
Des chars Type 99A équipés de Cope Cage
La mise en oeuvre du char téléopéré Shturm a connu plusieurs échecs provoqués selon plusieurs sources par les (trop) nombreuses interruptions de liaison entre le véhicule téléopéré et l'engin de commandement situé à trois ou quatre kilomètres en arrière. Ces ruptures de commande ont provoqué l'immobilisation du Shturm qui s'est retrouvé posé dans la boue, démontrant au passage que la mis en oeuvre d'un char nécessite la présence à bord d'un équipage formé et entrainé. Pour la démonstration devant Vladimir Poutine, le Shturm était piloté manuellement par un membre d'équipage embarqué à son bord. Développé par Uralvagonzavod, le Shturm est constitué d'un châssis de T-72B3 M et d'une tourelle armée d'un canon de 125mm raccourci pour le combat en zone urbaine. Il intègre une lame dozer ainsi qu'un blindage latéral renforcé destiné à renforcer sa protection contre les projectiles antichars. Le toit de tourelle et le compartiment moteur seraient dépourvus de toute protection supplémentaire en dépit de la vulnérabilité de ces zones, souvent choisies par les opérateurs de drone FPV pour neutraliser ou détruire un char. Cette démonstration ratée a au moins le mérite de rappeler aux "visionnaires " prévoyant pour demain l'emploi de chars télécommandés en lieu et place des engins habités, que cette hypothèse n'est pas encore à la veille de se vérifier. Le pilotage d'un engin blindé par le biais d'une liaison radio difficile à réaliser en temps de paix est quasiment inenvisageable dans un environnement saturé par la guerre électronique. En revanche, cette démonstration souligne également la pertinence de développer des engins mixtes dont la mise en oeuvre par un équipage doit être envisagée ab initio et on comme une solution de secours.
Deux autres matériels blindés pas franchement inconnus ont fait leur réapparition au cours de cet exercice. Le BMPT Spiridon qui n'est autre que le Terminator rebaptisé ainsi depuis juin 2026. Ce changement de nom voulu par les autorités russes vise à diminuer la présence des termes anglo-saxons dans la terminologie russe s'est accompagné de plusieurs modifications dont l'intégration au-dessus de la tourelle téléopérée d'un dôme de protection électronique multibandes et le réagencement du blindage visant à réduire les espaces non protégés. Le Spiridon qui reste dédié à l'appui des unités blindées particulièrement lors de leur engagement en zone urbaine se dote d'une capacité de lutte contre les essaims de drones FPV.
Le binôme de T-14 évoluant sur le flanc gauche des formations blindées ont permis de revoir cet engin, dont on restait sans nouvelles depuis plusieurs mois. Selon plusieurs sources, le char russe serait l'objet d'un programme de modernisation qui pourrait se traduire par l'intégration d'un canon de 152mm et de moyens de lutte antidrones. L'utilisation d'un armement de ce calibre sur un engin blindé russe n'est pas une nouveauté, on se souvient de l'ISU 152 armé d'un obusier de 152mm monté sur un châssis de KV-1S. Plus près de nous, dans le milieu des années 1980, la Russie lança un programme visant à doter ses futurs chars d'un canon d'un calibre supérieur à 125mm. Deux engins développés respectivement par l'usine Kirov et Uralvagonzavod. Le premier, l'Object 292 était constitué d'un châssis de T-80 BV armé d'un canon LP-3 de 152mm et le second, l'Object 195 était armé d'un canon lisse 2A46 de 152mm monté sur un châssis de T-72. Ce dernier projet était équipé d'un canon de 55 calibres alimenté par chargement automatique était capable de tirer des obus APFSDS (Armor Piercing Fin Stabilized Discarding Sabot) à une vitesse initiale de plus de 2000m/s. La chute de l'Union Soviétique et la chute des budgets entrainèrent l'annulation de ces programmes, avant d'être relancés dans les années 2000 et une annulation définitive en 2008. Le réarmement du T-14 avec un canon de ce calibre reste pour le moment hautement hypothétique et ne constitue pas une solution viable aux problèmes rencontrés par le char russe depuis son lancement.

T-14 évoluant durant l'exercice
Si le dernier armement évoqué ici n'est pas un engin blindé, son développement reste cependant intéressant. On a pu voir pour la première fois des drones dragons utilisés en essaims utilisant une charge thermite constituée d'un mélange de poudre d'aluminium et d'oxyde de métal pouvant atteindre plus de 2400 degrés lors de la combustion. Cette charge hautement destructrice est capable de faire fondre les blindages ainsi que les différents dispositifs de protection. Déjà employés depuis 2024 par l'armée ukrainienne ces drones dragons semblent désormais intégrés dans l'arsenal russe comme le montre la démonstration réalisée devant le président russe à l'occasion de l'exercice Centre 2026.
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| Drones dragons russes en action |
Une vidéo publiée hier par la chaine de télévision publique russe Zvezdanews permet de voir quelques uns des équipements évoqués qui ont été présentés au président russe durant cet exercice. Celui-ci dont le but était d'entrainer des forces de différents pays agissant au sein d'une coalition ayant pour objectif la libération d'un territoire a également été l'occasion de voir ou de revoir en action des équipements peu ou pas utilisés par les Forces Armées russes dans le conflit ukrainien.





L’objet 292 est équipé du LP-83, l’exemplaire connu n’est d’ailleurs qu’un banc d’essais, le version de série ne devait pas être baser sur le T-80BV.
RépondreSupprimerConcernant l’objet 195, le canon utilisé est le 2A83 et non pas le 2A46M (qui est un canon de 125mm). Il n’est pas basé sur chassîs de T-72 mais sur celui de l’objet 187A.
Il ne faut également pas oublier les objets 477, 477A et A1 qui utilisaient également un canon de 152mm, le 2A73.
J’ai également oublié de préciser que non, il n’y avait aucun membre d’équipage dans le Shturm utilisé lors de cet exercice.
RépondreSupprimerDes images de l’intérieur lors des manœuvres sont d’ailleurs disponibles.