DES CHENILLES COMPOSITES POUR LE BONHOMME MICHELIN

Les chenilles composites ou Composite Rubber Tracks (CRT) adoptées par de nombreux engins blindés étaient jusqu'à présent fournies par la firme canadienne Soucy Defense. En dépit de l'acquisition par le fabricant français de pneumatiques Michelin de la firme canadienne CAMSO, numéro un mondial des chenilles caoutchouc, le Bibendum restait absent de ce marché. Cette absence appartient désormais au passé, comme en témoigne la "découverte" par Blablachars, d'un segment de chenille composite sur le stand de la firme de Clermont-Ferrand. 
Les explications données à Blablachars par un interlocuteur à l'accent fleurant bon la Belle Province ont permis d'apprendre que le silence de ces dernières années cachait en réalité un développement dont le blog complètement blindé a vu le premier résultat. Capable de supporter aujourd'hui des engins d'un poids de trente tonnes, la chenille française se caractérise par sa capacité à s'étirer et à se déformer lui permettant d'absorber sans encombre les cailloux ou corps étrangers pouvant se loger à l'intérieur de la chenille. 

Gros plan sur la déformation et l'étirement de la chenille CRT française

Le chemin restant à parcourir pour le nouvel équipement reste long, les mois et années qui viennent permettront d'augmenter la masse maximale admissible, établie aujourd'hui à 50 tonnes mais aussi de confirmer les performances attendues en matière de bruit, de consommation, de vitesse et de freinage ainsi que de développer un système de réparation pour un équipement dont on sait déjà qu'il pèse 50% moins lourd qu'une chenille métallique de longueur équivalente. 

L'arrivée d'une chenille CRT Made In France renforce encore un peu plus le nombre de compétences maîtrisées par la BITD française, pouvant être intégrées sur une plateforme chenillée française pouvant donner naissance à une famille de blindés. L'innovation de Michelin contribuerait également au développement d'un blindé réellement moderne dont le châssis intégrerait alors une des solutions techniques les plus avancées en matière de mobilité. Juste retour des choses pour un équipement remis au goût du jour par les progrès techniques mais qui fut mis au point par Adolphe Kegresse, un ingénieur français, dont le nom pourrait être associé à cet équipement ! 

Commentaires

  1. Quid de la résistance d'une telle chenille ? Pas seulement au roulage, mais aussi contre divers éléments du champs de bataille. Quel effet face à une simple mine antipersonnel? Une mitrailleuse 12.7?
    Si je pose au sol des lames tranchantes horizontales ou verticales, n'ai-je pas déjà un moyen de neutraliser une chenille en caoutchouc qui en plus ne peut pas se réparer par éléments ?
    Quid de la contrainte climatique ? Le caoutchouc à -30° ou à +40° ça ne va pas garder les mêmes propriétés.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Autant, plus même, beaucoup plus même, qu'un pneu. ...

      Pour les plages températures d'emploi, des essais, avec des matériaux idoines et fait pour cela, on est plus du tout sur le caoutchouc de papa, ont été particulièrement étudiés pour. Beaucoup viennent de pays continentaux, Scandinavie, Canada, aux amplitudes thermiques très importantes d'ailleurs.
      = C'est pas le probléme, mais la solution au contraire. La révolution, et le "changement de donne", réels ceux là, la modernité, en marche.

      Supprimer
    2. La chenille composite est l'avenir qui fait écrire depuis un années ceux qui s'intéressent à la chose militaire:
      https://blablachars.blogspot.com/2021/05/la-chenille-composite-lavenir-des.html

      Sauf en France, ce pays uniquement doté en véhicules militaires à roues et de vieux Leclerc esseulés.

      Supprimer
  2. Il faudrait déjà que la chenille revienne et ne soit autant dénigrée, ou pire encore ignorée, dans leur propre pays, et que cela soit soutenu dans et par leurs propres armées, et leurs dirigeants...
    Pour soutenir cette entreprise dans sa démarche de suivi de modernité actuelle...

    Au moins cela nous permettra de n'avoir pas trop de retard, le jour où on décidera enfin de changer notre paradigme absurde actuel, intenable même à moyens termes.

    Il y a en effet énormément de gains à avoir à adopter ce nouveau mode de mobilité révolutionnaire. Véritablement et réellement révolutionnaire, par rapport à ce qu'il apporte militairement, opérationnellement et tactiquement et y compris stratégiquement donc :
    En terme de consommation, par exemple, de ces chenilles plus légères, plus résistantes et endurantes plus faciles d'emploi quotidien, beaucoup plus silencieuses (Avec un moteur hybride en mode électrique silencieux par exemple...), moins couteuses (Pas plus chères qu'un jeu de 8 roues sur un blindé de type VBCI, huit roues même moins endurantes par ailleurs en condition et sur pistes abrasives africaines par exemple, aussi. Moins de surface de contact et de frottement, donc ça s'use plus vite.), c'est environ tout de suite 40 % de consommation de carburant en moins par rapport aux anciennes chenilles métalliques classiques.
    Ce qui les met avec des blindés à chenilles classiques plus légers et à niveau de protection égal, et donc encore plus légers sur chenilles composites souples (D'environ 15 % par rapport à un engin à roues ; par ailleurs plus volumineux et plus haut. Par rapport à 30 tonnes, c'est 4,5 tonnes de moins, à niveau de blindage égal.) quasiment au même niveau (40 % de 200 % de la consommation traditionnelle estimée d'une chenille métallique. Soit 120 %, à poids égal, avec des chenilles composites. 105 % à niveau de protection égal donc, environ. Il ne restera que la vitesse de pointe, sur routes (Evidemment pas au moindre tout terrain.), qui restera à l'avantage des véhicules militaires sur roues ; logistique de deuxième échelon principalement.).

    Une vraie révolution en marche, dont nous sommes encore malgré tout bien éloignés par rapport à nos engins actuels, voire même futurs envisagés (Voir l'absurdité totale de l'"auroch" par exemple pour le génie.) et à l'ensemble de nos équipements (A part 200 Leclerc et 50 VHM... !!!), et plus encore à notre dogmatisme insensé actuel. Espérons que cela finisse par quand même par finir par changer, et vite (Sinon notre propre armée de terre risque de faire du surplace encore bien, trop, longtemps encore ; et être uniquement cantonnée à ne pouvoir faire du gardiennage "de la paix".).

    Relative bonne nouvelle en tous cas, dans un paysage français qui en manque tant actuellement, et si inerte surtout politico stratégiquement et industriellement parlant, alors que cela à recommencer à bouger tout autour de lui : On est pas encore totalement décrochés, et hors course ! Reste à concrétiser tout ça chez nous, pour nos propres armées et équipements, un jour...

    RépondreSupprimer
  3. L'armée de terre française est cliente pour ses roues chez Michelin.
    https://charolais-news.com/faits-divers/36073-visite-de-lunite-genie-civil-de-michelin.html

    Uniquement à roues.
    https://blablachars.blogspot.com/2020/03/ca-roule-pour-larmee-de-terre.html

    Une exception culturelle quand on regarde les autres armées des pays qui réarment ou créent leurs BITD.

    RépondreSupprimer
  4. À figure égale, figure creusée dans le caoutchouc d'un pneu ou dans celui d'une telle chenille:
    - le pneu n'exerce aucun cycle, ni de flexion\contraction des roues, ni secouage par les galets (ce qui leur provoque un "nettoyage actif"): il subit seulement les forces centrifuge versus centripète (que subit aussi la chenille, évidemment: ça, c'est la base, depuis l'invention de la roue).
    - le nouveau pneu "UPTIS" de Michelin n'a plus de chambre à air: adieu chambre à air, joie de la colle à rustines, automatismes de gonflage\dégonflage en fonction des sols (dur, mous, semi-mous, carré ment mou tout court, etc).

    Donc, comme Michelin semble s'engager dans la technophilie du "sans chambre à air" pour se réinventer, l'ère du "sans chambre à air" pourrait être en instance de devenir plus promu que l'ancien "avec chambre à air", vu que c'est un acteur économique qui "donne le LA" en matière de montures pneumatique _industrialisées_ (donc à bas coût. Et bas coût, c'est pas cher, faut-il le rappeler?): cela pourrait être un changement de paradigme, accompagnant le réchauffement climatique dans le domaine des solutions de portance par-dessus le sol (dur, mous, semi-mous, carré ment mou tout court, etc), hum? Dit autrement, Bibendum va-t-il se dévêtir un peu? Il convient donc d'ouïr ce que Michelin voudrait qu'il lui revienne dans le futur proche, pour se distinguer des autres. > Amho & s.o.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire