C'est un accident rarissime, pour ne pas dire inédit qui s'est produit le 21 avril sur le champ de Hijudaï, situé sur l'île de Kyüshü, située au sud de l'archipel nippon. L'accident qui a couté la vie à deux des trois membres d'équipage et à l'officier de sécurité à bord du char au moment de l'explosion et blessé le pilote, a été provoqué par l'explosion prématurée d'un obus de 120mm à l'intérieur de la tourelle. Selon les informations communiquées par l'état-major japonais, l'obus incriminé est un obus réel explosif antichar de 120mm, plus connu sous le nom d'OECC ou obus explosif à charge creuse. Dans l'attente des conclusions de l'enquête, tous les tirs ont été interdits y compris ceux de munitions d'entrainement, ainsi que ceux des chars Type 90 utilisant ces mêmes munitions.
Le char Type 10 à bord duquel l'explosion a eu lieu est le char le plus moderne des Forces Terrestres d'Auto-défense Japonaises ou Ground Self Defence Forces (GSDF). Mis en service au début des années 2010, il est servi par un équipage de trois hommes, étant équipé comme le Leclerc d'un système de chargement automatique contenant 22 obus. Sans préjuger de la suite de l'enquête et tirer des conclusions hâtives, il semble que l'obus n'a pas explosé dans le chargeur automatique situé à l'arrière de la tourelle et doté de panneaux de toit anti souffle. Une explosion dans ce compartiment aurait provoqué l'arrachage de ces panneaux et une orientation du souffle de l'explosion vers le haut. L'obus aurait donc explosé dans la tourelle au contact direct de l'équipage, explosion qui pourrait avoir plusieurs causes.
Une origine chimique pouvant provenir de la poudre, de la jupe semi-combustible pouvant entraîner un long-feu est envisageable. Une cause mécanique telle qu'une percussion intempestive, une défaillance du système de chargement (non fermeture du coin de culasse, double alimentation) provoquant le déclenchement intempestif de la charge pyrotechnique ou de la fusée d'impact est également envisageable. Cependant, il faut rappeler que ce type d'obus est doté d'une sécurité empêchant le fonctionnement de la fusée avant une certaine distance ou une certaine accélération. Enfin une cause humaine comme une mauvaise manipulation ou une faute de sécurité ne peut être exclue, compte tenu de la présence à bord du char au moment de l'explosion de l'officier de sécurité, peut-être liée à une tentative de résolution d'un problème technique. Les images du char après l'accident permettent de voir que la tourelle ne porte pas de traces extérieures de l'explosion. C'est donc une enquête particulièrement difficile qui attend maintenant les experts japonais chargés d'identifier les causes probables de ce drame, qui rappelle les risques inhérents au métier de tankiste.
Cet accident survient le jour où le Premier ministre japonais Sanae Takaichi annonçait la fin des restrictions sur la vente d'armes létales jusque là interdites par le Three Arms Exports Ban, directement inspiré par la Constitution pacifiste du pays.
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| Le char après l'accident (Image Joongang Tongyang Broadcasting Company) |
Ci-dessous une vidéo de la télévision japonaise présentant quelques unes des causes possibles de l'accident.


Ne pas exclure un sabotage nord-coréen ou chinois. Dans la veine des incidents multiples survenus en Europe. Gravier dans des réservoirs de bateaux militaires, incendie bizarre dans des chantiers navals en Grande-Bretagne, Pays-Bas et ailleurs. Une guerre de l'ombre n'est pas à exclure là bas aussi.
RépondreSupprimerIl y a d'autres photos qui montrent que les panneaux de toit anti souffle sont bien parti ce qui aurait provoqué l'arrachage de la circulaire avec la 12.7mm. Cela voudrait dire que l'obus a exploser au moins en parti dans le chargeur. Pour avoir vécu des tirs "intempestifs", l'obus en chambre n'est pas "dangereux" tant que la culasse est fermé. Culasse est rarement ouverte d'ailleurs car elles sont tous semi automatique. Il faut une opération volontaire de l'équipage pour ouvrir la culasse et c'est peut être ce qui c'est passé. Il est vrai qu'il pourrait s'agir d'un non feu et que les personnels n'est pas respecté les délais avant de sortir la munition de la chambre expliquant la mort des personnels dans la tourelle.
RépondreSupprimerSur une campagne de tir en Mortier de 120 j'ai vu les amorces de l'obu péter au visage du chargeur...pas beau...je vous dit pas l'enquête et le retour pour le chef de section..
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