Arminius, dont le nom complet était en latin Caius Julius Arminius, connu en Allemagne sous le nom de Hermann des Cherusker est resté dans l'histoire comme le vainqueur de la bataille de Teutobourg en l'an 9 de notre ére, défaite cinglante de l'armée romaine au cours de laquelle trois légions de Rome furent anéanties. En dépit de cette victoire, Arminius avait quelque peu disparu des mémoires depuis sa mort en 21 après J-C, jusqu'à cet été 2026, soit un peu plus de 2000 ans après. Arminius est en effet le nom donné au projet d'acquisition de Boxer pour la Bundeswehr, d'une valeur de 25 milliards d'euros pour la première étape qui pourrait être notifiée en décembre prochain. Ce projet est certainement un des plans les plus ambitieux de politique de réarmement de la Bundeswehr, par son montant potentiel, sa durée et le nombre de véhicules potentiellement concernés.
C'est au cours d'un échange avec des analystes financiers qu'Armin(ius) Papperger a indiqué que la première partie du contrat Arminius devrait représenter un montant de 25 milliards d'euros. Le PDG de Rheinmetall a également précisé que la part de sa firme dans ce futur contrat devrait être de 12,4 milliards d’euros, Rheinmetall s'étant accordé avec KNDS Deutschland pour un partage équitable des revenus de ce contrat. Toujours selon le PDG de Rheinmetall, ce contrat pour lequel les derniers entretiens avec les responsables de la Bundeswehr devraient avoir lieu en septembre prochain avant son examen par le Parlement pourrait être finalisé en décembre prochain. Ce premier accord pourrait être suivi d'un projet prenant la forme d'un contrat-cadre beaucoup plus ambitieux et plus lucratif.
Ce contrat-cadre qui pourrait être signé après l'accord ferme de 25 milliards d'euros pourrait contenir deux options. La première prévoirait la livraison de Boxer supplémentaires dès 2030, représentant 14 milliards d'euros pour la firme de Düsseldorf, la seconde prévoyant une livraison de Boxer supplémentaires en 2035, les deux options représentant une valeur totale de 26 milliards d'euros (pour Rheinmetall). Selon Armin Papperger, le montant total des contrats évoqués (fixe et cadre) pourrait donc dépasser la somme de 75 milliards d'euros, le PDG de Rheinmetall restant toutefois prudent sur l'acceptation par la Bundeswehr de ce qui reste aujourd'hui une proposition des industriels concernés.
En termes quantitatifs, le premier contrat fixe permettrait à la Bundeswehr de recevoir 1800 Boxer, la première option porterait le nombre d'engins achetés à 3500 tandis que la confirmation de la seconde porterait ce chiffre à 5500 engins. Sur le plan qualitatif, les Boxer acquis par le biais de ces accords seraient en majorité des Chacal et des Skyranger 30.
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| Boxer Chacal |
Le concept de modules développé pour le Boxer devrait permettre à la Bundeswehr de se doter de plusieurs versions du 8x8 parmi lesquelles une version destinée aux JFST (Joint Fire Support Teams), un engin poseur de pont, des obusiers RCH 155 supplémentaires qui s'ajouteraient aux 84 déjà commandés ainsi que plusieurs exemplaires destinés à recevoir les composants du futur système de défense sol-air à courte et très courte portée NNbS (programme décalé d'un an) combinant des missiles Iris-T SLS, et les canons de 30mm des tourelles Skyranger. 
Boxer SHORAD
Des informations font également état d'un possible achat dans le cadre du contrat Arminius de Boxer "canons" et de versions plus lourdement armées. A tous ces contrats, s'ajoute inévitablement un contrat de service/soutien d'une valeur estimée à quatre milliards d'euros et qui devrait être signé en janvier prochain.
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| Boxer JFST |
Ce n'est certainement pas le fruit du hasard si les informations sur ce méga contrat ont été communiquées par Armin Papperger devant un auditoire d'analystes financiers. Les deux principaux acteurs industriels de ce contrat ont en effet grand besoin de convaincre et de rassurer les investisseurs sur leur avenir. Que ce soit KNDS dont l'IPO a été reportée sine die pour de multiples raisons et qui doit affronter des rumeurs de prise de contrôle total par les deux gouvernements, ou Rheinmetall chahuté par l'annulation du contrat des frégates F-126 et que l'on disait mal servi dans le futur budget de défense allemand, les deux entreprises se doivent de rassurer et pour cela quoi de mieux qu'un méga contrat et ses retombées financières.
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| Les priorités d'achat de la Bundeswehr |
Les contrats annoncés concrétisent les priorités d'achat annoncées par la Bundeswehr pour l'équipement de ses forces médianes. Disposant d'un armement lourd et de moyens adaptés, ces dernières doivent pouvoir mener un combat plus complet que celui des forces d'intervention et être capables d'attendre l'engagement des forces blindée mécanisées lourdes (Puma, Leopard,....) On notera enfin que ce contrat consacre la modularité du 8x8 d'Artec, qualité qui va permettre à la Bundeswehr de disposer pour ses brigades médianes d'un châssis unique pour tous les engins de ces unités.
La seule ombre au tableau à ce projet reste toutefois la capacité de la Bundeswehr à recruter et fidéliser les équipages de tous ces futurs engins et plus généralement à atteindre la cible de 265000 soldats et 200000 réservistes en 2035. Les prévisions de l'administration allemande pour la fin de la décennie actuelle et le début de la prochaine font apparaître des chiffres très en deçà des besoins de l'armée allemande. Les efforts de réarmement s'accompagnent de dispositions financières destinées à améliorer les conditions de vie du personnel, qui devrait également bénéficier des améliorations apportées aux infrastructures. Devenir l'armée la plus puissante d'Europe comme le souhaite Berlin dans sa doctrine 2039 n'est pas qu'une question de matériel, mais aussi et surtout de soldats dont le nombre et la qualité constituent la force essentielle d'une armée.





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