La création officielle du Club PFM (Pont Flottant Motorisé) durant le salon sur le stand des CNIM (Constructions Navales et Industrielles de Méditerranée) a fourni à Blablachars l'occasion d'évoquer les productions de la firme toulonnaise. Cette dernière est en effet un acteur majeur de la Défense en fournissant à l'armée de terre des capacités essentielles comme le montrent les différents produits exposés sur le Salon. Parmi les vides capacitaires créés par des années de disette budgétaire et de focalisation sur la projection de forces, la capacité de franchissement de coupure s'impose désormais comme une urgence opérationnelle. Cette capacité que certains semblent (re)découvrir est une réelle exigence pour des forces susceptibles d'être engagées sur un théâtre européen, marqué par de nombreuses coupures sèches et humides, particulièrement en Europe centrale où l'on trouve en moyenne, une coupure humide de 20m tous les 20 km.

La création officielle du Club PFM
Dans ce domaine, les CNIM proposent plusieurs équipements parmi lesquels le Pont Flottant Motorisé (PFM) dont le standard F2 est en cours de mise en service dans l'armée de terre, qui a en commandé 300m. Cette dernière n'est pas la seule utilisatrice de cet équipement, choisi par la Pologne en 2022, qui en a commandé 900 m linéaire. L'objectif des autorités polonaises est de doter chacune des brigades interarmes de 1000m de pont PFM F3. Cette version permet de faire franchir de façon continue (pont) ou discontinue (ferry) des engins chenillés de 90 tonnes et des véhicules à roues de 100 tonnes (MLC 90T / 100W.

Le Pont Flottant Motorisé (PFM)en version pont (Photo CNIM)
L'autre équipement de franchissement développé par la firme toulonnaise est le SYFRALL (Système de franchissement lourd léger) qui fusionne en un équipement unique les deux systèmes initialement envisagés, à savoir un système léger et un système lourd. Le système choisi par l'armée de terre est destiné plusieurs moyens de franchissement existant comme les Engins de Franchissement de l'Avant (EFA), les PFM ainsi que les Moyens L'armée de terre prévoit d'acquérir d'ici 2030 un total de vingt portières. Le SYFRALL est composé de portières lourdes de classe MLC 85C/100R (Military Load Class 85 tonnes pour des engins à roues / 100 tonnes pour des engins chenillés) et portières légères MLC 40R. Chaque portière est composée de trois éléments ou modules d'un longueur de 11m chacun et de deux rampes. La première tranche du marché se compose de huit portières représentant 300 m de pont, qui devraient être livrées d'ici 2029, avant les tranches deux et trois qui devraient permettre à l'armée de terre de disposer en 2030 des 20 portières prévues. Pour la fourniture de cet équipement CNIM Systèmes Industriels est associée à CEFA et SOFRAME.
Le Système de Franchissement Lourd Léger SYFRALL
S'il ne représente pas une capacité critique, l'autre équipement que l'on pouvait découvrir sur le stand des CNIM constituait une réelle nouveauté. L'Armor X est une cabine blindée destinée à équiper des porteurs de toute marque dont la conception a privilégié la vision directe et la modularité. Lé développement sur fonds propres de cette cabine qui a débuté en novembre 2025, a permis à L'Armor X de franchir les différentes étapes avant la production du premier prototype. Cette progression permet d'envisager une disponibilité de l'Armor X d'ici la fin de l'année, date à laquelle la production en série pourrait débuter du côté de la Seyne / mer. La cabine présentée comprenait un module de commande d'un autre produit développé par les CNIM et la firme estonienne MILREM Robotics, le ROCUS.

L'Armor X extérieur et intérieur
A la différence des deux équipements mentionnés ci-dessus, on pouvait voir le ROCUS en action dans le cadre des présentations dynamiques qui avaient lieu quotidiennement. L'engin téléopéré chenillé est dédié aux actions d'ouverture d'itinéraire, il est équipé pour cela d'un bras robotisé de quatre mètres capable de lever une charge de 100kg. Le ROCUS qui peut se déplacer à la vitesse de 20km/h possède une autonomie de 10 heures et peut opérer de jour comme de nuit. Le ROCUS en action
Enfin comment terminer cette évocation de quelques unes des productions CNIM sans évoquer un des éléments de la couche médiane de l'armée de terre, l'Auroch. Au-delà de son esthétique discutable, l'Auroch développé par les CNIM et KNDS est un engin à roues (8x8) qui respecte la règle d'or des matériels français car pouvant être aérotransporté à bord d'un A400M. ! Les premiers exemplaires de série devraient être livrés à l'armée de terre à partir de 2031, date à partir de laquelle l'Auroch remplacera l'Engin blindé du génie (EBG), l'Engin du Génie Rapide de Protection (EGRAP) et l'Engin du Génie d'Aménagement (EGAME). L'Auroch est la traduction du programme d'Engin du Génie de Combat (ECG) mené en coopération avec la Belgique, piloté par l'OCCAr (Organisation conjointe de coopération en matière d’armement).

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