POUR TENTER D'Y VOIR CLAIR !

La récente visite en Grèce du Président de la République a donné lieu à la publication de nombreuses informations sur une possible proposition française concernant le VBCI, toujours à la recherche d'un premier succès à l'export. en l'absence de toute communication officielle de KNDS France ou des autorités françaises, Blablachars a tenté de faire le point sur le possible contenu de la proposition française. Volontairement discrets sur le sujet, les acteurs sont néanmoins unanimes pour affirmer qu'aucun document contractuel pour l'acquisition de VBCI n'a été signé durant cette visite. 

Le 1er avril, soit trois semaines avant l'arrivée d'Emmanuel Macron, l'état-major des armées grecques a bénéficié d'une présentation des VBCI Mk I et VBCI Mk II réalisée par la société Nemos Strategy représentant de KNDS France en Grèce. Cette séance portant à la fois sur le VBCI actuellement en service dans l'armée de terre et sur son évolution pourrait alimenter l'hypothèse d'une proposition française comprenant la fourniture d'engins d'occasion en "gap filling." Des engins qui seraient prélevés sur le parc de l'armée de terre, qui en a reçu 630 exemplaires, dont 510 en version combat et 120 en version PC. Le nombre d'engins fournis dans cette solution varie selon les sources entre 88 et 120 engins, représentant le volume de plusieurs compagnies. 

VBCI Mk I de l'armée de terre

D'autre sources évoquent une proposition ne prévoyant aucune offre de VBCI d'occasion. Celle-ci ne porterait "que" sur la fourniture de 188 VBCI Mk II neufs déclinés dans la version  Philoctète, cette dernière étant une version spécifique du VBCI MkII, lui même basé sur le véhicule d'origine. Le Philoctète est équipé de la tourelle téléopérée RCT 40, armée du canon CTA de 40mm et de missiles antichars Akeron de MBDA. Comme dans la première proposition, la totalité des engins neufs serait fabriquée en Grèce par la firme grecque METLEN, partenaire exclusif de KNDS France. 

Le VBCI Philoctète

Comme dit plus haut, ces propositions qui ne s'accompagnent d'aucun engagement officiel restent soumises au choix d'Athènes pour son programme TOMA visant à remplacer les M113. Si celui-ci se portait sur le blindé français, le protocole industriel accompagnant ces propositions pourrait être mis en oeuvre, dans le cas contraire, il resterait lettre morte comme les espoirs français de voir  le VBCI (enfin) séduire un client étranger. La partie est donc loin d'être gagnée pour cet engin pétri de qualités, mais largement oublié dans les projets de modernisation de l'armée de terre, il donc est urgent de rester discret et prudent sur le sujet pour ne pas compromettre les efforts des acteurs de ce dossier. Contrairement à une habitude française éminemment contre-productive, il ne faut donc pas crier victoire trop vite et espérer qu'un éventuel contrat grec ne soit pas synonyme de prélèvement sur le parc de VBCI en service dans l'armée de terre. Au moment où les notions de masse et de haute intensité reviennent dans la pensée militaire, la fourniture de VBCI d'occasion reviendrait à amputer l'infanterie "mécanisée" française d'une partie de ses capacités, même si une éventuelle exportation pourrait aussi financer l'acquisition de VBCI MkII par l'armée de terre. 

VBCI français et Marder grecs au tir

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