UNE DECISION EN APPARENCE SURPRENANTE

Le Zorawar indien dont Blablachars a évoqué à plusieurs reprises les étapes de développement, pourrait trouver sur sa route un ou deux concurrents après une décision plutôt surprenante du gouvernement indien. Un processus de sélection entamé il y a a peu plus de trois ans, a livré ces derniers jours un nouveau verdict avec l'attribution à deux autre sociétés d'un contrat de développement et de production d'un char léger national. Le Zorawar dont 59 exemplaires ont déjà commandés à Larsen&Toubro (L&T) a déjà livré 59 exemplaires à l'armée indienne sera opposé au projet de Tata Advanced Systems (TASL), qui a présenté l'offre la plus basse et à celui de Mahindra Defence Systems Ltd (MDSL) arrivée en seconde position. La mise en compétition du Zorawar pour la fourniture de 295 chars ne constitue pas une surprise, même si les candidats retenus ne sont pas ceux qui avaient déjà présenté un projet. Outre ces deux sociétés Kalyani Strategic Systems Ltd (KSSL) et Armoured Vehicles Nigam Limited (AVSL) ont également présenté leurs projets. 

Si cette décision qui intervient un peu plus de deux ans après le lancement du Zorawar peut paraitre surprenante, elle traduit cependant la volonté des autorités indiennes d'introduire un véritable changement structurel pour l'industrie de défense nationale avec la fin annoncée du monopole des entreprises étatiques dans la conception et la production des chars. Cette rupture déjà visible dans le projet Zorawar, co-développé par L&T et la Defence Research and Development Organisation (DRDO) sera désormais totale, les entreprises privées prenant en charge toutes les étapes du cycle de vie des engins blindés produits. La lenteur de développement de projets tels que le char Arjun (sélectionné au début des années 1980) illustre à elle seule le besoin exprimé par les autorités indiennes de fabriquer plus rapidement, autrement et pour cela de faire appel pour cela au secteur privé. Les entreprises privées pourraient ne fabriquer que certains sous-ensembles ou composants d'un char en privilégiant l'utilisation d'un minimum de 60% de pièces d'origine indienne, obligeant les firmes concernées à se tourner vers des fournisseurs locaux. 

Ce changement structurel peut également favoriser l'exportation des matériels indiens, dont l'adoption rapide par l'armée indienne peut se révéler un argument important, tout comme la capacité de production et de soutien, face à des concurrents établis dans le "Sud mondial" comme la Russie, la Turquie, la Chine ou la Corée du Sud. Larsen & Toubro n'est donc plus la seule entité sur le marché de fourniture des 300 chars légers à l'armée indienne en dépit de son avance sur ce projet. Ce schéma devrait être étendu à d'autres domaines et ainsi "briser" des monopoles établis de longue date, mais aussi favoriser les fournisseurs locaux, les deux projets sélectionnés devant être dotés d'une tourelle nationale alors que le Zorawar est équipé d'une version dérivée de la 3105 de John Cockerill Defense. Cette évolution qui s'inscrit dans le projet Armoured Fighting Vehicles Indian Light Tank (AFV ILT) est également un pas de plus sur le chemin du "make in India blindé" qui pourrait permettre d'ouvrir le programme Advanced Armoured Platform (AAP) à de nouvelles entreprises.

Commentaires

  1. [Hors sujet, mais pas que].

    Il y a un article et les commentaires qui vont avec, ici: https://www.opex360.com/2026/09/15/face-aux-drones-la-composition-des-pelotons-de-chars-leclerc-va-evoluer/

    J'en tire cet extrait: "L’idée est «d’être aussi dispersé que possible», car «même si nous sommes repérés, même si la situation sur le champ de bataille est transparente, notre insignifiance fait que, finalement, l’effort n’en vaut pas la peine, parce qu'il s’agit toujours de rentabilité. Cela pose un dilemme à l’ennemi»".

    Dans les commentaires, certains crient que ce raisonnement est une hérésie, en rappelant qu'en 1939-1945, la "Blitz Kriek" avait gagnée, car elle avait su impacter la répartition des chars français qui n'était relativement parlant aux premiers, qu'un ventre mou (ce qui a été constaté: la ligne des chars français a été en quelque sorte _transie_ de surprise effrayante et chaotique, car sans réellement pouvoir se re-coordonner plus bas\loin dans un ordre opposé re-cohérent (l'aspect "blizt": impacts fréquents et de grandes magnitudes, parce qu'avec du volume de chars préparés à faire ça, globalement)).

    C'était vrai hier. Mais c'est devenu invalidé\faux aujourd'hui (tout ou en partie), pour la raison suivante (je poste ici mon propre rappel conscientisé): en 39-45, il ne leur était guère\pas vraiment possible de manœuvrer _rapidement_, pour se re-concentrer contre une grosse impacte ennemie avérée. Donc, le cœur du problème est de savoir comment éclater les "briques" (comme pendant la drôle de guerre, dirais-je (j'illustre avec un exemple proche, mais je pense à ce qui se passe en Ukraine, évidemment)) et de savoir comment les recomposer, à univers de chars égaux en face.

    Et de dire, enfin, après cette re-contextualisation: cette connaissance permet de faire des fréquences de petites pertes (le "dilemme", à l'échelle de la dispersion de tous les véhicules commandés) et de gros gains, voire de faire une grosse perte "stop-loss" (un "gros doigt" potentiellement sacrificiel\sacrificatoire, nécessaire pour contrer l'impact maléfique d'une "blitz-krieg" repérée, décrite, partagée, conscientisée et donc traitée à sa réelle valeur destructrice; bon, là, j'émets un bémol contre moi-même: les colonnes de chars d'assaut ont été arrêtés par des colonnes de drones en Ukraine; mais dans un scénario où les drones adverses sont neutralisés, les antiques chars d'assaut reviennent\se réïfèrent advenir des capacités concluantes d'assaut brut) et de petits gains (selon que l'on soit dans un rôle de défense ou d'attaque). > Amho & s.o.

    Le "vrai" vrai potentiel de la valeur ajoutée aujourd'hui compte tenue de la collaboration poussée par rapport à hier (SCORPION et l'info-valorisation du terrain), c'est la maîtrise de la manœuvrabilité de dispersion puis de ma recomposition des briques, "ceretis paribus" quant au reste matériel et logiciel (stratégies\tactiques). > Amho & s.o.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il fallait lire "... puis de _la_ recomposition des briques …" (n'ayant aucun parc de chars garés dans mon garage (et ça n'est pas prévu)) > Amho & s.o. & ^^

      Supprimer
  2. Là on est vraiment dans le char léger ( 25 tonnes.), et dans l'équipement de niche (295, contre prés de 4000 chars principaux, 1400 T90 et Arjun et 2400 T72 ; les deux prévus pour être remplacés par un char lourd moderne de nouvelle génération de 55 à 60 tonnes à partir de 2030. programmes du Futur Main Battle Tank (FMBT), du Futur Ready Combat Vehicle (FRCV), et du Futur Infantry Combat Vehicle (FICV) (Destiné à remplacer plus de 3000 BMP2 également et divers autres véhicules. Ca s'apprête à bouger aussi drôlement là bas !)

    Pas sûr que ce soit en offrant tout ça au privé que cela aille plus vite, et que ce soit moins cher, au final...
    Surtout pour des équipements de valeur aussi stratégique que ceux de défense nationale ? !
    C'est d'une DGA, Délégation Générale pour l'Armement, ancienne formule ancienne mission, autrefois précisément faite pour cela, dont ils auraient besoin, eux aussi (Pour coordonner et diriger tout cela ; et pas en lâchant la bride à des chevaux de course devenus un peu fous et trop indépendants...). Mais c'est pas encore tout à fait revenu dans l'air du temps...

    (Même pour les pièces d'origine indienne, il y a des moyens de contournement pour ce genre de chose, même pour les indiens (Moins cher que fabriqué en Inde ! Attention aux explosions de canon de char il ne faudra pas trop venir faire les étonnés après.)

    Pas sûr que ce soit en choisissant de tourner le dos à ce qui à fait le succès des autres pays, des industries nationales soutenues par la puissance publique étatique, que les indiens y arrivent mieux que les russes, chinois, turcs, et même coréens du sud (Et même que les américains, mine de rien... Mais chut...).
    Sans aide et préférence de l'Etat ils n'auraient sans doute pas développer autant leurs base industrielle de défense nationale, et de manière aussi autonome... En matière d'équipements militaires encore une fois et à commencer par leur propre armée, pourquoi on développe des équipements militaires nationaux... (Et l'ensemble de leurs propres industries de manière plus générale. Toujours tenir les rênes des chevaux, sinon on va au devant de déboires certains.)

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire