LE TOCSIN, AVANT LE GLAS ?

Déjà en difficulté dans le domaine terrestre, les exportations françaises d'armement  pourrait être confrontée à une nouvelle difficulté en provenance de Bruxelles. Un rapport relatif à la modification des directives 2009/43/CE et 2009/81/CE le Parlement européen plaide pour une harmonisation des procédures d'approbation et de certification des licences d'exportation de produits de défense. Ce texte porté par les rapporteurs Pekka Toveri du PPE et Anna-Maja Henriksson de Renew représente une menace quasi existentielle pour les exportations françaises dont la mise en oeuvre se heurterait inévitablement à des arbitrages européens, évidemment influencés par des considérations politiques. 

Les initiateurs de cette démarche ont en commun d'être tous deux de nationalité finlandaise. Le premier, Pekka Toveri est un ancien militaire finlandais ; ses 35 années passées dans l'armée finlandaise lui ont permis de servir en tant que commandant de  brigade blindée, attaché militaire  à Washington et directeur du renseignement militaire. Anna-Maja Henriksson est également finlandaise, pays dans lequel elle a été député du Parti populaire suédois de Finlande, ministre de la Justice entre 2011 et 2015 puis de 2019 à 2023 avant d'être nommée ministre de l’Éducation de juin 2023 à juillet 2024 avant d'être élue au Parlement européen. 

Si l'initiative portée par ces deux parlementaires venait à se concrétiser, elle représenterait une menace existentielle pour les exportations françaises dont le montant devrait être en 2025  voisin de 20 milliards. Dans le domaine terrestre, on se souviendra de quelques précédents en la matière qui illustrent parfaitement le risque représenté par une telle décision. On pourrait citer le refus allemand en 2012 d'autoriser l'exportation vers l'Arabie saoudite de l'Aravis de Nexter, basé sur un châssis Mercedes mais aussi l'opposition (une nouvelle fois allemande) à l'exportation vers un pays du Golfe du Milan ER. Plus près de nous en février 2023, on se souviendra également  du refus initial de Berlin à la réexportation des Leopard 2 polonais vers l'Ukraine, pourtant en guerre depuis un an ! Dans de telles conditions et avec un tel contrôle, on n'ose imaginer quel sort pourrait être réservé au futur MGCS ou autre E-MBT ! En votant cet amendement, le Parlement européen mettrait à disposition de l'Europe et donc de l'Allemagne, une diplomatie de l'embargo, qui serait l'outil idéal pour s'opposer aux intérêts stratégiques français, largement supérieurs aux seules lois du commerce et limiter les ambitions de nos industriels d'armement. Ce nouvel épisode qui intervient quelques mois après les difficultés rencontrées par la France autour du programme SAFE, s'inscrit dans une logique de fusion et de contrôle par l'Union Européenne des capacités militaires et industrielles des pays membres, prélude à la création d'une armée européenne ! 

Les eurodéputés français et l'ensemble des parties concernées doivent dès maintenant sonner le tocsin pour éviter que demain ne sonne le glas pour les exportations françaises d'armement !

Commentaires

  1. Nos politiciens pleutres vont une nouvelle fois faire preuve de tres peu de courage. Il vz bien falloir qu ils prennent en compte la position agressive de l allemagne envers notre pays.

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