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mardi 9 avril 2024

OU L'ON REPARLE DU CANON DE 57MM... DANS LA LUTTE ANTIDRONES

Selon l'annonce faite hier par le directeur de la firme d'état ROSTEC, la Russie a terminé le développement de son système antiaérien le 2S38 "Derivatsiya-PVO" spécialement conçu pour la neutralisation des drones et des différentes menaces aériennes. Le nouveau système russe est destiné à compléter l'action des équipements déjà en service, comme le 9K22 Tugunska ou le ZSU 23-4 Shilka, équipements visiblement peu ou pas employés dans les opérations menées par l'armée russe en Ukraine. Cette quasi absence de système de lutte antidrone sur le théâtre ukrainien devrait faciliter l'action de la firme russe pour favoriser et accélérer l'intégration du Derivatsiya-PVO au sein des forces russes déployées en Ukraine. Installé sur un châssis de BMP 3, ce "nouveau" système est armé du canon 2A90 de 57x347mm intégré au module de combat, AU-220M équipé de moyens passifs de reconnaissance et de localisation associés à des systèmes électro-optiques de détection et de guidage. Dans son utilisation antidrone, le canon 2A90 capable d'atteindre des objectifs se déplaçant à une vitesse maximale de 500m/s, jusqu'à une distance maximale de 6000m et une altitude de 4500mm utilisera pour cela essentiellement des munitions à fragmentation 3U08. La cadence de tir maximale du canon 2A90 de 120 coups/min a motivé le développement d'un véhicule ravitailleur spécifique, partie intégrante du système, le 9T260. Basé sur un châssis de camion Oural renforcé et doté d'une cabine blindée est capable de d'assurer le réapprovisionnement de l'engin en moins de 20 minutes grâce à une mécanisation maximum des opérations de rechargement. La réduction de ce délai concourt à augmenter les chances de survie de ce système sur le champ de bataille ukrainien. La mise en service du 2S38 au sein de l'armée russe initialement prévue en 2022 a été reportée en raison des changements intervenus dans la lutte anti-aérienne avec le développement des drones et munitions téléopérées. 

La montée en puissance des calibres des armements embarqués sur les engins de type VCI se traduit évidemment par une augmentation de puissance, mais surtout par un accroissement de la charge utile de ce type de munitions, autorisant l'emport de systèmes et/ou d'accessoires visant à accroitre leur efficacité terminale.

25 commentaires:

  1. le problème de la lutte anti drone est qu'il faut pouvoir les voir ou les détecter.
    un drone volant à 20m du sol devient visible a courte portée, certains proposent en self défense des fusils de chasse avec de la chevrotine (portée 30/50m) les commandos de l'air utilisent de genre de fusils depuis leurs hélicoptères contre les drones.
    par contre pour les drones volant en altitude les canons anti-aérien ont toutes leurs places; les marines utilisent des canons de 76mm face aux drones houtis

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    1. Il est vrai que la principale menace sur le champ de bataille en matière de drones est constituée par les mini drones difficiles a détecter. Un 57 mm n'apportera rien de plus dans ce domaine qu'un 30mm, sauf a considérer que sa létalité compensera un manque de précision.

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    2. En effet une simple munition canister ; ou un très simple brouilleur (Très largement en cours d'expérimentation, et de mise en place future proche (Très peu couteux.).) encore plus simplement ; peuvent suffire dans certains cas et dans celui spécifique des drones à bas cout.
      Voire même plus ou moins automatisés, la menace, bien que nouvelle, étant relativement modeste en fait.

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  2. Il est moins difficile de détecter un objet volant a basse altitude, d'en haut qu'à partir du sol. C'est le principe du AWACS. On peut appliquer ce constat à la LAD et envisager à court terme une surveillance de la couche aérienne de basse altitude
    par un réseau de drones aeriens qui désigneront les cibles aux effecteurs chargés de les détruire ...quoi que peuvent en penser certains commentateurs du présent blog, ce n'est pas de la science fiction.

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    1. Drones aeriens qui désigneront les cibles aux effecteurs chargés de les détruire, qui seront eux même détruits, assez facilement en plus, par les effecteurs chargés de les détruire...
      Si on ne veut pas tomber dans la science-fiction, un peu d'anticipation ne serait pas un luxe (Pour une fois.).

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  3. Ou du 76 mm type "DART", déjà existant, pour compléter la trame anti drones -antiaérienne ; avec plus d'effet, et plus de portée que du 57 mm
    Et anti char moyens -léger, accessoirement, et autres (Anti infrastructure, etc.).

    A installer sur des véhicules spécifiques d'accompagnement, sur roue ou chenillés (Avec tourelle cependant commune.), des VCI, et des chars ; en version spécialisée antiaérienne, ou en version d'accompagnement -appui direct, anti blindés et VCI moyens lourds adverses.

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  4. Nonobstant les missiles, la "DCA" a tout utilisé de l'arc, pour le sport, au Flack 40 de 12,8 cm en passant par les filets et les vrais faucons, sans oublier les mines antiaériennes. Filets, cages et tapettes à mouches sont aussi des classiques.

    Pour chasser le moustique la dispersion et précision peuvent être employés avec la chevrotione, le airburst, les effets dirigés, les ondes à impulsions et les contre-mesures... Le faucon peut servir et les oiseaux de proie, en général, sont une menace pour les petits drones... c'est un REX !

    LA difficulté est la détection/réactivité/permanence en fonction de la taille et l'objet à traiter. Tout le spectre du perceptible est utilisable du sol à l'espace, apparemment et sûrement sur le Rafale F5 et son nouveau radar.

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Canon_antia%C3%A9rien

    Pour en revenir au 57 mm avec le canon 2A90/91/92, ce n'est pas une nouveauté. Ce calibre a été utilisé depuis longtemps dans le naval et le terrestre comme les 57/60 et ZSU 57/2, pour les plus récents.
    L'intérêt vient des progrès techniques avec les munitions "intelligentes", les modes de détections, de traitement et de visée actifs et passifs.

    Le 2S38 semble redoutable sur le papier comme beaucoup de matériel russe. Ces cibles iraient du "drone" au vecteur supersonique de 1500 km/h dans une enveloppe de tir similaire au Mistral 3. On peut en douter avec ses seuls capteurs passifs IR.
    Une mise en réseau avec un système multicouche est nécessaire, sans pour autant être dès plus efficace contre les minidrones difficilement détectables (?).

    Le tir sol-sol répond au principe du glaive et du bouclier avec la course du plus gros calibre, de la plus grande Vo, de la cadence de tir et de la munition la meilleure de préférence guidée. À partir du 50mm XM913 ou 57 mm classique ça commence à prendre de la place pour un usage sur un VCI avec un groupe embarqué consistant. De là à envisager un engin d'appui ou d'accompagnement multitâche sous carapace, il n'y a qu'un drone ou une mine que les russes peuvent prendre.

    Peut-être que KNDS-FR va nous faire un super "40 CTA" survitaminé pour suivre le mouvement... Du 76 mm, qui sait?... :)

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    1. "Peut-être que KNDS-FR va nous faire un super "40 CTA" survitaminé pour suivre le mouvement... Du 76 mm, qui sait?... :)"
      Ce serait très bien : 40mm CTA / ~76mm CTA / 140mm CTA.
      :)

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    2. Mais ne serait-ce qu'un 57mm, c'est déjà environ 50% "plus gros" qu'un 40mm.

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    3. 30 (Standard et très très répandu. Moins couteux (Surtout par rapport à du CTA. Quatre cinq fois, plus cher qu'une munitions modern es classique de calibre équivalent quand même. Je sais bien qu'on a les bourses à Rothschild ces temps ci mais quand même...)) - 76 - 120 mm.

      Le 40 mm n'apporte rien en terme de diversité : Trop élevé, comme calibre, pour traiter les blindés médians actuels de trente tonnes, du 30 mm suffit sur la plupart, et pour éviter les dégâts collatéraux en urbain, et pas assez puissant pour traiter les VCI de cinquante et même de quarante tonnes actuels futurs.
      Même le 57 mm sera très limite sur des VCI de cinquante tonnes.

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    4. Les dégâts collatéraux sont les effets des munitions et des cadences de tir, pas des canons par eux-mêmes.
      Le 25 mm est aussi très bien, si ce n'est que la fonction airburst n'est pas au point...

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    5. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas le calibre sur lequel s'est "précipité" Nexter, préférant les 40mm CTA, 120mm et 140mm CTA.
      L'obus/le calibre intermédiaire, c'est peut-être le 120mm en fait. En version "FER" (Faible Effort de Recul).
      ---> Il y a déjà les quantités, les chaines de production, il y a la question de l'harmonisation ... En gros, des chars moyens (<45t) avec 120mm FER. Des chars d'appui-feu capables de taper fort en cas de "rencontre blindée" (avec quelques obus-flèches "SHARD" dans le chargeur).

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    6. Bien sûr qu'un 25 mm a les mêmes effets collatéraux (Percement de murs, aires d'effet, etc.) qu'un 40 mm !!!

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    7. La 76 mm, calibre existant, a surtout l'avantage de venir remplir très exactement (A mi distance.) le trou ("Dans la raquette". Un de plus plus.) entre le 30 mm standard otanien actuel mondial même, et le 120 (-130 -140), ET avec des effets diversifié bien identifiés (Puissance, portée, aire d'effet (Pour l'antiaérien anti drones.), capacité de percement, et de destruction, etc.) apportant de réels plus (Surtout en anti VCI lourds en train d'être mis en place ; et en antiaérien (Y compris anti drones bien évidemment.)) d'accompagnement et d'appui direct ; des VCI (30 mm téléopéré.) et des chars (120mm) d'ailleurs.

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  5. Le Roiikat sudaf était a l'origine armé d'un 76mm dérivé du 76mm naval dOtomelara .

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  6. Voir l'article de aw.my.games sur le Rooikat.

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  7. L'intérêt d'aller sur du 75/76 serait pour taper plus loin et plus fort sur une cible homogène. La tentation serait grande de pousser aux 90, 105... en fonction de l'emploi. Plus gros, plus fort pour un char d'appui ou un grooos VCC !

    Il faut aussi lier l'arme à sa cadence de tir pour un traitement surfacique pour des cibles réparties.

    Là je n'ai pas de religion, n'étant pas un expert des effets sur des cibles différentes et l'emploi sur son porteur (?).

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  8. La vie des systèmes antiaériens de proximité n'est pas un long fleuve tranquille, semble-t-il... La LAD n'est pas encore si performante que ça.

    https://defence-blog.com/ukraine-uses-new-type-of-suicide-drones-against-russian-missile-systems/

    Sans en tirer des conclusions hâtives.
    Traduction :

    "Selon l’agence de presse Militarnyi, les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont utilisé avec succès un nouveau type de drone suicide équipé d’un système de suivi automatique de cible pour frapper les systèmes de défense aérienne russes. Les images publiées par le SBU montrent les drones acquérant et engageant des cibles de manière autonome, détruisant efficacement les systèmes de missiles anti-aériens russes, notamment les systèmes « BUK » et « TOR ». Malgré les efforts des systèmes de défense aérienne russes, ils n’ont pas pu empêcher la détection et l’engagement des drones ukrainiens. Le SBU a fait état de succès significatifs, affirmant la destruction d'un groupe de systèmes de défense aérienne russes en une semaine seulement, y compris diverses modifications des systèmes de missiles « BUK » et « TOR-M2 », ainsi que d'autres systèmes anti-aériens."

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    1. Voilà un truc qui peut changer la donne.
      Les "SALA".
      Des drones avec explosif à moins de 5000€ pièce qui iront chasser les véhicules d'en face.
      Pas de problème de brouillage, seule compte l'autonomie, le contrôle du vol et la reconnaissance des cibles.
      Terrifiant.
      "Hop, allez ! Va ! Va, va mon toutou, cherche, cherche ..."

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    2. "Pas de problème de brouillage" ? !

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    3. Faire attention à la propagande également, de part, et d'autre.
      A ne pas prendre systématiquement pour argent comptant non plus.

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    4. Félix GARCIA11 avril 2024 à 23:55
      SALA c'est nouveau comme drone ?

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    5. " "Pas de problème de brouillage" ? !"
      Pas celui de la liaison avec l'opérateur en tout cas.

      "SALA c'est nouveau comme drone ?"
      S.A.L.A. = Système d'Arme Létal et Autonome

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    6. Comme je l'ai dit: Pas de conclusions hâtives et sur de nombreux plans...

      Un drone d'attaque totalement autonome n'est pas encore une réalité totalement opérationnelle ni une obligation sur l'ensemble du trajet. Il pose des questions techniques de contrôle et éthiques... "l'homme au-dessus de la boucle" demeure encore.
      Sur les vidéos, la liaison descendante est encore active. Pourtant c'est la plus facile à brouiller... Sinon, l'identification et le suivi d'un modèle enregistré est une technique connue, tout comme le positionnement sans GNSS ou adapté.
      Chacun publie ce qui l'arrange dans une guerre dont un des aspects est informationnelle.

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  9. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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