Arrêté depuis la fin de l'année dernière, le programme Ajax va redémarrer après l'accord des autorités britanniques qui semblent jouer leur dernière carte dans ce programme. Directement contrôlées par le ministre de la Défense britannique, les prochaines étapes du programme seront décisives pour sa survie, déjà menacée à plusieurs reprises depuis son lancement en 2010. la déclaration de Luke Pollard devant le Parlement qui évoque les premiers résultats de l'enquête, met l'accent sur la sécurité et la progressivité des prochaines étapes du programme, sans évoquer les problèmes de gouvernance du programme ou les agissements de General Dynamics relayés par plusieurs témoignages.
La déclaration publiée aujourd'hui sur le site du Parlement britannique, du Ministre de la Défense britannique, Luke Pollard lui a permis de faire le point sur le programme Ajax, arrêté depuis les incidents de novembre dernier. Dans son propos, Luke Pollard indique que l'équipe chargée de l'enquête (Army Safety Investigation Team ou ASIT) a rendu ses conclusions. Ces dernières n'identifient pas de cause unique mais évoquent une combinaison de facteurs et indiquent que les niveaux de bruit et de vibrations n'ont pas atteint les limites légales d'exposition. Selon l'ASIT, l'apparition de ces phénomènes aurait été provoquée par une combinaison de facteurs liés à l'état des engins au moment des incidents. Parmi ces facteurs les enquêteurs évoquent la tension des chenilles ainsi que l'absence ou le serrage incomplet de certains boulons de fixation. A ceux-ci s'ajoutent des éléments environnementaux et humains tels que l'entrainement des membres d'équipage ou les conditions atmosphériques du moment ainsi que la qualité de l'air à bord des engins incriminés. Luke Pollard a également indiqué que le travail des experts indépendants se poursuivait et devrait permettre la rédaction d'un rapport final qui permettra d'expliciter les facteurs humains et environnementaux susceptibles de concerner l'ensemble du ministère de la Défense.
Luke Pollard a annoncé avoir accepté la relance du processus d'acceptation des engins accompagné de nouveaux contrôles et dont les 23 engins impliqués dans les incidents qui feront l'objet d'un traitement spécifique avant leur transfert à l'armée britannique. La poursuite du programme se fera par phases successives : la première comprendra le redémarrage des essais avec un nombre limité d'engins au standard actuel, tandis que la seconde permettra l'implémentation d'améliorations du système de filtration d'air, de chauffage du compartiment intérieur et du système de production d'énergie, mis en cause dans les incidents de l'année dernière.
L'armée britannique verra également son organisation modifiée avec de nouvelles nominations dans la chaine de commandement, aux responsabilités étendues dans les domaines du maintien en condition et de l'utilisation des engins. La reprise de l'entrainement des unités se fera sous le contrôle strict et de façon progressive et adaptée selon la méthode "crawl-walk-run" (ramper-marcher-courir). La boucle du RETEX sera également améliorée pour permettre une meilleure circulation de l'information et des comptes-rendus des utilisateurs et favoriser l'adoption d'éventuelles mesures correctives.
La dernière entité concernée est bien sur General Dynamics avec laquelle le ministère de la Défense va continuer à œuvrer de "manière responsable et transparente " pour offrir une "expérience utilisateur améliorée " aux équipages d'Ajax. Toutes les mesures évoquées ainsi que les ajustements nécessaires seront pris dans le cadre du programme et dans l'enveloppe financière initiale.
Pour Luke Pollard, il s'agit désormais de rebâtir la confiance des utilisateurs dans l'engin, ce qui ne pourra être fait qu'au prix d'un important travail qui ne doit pas être sous-estimé.




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