OU L'ON COMMENCE A PARLER DE LA RECUPERATION DES UGV

Des images en provenance d'Ukraine ont mis en lumière un nouveau type d'opération qui devrait fortement intéresser tous ceux qui travaillent sur les drones terrestres. Publiée par le site Antikor, la vidéo montre la récupération d'un drone terrestre par un Stryker largement modifié récupérer un engin téléopéré. Cette opération d'un nouveau genre suscite quelques réflexions que Blablachars vous partage dans les lignes qui suivent. Ces quelques observations devraient permettre de nourrir un débat salutaire au moment où plusieurs constructeurs développent des systèmes téléopérés, comme on a pu le constater au Salon Eurosatory. Les images diffusées mettent, de façon assez paradoxale, l'homme au coeur du système, que ce soit pour récupérer un engin immobilisé ou habilement esquiver une attaque drone FPV. Elles illustrent également le fait que le combat blindé 100% autonome ou téléopéré n'est pas encore à l'ordre du jour, l'humain y occupant encore une place prépondérante. 

La première observation porte sur le débarquement de soldats pour procéder à la récupération d'un engin, dont la valeur unitaire reste plutôt modeste. Il est en effet plutôt surprenant de voir un tel déploiement de forces pour récupérer un vecteur téléopéré censé accomplir des missions en préservant des vies humaines. On peut donc s'interroger sur la valeur, le chargement ou la rareté de cet UGV, autant de facteurs qui justifieraient d'exposer un engin blindé et un groupe d'infanterie dans la récupération de l'engin dont on ignore également les raisons de l'immobilisation. Le modus operandi adopté par les soldats pour récupérer le "complexe robotique" est également surprenant, puisque l'UGV n'est pas simplement pris en remorque mais accroché sur l'avant du véhicule. Une opération durant laquelle les soldats sont évidemment exposés aux vues et aux tirs ennemis, même si elle a lieu sous la protection de drones aériens surveillant la zone. 

Débarquement des soldats

Cette situation impose donc d'intégrer dès la conception des différents engins des systèmes d'accrochage sous le feu ne nécessitant aucune intervention humaine. Cet impératif ne se limite pas aux engins téléopérés, aux véhicules de dépannage et autres vecteurs logistiques, de tels dispositifs doivent être disponibles sur tous les véhicules présents sur le théâtre d'opération. Il est regrettable que cette nécessité n'ai pas été prise en compte pour la revalorisation du Leclerc et du Dépanneur, encore doté de barres télescopiques dont l'adaptation est réalisée par un membre d'équipage débarqué. La nécessité de généraliser ce type d'équipement est avérée depuis le conflit syrien dont plusieurs images montraient des évacuations de chars et d'engins blindés pris sous le feu ennemi sous le feu et entièrement réalisées sous blindage. 

Simulation de remorquage d'un Leclerc 

Au moment où la notion de système de systèmes articulé autour d'une plateforme habitée "mère" et de plusieurs systèmes téléopérés, il est important d'envisager la récupération de ces équipiers. Cette nécessité se doublerait d'une véritable exigence pour des engins dotés d'armements ou d'équipements complexes et onéreux. Si la question de la protection de ces équipiers voit "s'affronter" les partisans d'une protection maximale et ceux d'une survivabilité réduite à son minimum, la question de la récupération doit en revanche être tranchée sans débat, pour favoriser l'émergence de solutions adaptées aux véhicules téléopérés et habités.

Système d'accrochage sous le feu du Merkava

La fiabilité technique et la résistance aux attaques "immatérielles" des futurs équipiers téléopérés doivent être également être au coeur de la conception ces futures plateformes. La survivabilité des engins concernés passe peut-être par le développement sur les futurs engins robotisés  de programmes de sauvegarde, qui pourrait faciliter leur récupération par une plateforme habitée ou téléopérée, ou leur permettre de façon autonome une zone moins exposée. De telles solutions soulignent l'importance des notions d'autonomie et de mobilité des futurs engins téléopérés, bases de leur efficacité opérationnelle mais aussi de leur survie. Cette dernière dépend également de l'habileté humaine comme le montrent les images diffusées par la 66ème Brigade mécanisée ukrainienne. La vidéo permet de voir un drone terrestre Termit ukrainien échapper à une attaque de drone FPV russe grâce à une manœuvre d'esquive réalisée juste avant l'impact. 


Si les véhicules aériens téléopérés sont devenus aujourd'hui des acteurs incontournables du conflit ukrainien en réalisant des frappes précises sur des objectifs terrestres, les plateformes terrestres connaissent un développement plus limité. Des opérations fortement médiatisées ont pu laisser envisager une prise en compte totale des opérations terrestres par des engins téléopérés, la réalité semble être différente. Chacun pourra se forger une opinion sur les images et les réflexions contenues dans les lignes précédentes, mais ces éléments montrent que la place de l'homme dans les opérations reste encore prépondérante. 

Commentaires

  1. Les drones terrestres prennent de plus en plus de place, remplaçant un grand nombre de missions effectuées auparavant par des hommes à bord de véhicules ou non.
    La quantité énorme de drones volants amène une source de renseignements et de frappes que le drone au sol ne va pas remplacer et c'est assez logique.
    On va donc principalement le retrouver dans des missions de petites logistiques, d'évacuation sanitaire etc que dans des opérations de reconnaissances ou d'attaques.
    La situation du terrain c'est très souvent des petites équipes disséminées ici ou là, qui vont rester 10 jours avec parfois du ravitaillement complémentaire à faire puisques avant une relève qui est souvent le moment où les drones vont faire un carton.
    L'exemple de l'article ne doit pas servir comme la preuve d'un quotidien, bien au contraire, on est dans de l'exceptionnel et on ne va pas construire toute une doctrine de méthodes et de moyens sur ça. On a aussi des vidéos de drones terrestres qui viennent tracter ou "dépanner" (déblocage)
    En fonction de la situation on peut envisager la récupération de drones terrestres, mais dans de nombreux cas le risque n'en vaut pas la peine. Ici ils ont jugé que la récupération était jouable, mais ce n'est aucunement un automatisme sur lequel on doit faire des plans sur la comète.
    La tendance c'est là aussi toujours plus de drones (et non de chars, voilà les retex ukrainiens depuis 2-3 ans), sur le segment terrestre cela se remarque aussi après le segment aérien et maritime (voir sous-marins).
    Faut s'adapter et ne pas rester en déphasage avec les vrais nouveautés qu'utilisent et recherchent les belligérants.

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    1. "L'exemple de l'article ne doit pas servir comme la preuve d'un quotidien"
      Eh oui, toujours nier la réalité dérangeante qui ne correspond pas à ses fantasmes, même quand on a l'évidence, la démonstration, et les preuves sous les yeux.

      Eh oui, voir les retex, les vrais, et pas seulement ukrainiens, notamment et en particulier concernant les drones ; mais les études sérieuses qui commencent à sortir. (Du genre plus de 50 drones "tueurs de chars" pour neutraliser (Sans le détruire en réalité en plus.) un char, moyen et ancien en plus.).
      Eh oui, "des chars pourquoi faire ?" ! Lourds, modernes, et tout ce qui va avec, pour débloquer une situation complétement figée, et particulière mortifère, depuis quatre ans par exemple. Décidemment le déni !! (Même avec les images devant les yeux ! C'était un Striker le gros machin venant récupérer le tout petit bidule ? !!)

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  2. Deux super vidéos, très interessantes.
    Effectivement, un bras pour accrocher semble utile.

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  3. On est obligé d'envoyer des engins habités pour sauver des drones maintenant ! On vraiment aura tout vu !! C'est le monde à l'envers, les hommes vont sauver les robots !!!
    Et heureusement que tout cela ne se fait pas sous le feu encore.
    Ou la baudruche et l'effet de mode qui commence à se dégonfler de plus en plus, une fois l'effet de nouveauté médiatico-médiatique passé. Seules les vrais apports opérationnels resteront. Quelques effets de saturation légère tout au plus, très passagers en plus.
    Mais bon le cinéma va continuer pendant quelques temps encore.

    On ferait mieux d'équiper nos engins existants de dispositifs efficaces en effet, capable d'agir sous le feu notamment. (Et autre pièce d'artillerie automatisée et sous blindage, au passage...)

    Des engins et plus encore des robots programmés souvent extrêmement facilement leurrés, bien que couteux, s'il faut envoyer des hommes les rechercher sous le feu maintenant en plus. !!!

    Au moins une chose est sûr, c'est que ce grand barnum médiatique (Il faut bien coute que coute vendre du papier, et des images.), aura bénéficié au grand retour de l'antiaérien, devenu de plus en plus indispensable aujourd'hui, et même demain quand de ce fait le "phénomène" drone aura été remis à sa place.

    Eh oui, on vit vraiment dans une ère de médiatisation et de désinformation -mésinformation avancée ! Difficile pour certains et le grand public e particulier de se faire une opinion argumentée.

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  4. la récupération du drone ce fait sous protection d'un autre drone terrestre armé, le tout supervisé par un drone aérien, il y a une coordination surprenante!
    sur la vidéo du ravitaillement le drone arrive à faire un écart à l'arrivé du drone kamikaze est ce le drone aérien qui déclenche l'écart du drone terrestre?
    tous ces drones sont très simples de construction, leurs emploies opérationnelles demandent coordination et savoir faire
    nos fantassins et cavaliers doivent ce poser pas mal de questions
    penandreff

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    1. Dites dont, cela commence à faire beaucoup de drones, pour récupérer un drone, et avec un blindé, voire plusieurs en général, et un groupe entier de soldats, exposant leur vie (Pour récupérer un bidule. Moi qui croyait leur principal avantage était leur faible coût ! Mais en même temps avec des machins qui commencent à couter de plus en plus cher, IA, robotique en autre, on comprend qu'on veuille les récupérer quand même !!!). Nos constructeurs de drones doivent commencé à se poser beaucoup, beaucoup de questions.
      (Pour les autres le probléme est déjà en cours de résolution. S'il n'existait réellement au delà d'un peu d'agacement et de simples réparations évitables sur des blindés d'un certains poids et d'un certain niveau de protection naturelle. On a survécu aux roquettes et autres missiles antichars (Rappeler vous 2022 : "La fin du char" face au Javelin et autres (Puis on a eu l'épisode Himars, puis le drone, puis puis puis...), alors vos nouveaux joujoux, et leur très faible puissance, vous pensez.).

      Ca va vite devenir rapidement complétement ingérables même tous vos trucs !! (Des drones pour récupérer, un drone, un pour surveiller, un pour protéger, un pour la logistique, un pour etcetera, et un blindé et un groupe de combat pour la récupération à proprement dite malgré tout cela, tout ce déploiement !!!!!
      Et une bonne rafale d'une simple mitrailleuse, ou un simple obus airburst, ou un simple brouilleur, et il n'y a plus personne, et des ressources gaspillées par contre. !
      Mais bon, on arrête pas le "progrès". ...)

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  5. Article et réflexions très intéressants, merci à l'auteur du blog !
    HD

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  6. La guerre des robots a donc commencé !
    https://opexnews.fr/robotisation-armees-francaises-france-guerre-robots-drones-senat/

    Sans énergie, plus d'armée.

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    1. Amusant, malheureusement, article ! :
      "La France n’est pas prête à la guerre", tout cours (Pas la peine d'aller chercher plus loin.) (Ca c'est le moins qu'on puisse dire, surtout à la guerre de haute intensité.). Voir ce qui se passe en Pologne, Allemagne, ou plus près de nous, en Italie (Avec deux fois moins de budget en plus !!), et partout ailleurs plus globalement encore.
      "Neuf ans de lucidité perdue" !! !
      "La ligne de front ne pardonne plus rien." On renvoie à la remarque précédente...
      "Le bouclier qui manque à l’épée." Sans commentaire...
      "L’arbalète, le missile, le drone : même combat." Ou est passé le bouclier ? ! (A défaut de vouloir nous créer Skynet et Terminator maintenant !! Eh c'est des films les gars. De la science-fiction, cela n'existe pas, ou en tous pas pas encore et pas avant très longtemps si ça existe un jour. ...)
      "L’argent ne suit pas le diagnostic." L'argent est là au contraire c'est le diagnostique qui manque (Le bon surtout !), et de se bouger un peu réellement aussi ("Neuf ans" d'immobilisme aussi...).
      "La France a des pépites, il lui faut une mine." On ne le dira et ne le répètera jamais assez. Voir l'étude du l'IFRI sur un très possible nouveau char français par exemple ; si on se bougeait un peu là aussi et si on en avait la volonté surtout.
      "L’évidence ne suffit pas à convaincre." Si seulement...
      Intéressant renvoi aux années 1930 en effet, certains parlent autant dans le désert qu'à l'époque malheureusement. Faudra t-il le même genre d'évènements et de catastrophe pour qu'on finisse par ouvrir le yeux sur les vraies réalités ? Les vraies réalités physiques même, qui sont toujours les mêmes, elles n'ont pas changé.
      Au lieu de se perdre dans d'illusoires guerres du futur et à construire de louvelles lignes Maginot encore plus fantasmatiques actuellement ("Drôle" de moment encore !), dronique, ou robotique (Et tout autant arc-boutés ceci dit qu'à l'époque. Comme quoi certaines choses ont vraiment réellement beaucoup de mal à changer.), occupons nous plutôt déjà du présent, et d'équiper sérieusement nos armées et celle de terre tout particulièrement et de protéger convenablement nos soldats en premier lieu et tout particulièrement (Avec vos cercueils ambulant à roulettes...).
      A ne pas se tromper de diagnostique encore une fois, voir les vrais retours d'expérience de l'Ukraine et ne pas se laisser encore illusionnés par des apparences de surface (A prendre des vessies, pour des lanternes.) par quelques "savants" phénomènes médiatiques de masse, ou simplement de com ou de propagande de diversion ; chez nous en particulier (Voir les réarmements allemand, polonais, etcetera encore une fois.).
      Bref y a du boulot, à commencer déjà par reprendre ses esprits !!

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