La première apparition publique au salon Eurosatory du New Main battle Tank (NMBT) germano-italien a permis d'en apprendre un peu plus sur ses caractéristiques mais aussi sur son évolution. Concernant les premières, le développement de versions dérivées devrait faire varier le poids de l'engin de 61 à 67 tonnes, la déclinaison la plus lourde devrait atteindre 69,5 tonnes en ordre de combat. Ce poids final classerait le NMBT parmi les chars lourds au sein de laquelle il rejoindrait le Leopard 2A8 (69,5 tonnes), le M1A2 (67 tonnes) ou encore le Challenger 3, dont le poids final reste encore un sujet de critiques. En faisant ce choix, l'armée italienne se démarque nettement de la tendance observée dans certaines armées en optant pour les prochaines année pour un véritable char lourd.
Toujours dans le domaine de la mobilité, on a appris qu'aucun choix définitif n'avait été encore fait pour le groupe moto propulseur (GMP), pour lequel plusieurs solutions sont envisagées, Iveco Defence Vehicles (IDV) et MTU pour le moteur, Renk, Sapa et ZF pour la transmission. C'est dans cette optique que le constructeur italien présentait à Eurosatory un moteur V12 développant 1700 ch, spécifiquement conçu pour les engins de nouvelle génération. Parmi de nombreuses innovations, le moteur italien ne devrait pas inclure de Groupe Auxiliaire de Puissance (GAP) qui serait remplacé par un système hybride permettant d'alimenter les batteries du véhicule.
La protection du NMBT sera assurée par un ensemble combinant les blindages passifs et les systèmes actifs, combinaison sur laquelle Leonardo Rheinmetall Military Vehicles (LRMV) n'a pas communiqué, se bornant à préciser que cet assemblage serait efficace contre les projectiles à énergie cinétique, ou obus flèche. La solution choisie pourrait être proche du Strikeshield de Rheinmetall déjà retenu pour équiper les Lynx hongrois et proposé sur le Lynx en course pour le remplacement du Bradley américain. Cette protection est complétée par différents capteurs électro-optiques, un détecteur d'alerte laser ainsi qu'un détecteur acoustique, auxquels s'ajouterait un système de lutte contre les munitions rôdeuses et les drones.
L'armement principal constitué par un canon de 120mm L55 en cours de développement par Leonardo, associé à un système de chargement automatique contenant 20 munitions. Ce canon devrait permettre le tir d'obus Vulcano dont la portée maximale avoisinerait les 30 kilomètres, et qui serait déclinée en différentes versions dont une à guidage terminal. Ce canon pourrait évoluer sans difficulté technique majeure vers le calibre de 130mm, hypothèse largement soutenue par Rheinmetall qui a conçu son KF-51 autour de ce calibre. Non contente de promouvoir la simplicité de ce changement de dimension de l'armement principal, la firme de Düsseldorf met en avant la rapidité de conversion avec un passage du calibre 120 au calibre 130 réalisé en moins de 12 heures. Outre le char italien, cet argument est également destiné aux utilisateurs de Leopard 2 armés du canon de 120mm L55, qui pourraient être tentés par cette revalorisation à moindre frais de l'armement principal de leurs chars. Le canon Rh130 constitue une réelle menace pour l'Ascalon français, qui risque de voir son marché limité aux frontières de l'Hexagone et devenir un énième système franco-français. Il est don impératif de réagir rapidement et fortement à cette "menace" en développant autour de l'Ascalon une coopération avec des pays susceptibles d'acquérir le canon français sur de nouveaux chars ou pour la modernisation d'engins existants, y compris par le biais de transferts de technologies.
Comme à bord du char d'origine, quatre membres d'équipage embarquent à bord du NMBT, le quatrième homme étant un opérateur système d'armes, plus spécifiquement chargé de la mise en oeuvre des différents systèmes comme le canon de 30mm, les munitions rôdeuses ou encore les moyens de lutte antidrone. Comme sur le KF 51, le NMBT est bâti autour de postes "interchangeables" à l'exception de celui du pilote, capacité qui permettrait à chacun des opérateurs d'assurer les fonctions d'un autre opérateur. A noter que l'armée italienne n'a pas retenu la tourelle téléopérée pour son char, lui préférant une tourelle habitée par deux hommes, accompagnés par deux membres d'équipage situés en châssis.
Ces choix qui sont l'objet de nombreux débats ne sont pas sans conséquence sur la conception de l'engin mais aussi sur les ressources humaines de l'armée considérée. Cependant, "l'empilement" des systèmes sur les chars modernes pose clairement la question de la charge cognitive des membres d'équipage et de leur capacité à tenir la charge dans un environnement hostile. Non évoquée pour le char italien, la mise en oeuvre d'équipiers téléopérés, envisagée sur les projets présentés accentuerait encore cette charge cognitive. Le recours à un équipier virtuel alimenté par une intelligence artificielle, reste encore un objet d'études visant à définir sa place, ses missions, ses limites et in fine la place de l'homme dans la boucle.
L'ensemble des caractéristiques énoncées et les performances attendues donnent au NMBT un aspect plutôt homogène qui pourrait représenter le parfait char de transition, cela en dépit d'un poids le rattachant aux chars plus anciens et d'un châssis daté. L'intégration mesurée de solutions nouvelles (hybridation, munitions téléopérées, tir au-delà de l'horizon, architecture numérique) essentiellement d'origine nationale, devrait permettre à l'armée italienne de conserver dans les années à venir, une véritable capacité blindée mécanisée équipée au sein de laquelle les 132 NMBT et les 140 engins dérivés seront mis en oeuvre aux côtés des 1050 engins de combat blindés A2CS, conçus sur la base du KF-41 et déclinés en 16 versions.


Je suis le seul à trouver que le NMBT italien ressemble à un AMX 30 Auf 1 après un passage sous presse hydraulique ?
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