Le Général BEAUDOUIN nous avait annoncé hier que cette édition serait celle de tous les records, pronostic visuellement confirmé au cours de cette première journée au cours de laquelle les visiteurs se pressaient nombreux pour rencontrer les professionnels présents. C'est précisément ce jour que John Cockerill Arquus avait choisi pour dévoiler son dernier né, qui est en fait le premier né de la nouvelle entité créée en juillet 2024. Après un briefing relatant l'histoire récente d'un projet lancé le 14 février 2025, dont la définition a débute au mois de juillet la même année, pour arriver à l'assemblage final quelques mois avant le salon. Les quelques semaines restant furent mises à profit pour effectuer les tests statiques et dynamiques permettant de qualifier l'engin.
Après les explications fournies par un "quatuor" composé de Jean Luc MAURANGE, le CEO de John Cockerill, Thierry RENAUDIN patron de John Cockerill Defense (JCD), Frank JANSENS, General Manager de la Division Systèmes d'Armes, Emmanuel LEVACHER, CEO d'Arquus, l'heure arriva de lever le voile sur le FENRIS.
"Quatuor" directorial devant le FENRIS
Tous ceux qui pensait découvrir une simple adaptation sur le châssis torturé du Jaguar de la tourelle 3105 du fabricant liégeois en furent pour leurs frais, car noua avions devant nous un engin entièrement nouveau. Preuve de cette nouveauté, le travail effectué sur le châssis avec un glacis avant plus homogène et sur le renforcement de la protection des éléments du train de roulement donne au FENRIS un aspect se démarquant totalement de l'engin du programme Scorpion. La tourelle 3105 est également profondément remaniée, adoptant une architecture numérique, un tourelleau AIRGUARD destiné à assurer l'auto-protection de l'engin, le tout protégé jusqu'au niveau 4 du STANAG 4569.
Sur le plan des performances, l'engin est annoncé à 26 tonnes en ordre de combat, poids le rendant aérotransportable par un A400M et donc conforme au dogme en vigueur pour les engins de l'armée française. Armé d'un canon de 105mm rayé, le FENRIS embarque dans un chargeur automatique 12 obus prêts au tir, dotation complétée par 24 obus supplémentaires répartis dans la caisse de l'engin. Propulsé par un moteur Volvo développant 500ch, le nouveau venu coche donc les cases de la mobilité stratégique et tactique, cette dernière étant évidemment assortie des limites propres aux engins à roues, y compris les 6x6 comme le FENRIS.
La firme franco-belge espère recevoir de nombreuses marques d'intérêt pour un engin appelé à évoluer sur un segment comptant peu de représentants. En outre, certains voyant dans le FENRIS l'héritier de l'AMX 10RC imaginent déjà une adoption par l'armée de terre en complément du Jaguar. Outre les qualités du FENRIS, parmi lesquelles son train de roulement à roues et sa capacité à embarquer sur un A400M (prérequis incontournable de la pensée militaire française actuelle) l'adoption du FENRIS nécessiterait de la part des militaires un important effort de pédagogie et de sérieuses contorsions sémantiques pour faire de cet engin le chaînon manquant entre le 120mm du Leclerc et le 40mm du Jaguar. Un beau sujet de réflexion pour les mois à venir.
On pouvait également voir sur le stand franco-belge, la version initiale de la tourelle 3105 montée sur un châssis de Leopard 1 et actuellement évaluée par les Forces Armées Ukrainiennes (FAU). Selon des informations non officielles, JCD devrait livrer une trentaine de tourelles d'ici la fin de l'année prochaine, le financement du contrat restant encore à établir.
La tourelle 3105 montée sur un châssis de Leopard 1
Un peu plus loin, moins spectaculaire mais tout aussi important pour l'avenir des blindés et de leur propulsion, KNDS Mobility dévoilait son Tank Electrified Drivetrain ou TED pouvant être installé sur des engins d'un poids maximum de 20 tonnes. Le TED a déjà trouvé son premier client avec le VECTOR De MILREM Robotics qui devrait connaître dans le futur plusieurs déclinaisons.
Tank Electrified Drivetrain de KNDS Mobility
Si abondance de biens ne nuit pas selon la sagesse populaire, le nombre d'engins exposés ont permis à Blablachars de croiser au gré de ses déambulations la tourelle Turra 30 d'EVPU montée sur le Borsuk polonais et le Patria AMV XP, le CV90 MkIV ou encore l'étonnante découverte du Refurbot de KNDS constitué d'un châssis d'AMX 30 surmonté d'un tourelleau ARX 25 et doté d'un kit de robotisation TOXO développé par la société S2M Equipment. Une rencontre empreinte de nostalgie mais aussi porteuse d'avenir à l'heure où le groupe franco-allemand cherche à développer des plateformes robotisées lourdes pour le futur engin blindé français. C'est d'ailleurs sur le sujet chars que Blablachars se penchera demain, après avoir découvert aujourd'hui des engins qui ne devraient pas manquer d'interpeller les blindonautes.
La Turra 30 sur le Borsuk polonais La Turra 30 V10 montée sur l4AMV XP de Patria Le Refurbot de KNDS avec son kit TOXO de S2M Equipment
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