Après de longues années (le programme a débuté au début des années 2000) de turbulences et de péripéties (financières), l'Altay devrait enfin rejoindre les rangs de l'armée turque. Le président de industries de défense turques a annoncé la livraison en 2025, des trois premiers chars au standard T1, qui devraient être suivis de 11 engins en 2026, puis de 41 en 2027, 30 en 2028 soit un total de 85 chars au standard initial. Les 165 chars attendus les années suivantes seront au standard T2, qui se distingue du précédent par une survivabilité améliorée, des capacités de tir améliorées et surtout le remplacement du moteur DV27K et de la transmission EST15K sud-coréens par le groupe motopropulseur local, le BATU.
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Le char ALTAY |
Le futur standard T3, sur lequel peu d'informations ont filtré, pourrait recevoir une tourelle téléopérée. Le lancement de cette production devrait permettre à l'industrie turque de proposer l'Altay sur les marchés export sur lesquels son prix, l'agressivité commerciale et le positionnement politique d'Ankara pourraient constituer de sérieux arguments de vente. L'optimisme de BMC a cependant été quelque peu atténué hier par le choix de l'armée turque pour son prochain véhicule de combat à roues.
La compétition qui opposait depuis plusieurs mois l'ARMA d'Otokar, le PARS Alpha de FNSS et l'ALTUG de BMC a rendu son verdict en faveur de l'engin présenté par FNSS. La version 6x6 devrait donner naissance à un véhicule de commandement, tandis que la version 8x8 devrait être déclinée en version transport et dépannage. Les 25 premiers engins commandés devraient permettre le lancement de la production en série du PARS en vue de répondre aux besoins de l'armée turque estimés à 2000 engins déclinés en plusieurs versions, dont les commandes sont d'ores et déjà attendues par FNSS.
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Le PARS ALPHA de FNSS (Photo FNSS) |
L'échec de l'ALTUG dans la compétition turque reste compréhensible, dévoilé en 2021 le blindé de BMC ne semblait pourtant disposer que de peu d'arguments, à l'exception des liens existant entre la firme turque et le pouvoir en place. Ce dernier pourrait expliquer le partage du marché entre les deux fabricants. Le soutien d'Ankara à BMC pourrait permettre à l'Altug, d'être proposé, comme l'Altay à de potentiels clients étrangers politiquement proches de la Turquie, propositions qui contribueraient à renforcer les positions de l'industrie de défense turque dont les productions couvrent la quasi totalité du spectre des engins de combat terrestre.
MISE A JOUR : Un lecteur attentif l'a signalé en commentaire dès la publication du post, l'armée turque n'a effectivement pas limité son choix au seul PARS mais a également commandé 29 exemplaires de l'Altug. Le VCI de BMC devrait être équipé de la tourelle Kohran armée d'un canon de 35mm. Cette tourelle pourrait être commune aux deux engins choisis. Merci à ce lecteur attentif pour son commentaire, un vrai travail d'équipage !
L’Altug a été commandé comme le Pars.
RépondreSupprimerDécidemment (Après les iraniens, les turcs !! Cela s'arme et se réarme partout. Ou presque.), comme quoi il est parfaitement possible de construire des chars même en partant d'absolument rien.
RépondreSupprimerEncore faut-il y croire et que certains le veuillent surtout (Peut être même que aucun autre adversaire dans l'histoire n'aura jamais fait au tant de mal à l'équipement et aux capacités effondrées, de notre armée de terre que cette menace permanente interne ! ? !! Comme quoi il faut vraiment se méfier des idéologies, quelles qu'elles soient !!).
Ils se payent même le luxe d'avoir deux producteurs nationaux en compétition (Quand d'autres en Europe ne rêvent de n'en avoir plus qu'un...). ...Et "les deux", chenilles et roues...
Finalement pas du tout la même mentalité, des compétiteurs, qui en veulent, d'un coté, et des frileux, anesthésiés, qui finissent même par avoir peur de leur ombre, de l'autre.
Beau dynamisme turc en tous cas, après celui des sud coréens, et de tous les autres en cours...