A l'heure ou de nombreuses interrogations se font jour au sujet de la future capacité intermédiaire française et du choix de son châssis, d'autres pays réalisent à bas bruit ce que certains pensent impossible en France. Le 25 avril, l'Inde a présenté dans le cadre du programme AAP (Advanced Armoured Platform) deux plates-formes blindées, l'une à roues et l'autre chenillée développées par des entreprises indiennes dans le cadre du "Make in India." Le secrétaire d'état à la Défense et le président de la DRDO (Defence Research & Development Organisation ) ont présidé la cérémonie qui s'est tenue sur le site du laboratoire de la DRDO à Ahilyanagar, dans l'état de Maharashtra. Les deux engins dévoilés sont équipés d'une tourelle téléopérée développée par Tata Advanced Industries, armée d'un canon de 30mm 2A42 d'origine russe et deux missiles antichars qui pourraient être des missiles NAG développés par la DRDO. Cette tourelle qui avait été dévoilée en octobre dernier par le VRDE (Vehicle Research and Development Establishment) pourrait être équipée de viseurs PASEO de Safran, une information qui n'a pas été confirmée, dont la probabilité reste cependant élevée en raison de la présence du groupe français en Inde. La mobilité de ces deux engins serait confiée à un GMP (Groupe Moto Propulseur) associant un moteur et une transmission automatique de fabrications locale. Côté survivabilité, la DRDO annonce un niveau de protection Stanag 4 ou 5 intégrant des éléments modulaires. Les deux engins sont dotés de la capacité amphibie comme en témoignent les hydrojets présents à l'arrière du châssis. La déclinaison chenillée de cette plateforme, le Vikram devrait remplacer les BMP-2 actuellement utilisés par l'armée indienne.
La présentation de ces deux engins pourrait mettre un terme au long débat concernant l'acquisition d'un véhicule 8x8 et réduire à néant les espoirs de GDLS de fournir plusieurs exemplaires de son Stryker, dont les essais menés l'année dernière avaient été particulièrement compliqués. Ces deux plateformes qui devraient opérer aux côtés du Zorawar en cours d'adoption par l'armée indienne, devraient également servir de base au futur FICV (Future Infantry Combat Vehicle) également à l'AFV-LT (Armored Fighting Vehicle- Light Tank) et au FRCV (Future Ready Combat Vehicle) Ranjeet. Une initiative indienne qui pourrait déboucher sur une commande de plus de 2000 engins issus de ces deux châssis. Une initiative dont la suite devrait être suivie avec attention, au regard des difficultés rencontrées par les précédentes tentatives de New Delhi dans le domaine des blindés, illustrées par l'Arjun MkII. Si cette démarche devait aller à son terme, l'Inde disposerait d'un châssis partagé par la majorité de ses engins blindés, un argument intéressant pour les forces armées indiennes mais aussi susceptible de rencontrer un certain succès sur les marchés export.



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