BONNES ET MOINS BONNES NOUVELLES D'ESPAGNE

Le plan de modernisation des forces armées lancé par le gouvernement espagnol connait dans le domaine terrestre des fortunes diverses ayant pour point commune le rôle des industries locales dans les différents projets. Si pour certains des programmes concernés les choses semblent se dérouler correctement, il en va différemment pour plusieurs d'entre eux, qui rencontrent des difficultés même après la mise en production des engins concernés. 

Le premier projet qui concerne le renouvellement des engins de débarquement des Marines espagnols s'est concrétisé ces derniers jours avec la signature d'un accord portant sur la fabrication des véhicules. Sans surprise, le véhicule choisi est le Super AV 8x8 d'Iveco Defence Vehicles (IDV). La firme espagnole Indra sera en charge de l'intégration des 34 engins au sein de ses sites industriels. 

Au rayon des programmes en difficulté, on trouve le VAC (Vehículo de Apoyo de Cadenas) destiné à remplacer les 1300 engins TOA, inspirés du M113 américain en service au sein de l'armée espagnole depuis plus de 50 ans. Ce programme attribué à Tess Défense à la fin de l'année 2024 prévoit la production de 394 engins déclinés en différentes versions. Ce projet se heurte actuellement aux réticences des autorités de Madrid qui ont entrepris un examen minutieux des propositions de Tess Défense. Selon plusieurs sources, cette analyse vise à s'assurer de la correspondance entre les solutions proposées et les exigences de l'armée espagnole. Cette prudence est confirmée par le retard prévisible du programme, dont les premiers exemplaires ne pourraient pas sortir des chaines avant 2028, même si l'industrialisation était lancée aujourd'hui. Des sources industrielles indiquent en outre que certains éléments et caractéristiques proposés ne correspondent pas aux exigences et de nombreux doutes subsistent quant aux possibilités d’adaptation de la solution proposée au cahier des charges. Cet examen met également en lumière des doutes importants sur le prix, les systèmes vitaux et la propriété intellectuelle des solutions envisagées. Le récent boycott espagnol des équipements de défense israéliens pose également le problème du remplacement du missile Spike initialement prévus pour la version antichar du VAC. La méfiance des autorités espagnoles à l'encontre du VAC semble motivée par la volonté de Madrid de ne pas revivre les déboires rencontrés avec le Dragon.   

Ce dernier, déjà entré en phase de production a connu des dernières semaines un nouvel arrêt des livraisons en raison de problèmes techniques. L'une des principales difficultés rencontrées sur l'engin espagnol serait constituée par l'infiltration d'eau dans le compartiment électrique du 8x8, entraînant un arrêt du véhicule et la survenue de nombreuses pannes et défaillances des composants, dont un blocage de la tourelle Guardian 30. Le problème détecté sur des engins neufs affecterait également les véhicules déjà produits et nécessiteraient des réparations. La société SAPA, déjà pointée du doigt dans les difficultés précédentes travaille à la résolution des problèmes qui n'ont pas interrompu la production, mais ont contraint à un arrêt des livraisons. Ces difficultés ont ravivé les tensions entre Santa Barbara Sistemas et Sapa Placencia autour du programme. Un épisode dont le 8x8 espagnol et les militaires se seraient bien passés, contraignant ces derniers à attendre le remplaçant du BMR 600 en service depuis plus de quarante ans.

La modernisation tous azimut lancée par Madrid se heurte à des difficultés importantes dans son déroulement, dont les conséquences en termes de calendrier, de financement et in fine d'efficacité opérationnelle ! 

Commentaires

  1. Le gouvernement Espagnol vient de régulariser 500 000 milles garimperos..
    Peu pas mettre le pognon de partout..

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