanterie amphibie. 

 


Selon l'officier général le développement et les essais de l'engin (flottaison et tirs) devraient être achevés à la fin de cette année, 2022 devrait être consacrée à la conduite des derniers tests de qualification de l'engin. Le calendrier de développement prévoit le début de la production en série en 2023/2024. Le Borsuk fut présenté au salon MSPO en 2017, trois ans après le début de son développement par la firme HSW dans le cadre du projet de nouveau VCI amphibie cofinancé par la firme polonaise et le Centre National de Recherche et de Développement. 

 

De gabarit réduit comme le montrent l'illustration ci-dessous, le Borsuk affiche un poids de 25 tonnes lui permettant d'être amphibie et aérotransportable. Servi par six hommes dont un chef d'engin et un pilote, le Borsuk est équipée de la tourelle téléopérée ZSSW 30 également développée par la société HSW. Cette tourelle accueille un canon Bushmaster Mk44 de 30mm, ainsi que deux missiles antichars Spike-LR. Les lanceurs sont disposés sur le côté droit de la tourelle, à la différence de nombreux VCI modernes équipés de lanceurs rétractables. Une mitrailleuse téléopérée de 7.62mm complète cet armement. On retrouve également cette tourelle sur le VCI à roues, le Rosomak. Le Borsuk est protégé contre les armes de petit calibre et les munitions type RPG par des blindages latéraux composites, cette protection est complétée par un détecteur d'alerte laser ainsi qu'un renforcement des parties exposées à la menace IED. L'exigence d'une capacité amphibie a imposé de recourir à des matériaux composites pour protéger le Borsuk contre les armes de petit calibre, les roquettes antichar et les IEDs. Cette protection est renforcée par un détecteur d’alerte laser. 


 

L'armée polonaise pourrait recevoir jusqu'à 800 exemplaires de cette version de l'engin qui devrait donner naissance à de nombreuses déclinaisons dont une version lourde (non amphibie) probablement armée d'un canon de 40mm, une version Génie, le mortier sous tourelle de 120mm RAK déjà en service dans l'armée polonaise pourrait également embarquer sur le Borsuk qui pourrait également être décliné en version commandement, dépannage ou encore sanitaire. L'armée polonaise qui dispose déjà d'une plateforme à roues avec le Rosomak, possédera l'équivalent chenillé avec le Borsuk, les versions VCI des deux engins partageant en outre la même tourelle. Avec ces deux engin, l'armée polonaise s'ajoute à liste déjà longue des armées ayant choisi de disposer de plateformes polyvalentes pour remplir les différentes missions. Cette rationalisation du parc blindé offre de nombreux avantages économiques et opérationnels et permet de disposer d'une large gamme d'engins de combat qui peuvent être engagés dans tout le spectre des opérations.

12 commentaires:

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  2. Un nouveau concurrent du JAGUAR (qui n'est pas amphibie à ma connaissance ?) et une illustration du concept de char employable. Sans doute un version prochaine avec un 105/120 mm.

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    1. D'autant que les polonais ont dés moyens de franchissement proportionnellement, et même tout court, autrement plus sérieux que l'armée française d'aujourd'hui.
      Chercher l'erreur !

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    2. Il n'y a pas "d'erreur".
      Toute capacité vient avec ses avantages et ses inconvénients.

      Faire un Jaguar amphibie est tout à fait possible.
      Il coutera plus cher et/ou offrira moins de capacités (protection) et surtout la maintenance des engins amphibies est juste un cauchemar, coûte chère, immobilise le matériel, accroît considérablement l'emprunte logistique nécessaire...

      Les questions sont donc :
      Quels sont les scenarii où cette capacité amphibie sera utile ?
      Quel sera dans ces cas l'avantage opérationnel REEL conféré ? (si les blindés amphibies sont les seuls à pouvoir franchir une rivière par exemple, quid du support logistique en essence et/ou munition ?)
      Quelle alternative (moyen de franchissement du génie, détours) ?
      Est-ce que ces gains opérationnels justifient les coûts de la capacité ?

      En France on a répondu "NON" à la dernière question.
      D'autres pays dans d'autres environnements / contraintes peuvent parfaitement répondre "OUI" sans que ni l'un ni l'autre n'ait tord.

      C'est notamment le cas de tous les pays qui ne comptent pas réellement se servir de leur matos, comme l'Allemagne par exemple.
      Peu importe que le matériel soit projetable ou non puisqu'on ne le projettera jamais. Peu importe son emprunte logistique une fois à 2000 km de ses confortables bases, il restera dans les bases.
      Peu importe comme ici le coût de la maintenance pour franchir des rivières, on ne le fera que pour amuser la galerie et faire de jolies présentations, mais jamais réellement.

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    3. A quoi peut bien servir un véhicule amphibie ???
      Quelques réponses, si vous me le permettez.

      "Quels sont les scenarii où cette capacité amphibie sera utile ?", ou strictement indispensable même !!!
      Tout simplement à la première coupure humide.
      Dans le monde, il faut compter de l'ordre d'une rivière ou fleuve plus important de 20 mètres tous les 20 kilomètres environ, et en moyenne.

      "Mais à quoi cela peut-il dont bien servir d'avoir des véhicules amphibies ??? !" :
      Cela permet, justement de ne pas être arrêter à la moindre de ces coupures, et de pouvoir ainsi continuer la manœuvre et le combat, sans devoir tout arrêter tout les cinq minutes.
      Cela dit cela doit être très pratique, pour nos adversaires, pas de ligne d'arrêt à mettre en place !

      C'est à dire ; de permettre aux véhicules de combat de poursuivre leur manœuvre, sans attendre les moyens du génie (que l'on n'a pas, ou plus (en tous cas en suffisance), de toute façon...), pour faire suivre, ensuite, la logistique, et les autres moyens, qui pourrait eux aussi être en large partie amphibie : non, ce n'est pas ce qui coute le plus cher, là encore, au contraire : "pas assez cher"...).
      Les gains opérationnels, tactiques, et même stratégique, justifient, amplement, l'assez faible coût de cette capacité, surtout par rapport aux avantages qu'elle apporte, si ce n'est son indispensabilité (pour toute armée sérieuse et pas de plus en plus hors-sol.).

      D'ailleurs même en France, il arrive par moment, par éclipses devrait-on dire (mais assez, et de plus en plus fréquentes (Lituanie, Guyane, Afghanistan, et désormais Afrique ... Bref à chaque opération dans le réel... !) de redécouvrir les avantages de cette capacité, même au sahel (étonnant non).

      Ceci avec le si bien nommé, "VHM", "Véhicule à Haute Mobilité".
      https: barkhane-premiere-utilisation-du-vehicule-haute-mobilite-vhm-au-mali-dans-le-cadre-d-une-operation
      ou grâce à de nouveaux médias informatifs (ça permet d'être moins bête.) :
      https: BARKHANE RANGE SES CHENILLES - BLABLACHARS


      Ceci d'autant qu'en matière de capacité de franchissement et du génie en général (décidemment y a t'il une arme qui a été épargnées :
      Malheureusement, la réponse est, clairement, "NON", comme dirait notre cher anonyme ci dessus).
      Nos moyens sont désormais à l'os ; depuis en particulier les grandes purges de 2008, et apparemment rien n'est réellement fait pour les reconstituer, comme pour la logistique, et tout le reste...

      Les autres, si ils sont en effet pour certains, comme l'Allemagne, aussi défaillant que nous (ou l'inverse, si vous préférer... ce qui ne change strictement rien) en matière d'entretien de matériels et de MCO (certains, d'autres font néanmoins mieux, même en Europe. Relativement beaucoup d'autres même.), ils ont au moins le mérite d'avoir encore ce type d'équipement, INDISPENSABLES à toute armée sérieusement constituée (ah, au fait, les allemands par exemple ont déployé 5 000 hommes en Afghanistan, les italiens 4 000, les polonais 3 000, les britanniques 10 000, et avec du lourds pour chacun de ceux ci : là aussi le mythe de l'armée française seule force projetable en Europe ... (la seule réelle différence, c'est qu'eux y vont si les Etats-Unis y vont. Là par contre c'est "l'Europe de la défonce", si chère à notre actuel président !).)

      Quant à amuser la galerie ...

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  3. Quel est l'intérêt de disposer de missiles dans un lanceur rétractable plutôt que le long de la tourelle?

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    1. Pas évident a première vue, car un lanceur retractable occupe de la place en tourelle et peut être une source de pannes. C'est à mon avis une dérive technologique.

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    2. De ce que je me rappelle (mais ça remonte maintenant). Les lanceurs rétractables ont commencé à s'imposer dans les années 2000/2010. Ils seraient motivés par le constat que les véhicules équipé d'un binôme canon automatique et missiles tirent leur puissance de feu lourde par les missiles.

      Or les lanceurs extérieurs sont vulnérable à la mitraille du champ de bataille. La perte des lanceurs handicaperaient la force de frappe des véhicules tandis que la possibilité de l'explosion du missile par une malchance (éclat ou tir chanceux) dans le lanceur pourrait incapacité ces mêmes véhicules.

      La mise sous blindage s'est alors imposée en échange d'une latence dans le temps de tir du missile et du risque de panne accrue (quoique ce soit sujet à débat puisque certains lanceurs extérieurs bénéficiait déjà dans les 80s d'un mécanisme de chargement des missiles), car ces deux éléments sont jugés plus maitrisable par l'équipage.

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    3. Et c'est aussi, plus cher...

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  4. On aimerait, on rêverait même, en voir autant...

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    1. En attendant le Jaguar ERBC est mieux armé (4 MMP, canon CTA 40mm), plus versatile grâce aux munitions CTA, certainement mieux protégé ne serait-ce que ses missiles, moins cher à l'achat, moins cher à l'emploi, plus rapide, plus autonome, bien plus facile à projeter.

      Chacun ses priorités.

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    2. plus versatile grâce aux munitions CTA, mieux protégé ne serait-ce que ses missiles, moins cher à l'achat, moins cher à l'emploi, plus rapide, plus autonome, bien plus facile à projeter :
      Tiens, encore un marrant !

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