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lundi 7 juin 2021

TROIS ENGINS POUR UNE MEME MISSION.

L'actualité blindée de ces derniers jours a mis en lumière trois engins développés par des pays différents pour remplir une même mission, la reconnaissance. Répondant à des philosophies et des besoins différents, ces trois engins devraient connaitre dans les mois qui viennent des destinées très différentes. Le premier est aujourd'hui au cœur d'une tourmente technico-financière, le second est en cours d'introduction dans une armée étrangère sans être en service dans celle de son pays d'origine et le dernier devrait être livré dans les mois qui viennent à l'armée de terre. Un rapide coup d'oeil sur l'Ajax, le Boxer CRV et le Jaguar, tous trois dédiés à la reconnaissance, permet de distinguer des similitudes et des différences que blablachars a tenté de résumer.

Trois pays vont donc mettre en service dans les prochains mois les premiers exemplaires d'engins ultra modernes dédiés à la conduite de missions de reconnaissance. Le Boxer Combat Reconnaissance Vehicle (CRV) en Australie, l'Ajax au Royaume Uni et enfin le Jaguar en France. Ces trois engins de conception différente présentent néanmoins des caractéristiques communes : 
Les dimensions affichées par ces engins représentent un premier point commun, le Jaguar étant le plus léger des trois avec un poids avoisinant les 25 tonnes, alors que ses deux homologues tutoient les 35 tonnes. Les trois engins mesurent tous plus de 7 mètres et culminent à des hauteurs comprises entre 2,80m pour le Jaguar et 3 mètres pour l'Ajax, tandis que le Boxer CRV culmine à 3,24m. Ces dimensions démontrent que la furtivité et la légèreté ne semblent plus être les qualités indispensables pour des véhicules dédiés à la reconnaissance. Le gabarit poids lourd des engins modernes, déjà évoqué par Blablachars, nécessite de pallier à leur  manque de discrétion par d'autres avantages comme la protection et la puissance de feu. Dans ces domaines, les trois engins ont tous recours à des armements puissants de moyen calibre, 30 et 40mm montés sur des tourelles modernes, capables de tirer le meilleur parti de ces canons. Les calibres retenus confirment la tendance observée ces dernières années, faisant du 30mm le calibre minimum pour l'armement des engins de combat. Ce calibre semble en effet allier des capacités en augmentation avec le développement de nouvelles munitions à des possibilités d'emport satisfaisantes. Ainsi la tourelle Lance 2.0 du Boxer CRV peut embarquer 200 coups prêts au tir, quand la tourelle du Jaguar n'emporte que 65 coups de 40mm CTA prêts au tir et 115 stockés. Les conduites de tir et les optiques installées sur les engins permettent d'acquérir et de traiter les objectifs de façon très performante grâce aux systèmes de vision jour/nuit, au suivi automatique des cibles et à l'utilisation du mode hunter-killer. En outre la stabilisation des tourelles et de l'armement ainsi que l'emploi d'une motorisation électrique permettent de réaliser des tirs dans toutes les configurations. Destinés à des missions de reconnaissance, ces trois engins sont évidemment équipés de tourelle habitées, permettant d'offrir une vision directe du terrain à l'équipage. Cette notion de vision directe, reste au cœur de ce type de mission, dont la réussite implique repose sur la maitrise de l’environnement direct de l'engin par l'équipage. Cette présence humaine à bord de la tourelle impose évidemment une protection adéquate ainsi qu'une adaptation du châssis à un tel équipement, caractérisé par la présence d'un panier de tourelle. Sur les trois engins cette protection st essentiellement développée contre les menaces de type IED avec l'utilisation de blindages spécifiques. Face aux menaces blindées, ces engins utilisent des solutions techniques comme les détecteurs d'alerte laser, de départ de coup et de tir missile. Un seul de ces engins est équipé d'un système de protection active, le Boxer CRV qui intègre le système Iron Fist développé par Elbit Systems. Ces solutions illustrent la modernité de conception de ces engins, entièrement centrée sur leur mission se traduisant par un design unique et des composants quasiment créés pour eux comme le canon CTA de 40mm qui équipe le Jaguar français et l'Ajax britannique. Ces trois engins ont en commun d'être équipés de nombreuses optiques et senseurs répartis sur l'ensemble de la tourelle et plus particulièrement sur la partie supérieure de celle-ci. Si le Boxer reste assez modeste dans ce domaine, le Jaguar et surtout l'Ajax comptent tous deux de nombreuses optiques dont la vulnérabilité aux tirs d'armes légères peut interroger. La disposition de ces nombreux équipements sur le toit de tourelle peut également soulever quelques interrogations sur la résistance de cette zone face aux menaces représentées par les missiles top attack ou les munitions rôdeuses. L'implantation d'un système télescopique comme le viseur COAPS (Commander Open Architecture Panoramic Sight) aurait certainement contribué à réduire cette vulnérabilité grâce au regroupement de plusieurs équipements sur un mat pouvant s'élever jusqu'à une hauteur maximum de 500mm et implanté sur l'arrière de la tourelle. 


 
Au rayon des différences, la plus notable réside dans le choix de la solution de mobilité, avec deux engins à roues et un engin chenillé. Ce choix pour l'Ajax répond à une exigence doctrinale britannique qui précise que la collecte du renseignement doit pouvoir être réalisée par tous les temps et donc sur tous les terrains. Ce souhait de s'affranchir des terrains et des conditions climatiques  les plus difficiles a motivé le choix britannique d'un véhicule chenillé, destiné à remplacer des engins de la même catégorie, Spartan et Scimitar. Les deux autres engins à roues sont destinés à opérer dans des environnements plus "soft" avec de bonnes capacités mais certainement plus limitées sur des terrains difficiles. Face à une éventuelle dégradation des conditions de mobilité, les Boxer CRV de l'armée australienne pourront être épaulés par les futurs VCI chenillés, objets de la Phase 3 du programme Land 400 et qui devraient être dotés de capacités similaires à celles des engins de reconnaissance. Du côté français, il est inutile de souligner que le Jaguar ne pourra compter sur aucun véhicule chenillé moderne, autre que le Leclerc en cas d'engagement sur un terrain peu favorable. Blablachars a souligné à de nombreuses reprise la singularité du choix français, dicté par des considérations stratégiques privilégiant la mobilité stratégique (projection) aux dépends de la mobilité tactique  et d'un possible engagement sur des terrains très difficiles. Dans le domaine de l'armement, c'est l'armée britannique qui se singularise avec une tourelle dotée d'un armement unique, à la différence du Jaguar et du Boxer CRV qui ont choisi de mixer canon et missile. Les Britanniques ont choisi de développer une version spécifique de l'Ajax, dénommée Ajax Overwatch et armée de missiles Brimstone. Sur le Boxer et le Jaguar, le missile antichar est tiré sur les deux engins depuis un lanceur rétractable situé sur la tourelle. Cette combinaison permet d'augmenter les distances d'engagement et l'efficacité de l'armement de bord et de réduire la vulnérabilité de l'engin aux effets des armes adverses. Le Boxer CRV est armé du missile israélien Spike LR2 d'une portée de 5500m tandis que le Jaguar embarque le missile MMP développé par MBDA, capable d'atteindre une cible à 5000m. 
 
Ces trois engins se distinguent également au niveau de leur capacité d'emport avec d'eux d'entre eux dotés d'un compartiment arrière. Grâce au positionnement de leur GMP (Groupe Moto Propulseur) à l'avant du véhicule, synonyme d'une protection accrue, l'Ajax et le Boxer peuvent accueillir à leur bord 4 combattants pour le blindé britannique et 6 pour l'engin allemand. Cette capacité est particulièrement intéressante car elle peut permettre la mise en œuvre de systèmes téléopérés terrestres pour des missions spécifiques (NRBC), dans des environnements complexes (zone urbanisée) ou en présence de menaces avérées. 
 

Le Jaguar français reprend l'architecture classique des engins blindés avec l'installation du GMP à l'arrière du véhicule, condamnant l'existence du moindre espace libre pour embarquer du personnel et des équipements. Enfin ces engins se distinguent par leur appartenance à une famille de véhicules, avec dans ce domaine une singularité française. Si comme nous l'avons mentionné plus haut, les trois véhicules sont le fruit d'une conception spécifique, l'Ajax et le Boxer appartiennent à une famille d'engins utilisant un châssis commun et de nombreux équipements. Pour obtenir ce résultat, le Boxer utilise des modules différents pouvant être montés sur le châssis, cette modularité repose sur un concept dont nous avons déjà évoqué les limites en termes de mobilité stratégique. Pour l'Ajax, le châssis adopté, celui de l'Ascod développé par GDELS (General Dynamics European Land Systems) constitue la base des six déclinaisons de l'engin prévues pour équiper l'armée britannique. En dépit d'un certain nombre de composants partagés avec le Griffon, le Jaguar est un engin unique comme l'étaient les véhicules qu'il doit remplacer, à l'exception du VAB Mephisto décliné à partir du VAB. Comme pour le VBCI et le Leclerc, c'est le choix d'un engin unique qui a été fait au détriment de celui d'une plateforme,  qui aurait pu être utilisée avec des équipements variés, source d'économies pour l'armée de terre et d'exportations potentielles pour les industriels. 

 

Le développement de ces trois engins est le dernier point qui les différencie, avec le Jaguar et l'Ajax en développement, et le Boxer en service dans plusieurs armées et déclinées en plusieurs versions. Les deux engins en développement de part et d'autre du Channel connaissent des fortunes diverses. Le développement de l'Ajax ressemble de plus en plus à un parcours d'obstacles dont la dernière étape  a été la non acceptation par l'armée britannique des premiers exemplaires de l'engin. Le cout du programme est également au cœur d'une polémique, alors que le mois de juin aurait permettre de prononcer son IOC (Initial Operational Capability). Le choix du châssis ASCOD dans le cadre du programme FRES reste surprenant alors que l'industrie britannique possédait avec le CV90 une des bases les plus performantes du moment. De côté de la Manche, le parcours du Jaguar est heureusement plus paisible avec le franchissement de nombreuses étapes comme le premier tir MMP depuis l'engin. On attend avec impatience les premiers tirs du canon de 40mm CTA, pour connaitre réellement les capacités de cette arme, vérifier la pertinence de son choix pour équiper uniquement le Jaguar.

27 commentaires:

  1. L'Ajax n'embarque pas de passagers ;)
    C'est son cousin l'Ares qui a cette capacité.

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    1. https://www.forces.net/services/army/all-gen-ajax-military-vehicle

      "Made for a crew of three, it is 3.5m wide, 2.7m tall and is designed to reach a top speed of 70kph."

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    2. Petite confusion de ma part, car e croyais avoir lu un papier sur l'existence d'un espace ds le compartiment arrière pour 4 soldats.

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    3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    4. l'équipage du AJAX est de 3 hommes, mais l'architecture du véhicule est la même que celle du ARES (ex PMRS) qui dispose d'un compartiment arrière pouvant accueillir 6 fantassins...l'AJAX dispose donc vraisemblablement d'un espace arrère disponible...en cas de besoin.

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    5. L'ARES a été revu à la baisse et ne peux plus emporter que 4 pax:
      https://web.archive.org/web/20161011034333/http://www.generaldynamics.uk.com/AJAX/imggallery/Newsletters/GDUK2962%20-%20AJAX%20Super%20Photo%20diary.pdf

      De plus, vu que la tourelle de General Dynamics a été placé plutôt vers l'arrière (à l'emplacement des sièges de deux soldats sur l'ARES), l'espace va vite manquer dans le compartiment arrière. Après dans les cas d'extrême urgence, on peut sans doute faire de la place pour quelques hommes comme l'avait fait les Israéliens avec le Merkava et la soute à munition.

      D'ailleurs, dans l'article, il est fait mention du Ajax Overwatch qui est, dans les faits, un véhicule conçu par General Dynamics sur fond propre, mais qui n'a jamais été commandé par la British Army.

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  2. Le cout du Jaguar, dû au choix de développer un engin unique, pour seulement 250 ou 300 exemplaires, va en faire un engin le plus cher au monde pour ce type de mission.
    Avec la R&D rapportée, l'électronique, et son seul lanceur MMP (un millions trois cent mille euros à lui seul avec une dotation de seulement quatre missiles.), sans doute pas loin des 10 millions d'euros, autant qu'un char lourd moderne !
    Pour un engin très peu blindé. C'est même le moins protégé des trois : le Boxer l'étant un peu plus, et l'Ajax, beaucoup, plus.
    Un engin qui va donc se retrouver bien seul pour cette mission spécifique, ce qui est loin d'être anodin.

    D'ailleurs dans ces différents choix, on peut également dire que le Boxer CRV est plus une simple adaptation- déclinaison (dans la lignée des "Luch" et autres Sd.Kfz. 231-234), en effet d'une même famille d'engin blindée.

    L'Ajax, un engin plus spécifiquement conçu pour la reconnaissance offensive (ceci malgré un faible armement cependant) ; au vu notamment de son niveau de protection, renforcée par la position du moteur à l'avant, dans la grande tendance mondiale actuelle. En effet encore et désormais où cette donnée de protection devient essentielle et même prioritaire pour toutes les grandes armées modernes.

    D'ailleurs on pourrait également faire un distinguo entre les véhicules plus destinés réellement à la reconnaissance à proprement militairement dit, qui implique l'engagement des forces adverses pour les évaluer, donc des engins à forte mobilité tactique nécessairement, et fortement armés, à ceux plus destinés à l'éclairage, au renseignement du dispositif ennemi, sans nécessairement l'engager, ou encore à la patrouille, ces derniers privilégiant plus la mobilité opérationnelle (à ne pas confondre avec la mobilité stratégique : projection, déploiement, mise en place, qui nécessite surtout des moyens de transports, stratégiques (maritimes, ferroviaires, aériens) conséquents.) (et là aussi, encore une fois, il faut les deux !!).

    Le "Jaguar", véhicule unique est plus lui "l'évolution" d'une automitrailleuse, dans le plus pur style des "Sagaie", des "AML", "EBR", bien que tous beaucoup plus armés, ou encore plus de l'excellente, pour son époque "AMD35 Panhard" (très bien blindée pour son époque.).
    Le CRAB, deux-trois fois plus léger, et compact, aurait été un bien meilleur choix dans ce rôle, à tous points de vue.

    Bref des choix qui sont en effet la continuation des traditions militaires de ces trois différents pays (cela fait penser à l'Europe de la défense et à ses équipements communs, qui ne marcheront jamais !!!) ?
    Bien que dans un cas on soit plus dans une tentative d'adaptation à l'avenir, et au déjà présent, et dans les autres, dans la continuation de conceptions issues de la guerre froide, si ce n'est de la seconde guerre mondiale.

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  3. Une réponse pour la reco et pour tous les autres: cv90.
    Une architecture qui a fait ses preuves et qui ne cesse de s'améliorer depuis 93 grace à la prise en compte du RETEX des utilisateurs...
    Mais qu'attendent les autres pour s'en inspirer... Incompréhensible...

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    1. Ou plutôt ça (la suite du CV90) :
      https://conworld.fandom.com/wiki/SEP
      https://www.thinkdefence.co.uk/sep-modular/
      https://www.diva-portal.org/smash/get/diva2:1031583/FULLTEXT01.pdf

      Motorisation hybride, facteur d'énorme gain de place, et donc de poids, et d'avantages tactiques et opérationnels, très conséquents, plus chenilles souples :
      Bref l'avenir en matière de véhicules de combat blindés !

      En matière de réelles innovations et quitte à racheter une licence, pour re-fabriquer en France, autant même reprendre un peu d'avance.
      Ajoutons qu'à l'époque les suédois cherchaient des associés, c'est pour cela que le projet a été suspendu, malgré son avancement et plusieurs prototypes produits.

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    2. 10 millions?????

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  4. La pertinence des choix opérés ne peut se mesurer qu’à l’aune de d’emploi et des conditions d’emploi prévus pour ces véhicules dits de reconnaissance.
    Ce ne sont pas les mêmes pour la GB, l’Australie ou la France, dont les politiques de défense, les politiques étrangères et les théâtres d’opération diffèrent.
    Par exemple, Les Boxer australiens son destinés prioritairement à un emploi sur le sol australien, dans le cadre de la défense du territoire. Le bush australien s’accommode davantage des véhicules à roues que des véhicules chenillés.
    Les véhicules AJAX sont destinés prioritairement à une utilisation sur le sol européen dans le cadre d’une force internationale.
    L’utilisation du JAGAUR est plus nébuleuse. Elle pose une double problématique :
    - Celle de la définition donnée à la notion de reconnaissance ;
    - Celle de l’écart entre l’emploi prévu et l’emploi réel. Accompagnement des chars lourds ? utilisation expéditionnaire comme char léger (utilisation la plus courante) ? véhicule de reconnaissance ?
    Le JAGUAR ne coche aucune des cases, et semble résulter d’un compromis dicté par le dogme du véhicule polyvalent moins couteux que l’alignement de véhicules spécialisés.
    Un autre sujet est le volume des munitions emportées par le Jaguar, qui semble avoir été négligé, sous réserve d’une confirmation des informations de Blablachars. Les conflits récents ont portant montré l’importance de la consommation instantanée des munitions, les récentes manœuvres de l’AT en Estonie l’ont confirmé. Voir le reportage de « lignes de défense’ sur le sujet.
    Enfin je voudrais clore mon long propos par une interrogation. Je ne comprends toujours pas pourquoi au lieu de développer un véhicule nouveau de 24/25 T , l’AT ne s’est pas équipée d’un version Reco/combat du VBCI 2 avec une tourelle de 40 CTA, de 32 T, véhicule éprouvé et aux qualités reconnues, qui présente l’avantage considérable de disposer d’un espace disponible important, qui aurait pu notamment accueillir une équipe drone, ou selon les circonstances, une équipe écoute/ guerre électronique, ou encore des réservoirs supplémentaires, voire une équipe de combattants débarqués. Le cout aurait été moindre, la polyvalence accrue.

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    1. La Jaguar pourtant dédié n'emporte en effet que 180 munitions de 40 mm télescopée, alors que par exemple, le CV90-40 en emporte 120, tout en étant essentiellement un VCI emportant également et surtout huit combattants débarqués : encore une fois chercher l'erreur !!! D'autant que le principal avantage du 40 mm CTA est d'être, soi-disant, moins encombrant (un VCI avec un canon de 30 mm emportant plus de 300, et un canon de 25 mm plus de 500 munitions en équivalence à encombrement égal.).
      Par ailleurs, le CV90 dans ses actuelles versions est protéger contre du 30 mm, le Jaguar ne l'est même pas contre du 25 mm. Là aussi on cherrera en vain une quelconque cohérence.

      "un compromis dicté par le dogme du véhicule polyvalent moins couteux que l’alignement de véhicules spécialisés." : Celui ci coutera deux ou trois fois plus que le même type de VCI, emportant le même armement, en plus de son groupe de combat embarqué.
      Là aussi et sans doute doute on va encore atteindre des records inégalés pour un véhicule de ce type.
      En fait ce véhicule est la concrétisation et l'aboutissement de nos pertes de nos savoir-faire traditionnelle en matière de blindés et la prise de pouvoir des constructeurs pas toujours forcément au fait des vrais besoins des opérationnelles sur le terrain (le syndrome du fameux mouton à cinq pattes.). Pertes commencées il y a vingt ans par celle de la perte de maitrise de la construction de blindés chenillés.


      Et pourtant, pour info et pour ceux qui ne connaissent pas encore, le “CRAB” par exemple, c'est ça (ou c'était ça !!) :
      http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jean-guisnel/panhard-propose-a-l-armee-de-terre-un-blinde-revolutionnaire-04-07-2011-1349196_53.php

      Mais ...
      “Pas assez cher” ...
      On a préférer faire un autobus mitrailleur à la place, et guère mieux blindé en plus (certains l'annonce comme atteignant le niveau III+), et vu sa taille, monstrueuse, avec une exposition, et donc une survivabilité globalement deux fois moindre ! ??? !!!
      Pour une armée "on n'a plus les moyens", même pour un véhicule léger qu'il faut évidemment soi-disant idéologique, s'en remettre à l'Europe", même pour cela.
      Et pendant ce temps nos industries et nos technologies de défense s'effritent, en les dispersant façon puzzle aux quatre coins de l'Europe, quand ce n'est pas aux quatre coins du monde.

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    2. D'un concept plus classique, avec une filiation évidente avec l'EBR, le Sphinx de Panhard était pas mal non plus (1,65 m de hauteur de caisse). C'était l'époque où Panhard tentait vainement de faire survivre la tradition de l'innovation française.

      https://www.armyrecognition.com/vehicules_et_blindes_a_roues_france_armee_army/sphinx_panhard_ebrc_engin_blinde_reconnaissance_combat_fiche_technique_specifications_description_fr.html

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    3. En effet également, le Sphinx, dans la catégorie supérieur (17 tonnes, blindage de niveau V (protégé contre le 25 mm et inférieur), et avec un canon un peu plus sérieux.) aurait été autre chose que notre autobus à impérial de Jaguar(voir croquis comparatif de votre lien : longueur 7,10 ; largeur 3 mètres ; hauteur (totale) 3,60 mm. 2,20 au niveau de la caisse, 2,80 au niveau du toit de la tourelle, contre respectivement 5,50 ; 3,00 ; 2,90-2,40-1,65 = égal une exposition augmentée de plus de moitié, et donc une survivaliste diminuée d'autant ! D'autant que...) sous blindé (25 tonnes, blindage de niveau III+), et sous armé également.

      On assiste en effet là, à la perte conséquente et très grave de nos savoir-faire traditionnels, et de longue date, en matière de blindés, même à roue.
      Panhard ayant été racheter, avaler, par un fabriquant de camions (ce n'est pas le Renault des AMX, malheureusement).
      Ce qui abouti à des absurdités comme la "Jaguar". Malheureusement, très malheureusement, non seulement pour nos armées, mais pour les dernières vraies industries qu'il nous reste encore.
      Ronin.

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    4. Et une motorisation (500 CV (pour la Jaguar : à peine 20 CV / tonne !?!!), contre 550 Cv (pour le Sphinx) !!!), et une mobilité (25 tonnes trois essieux versus 17 tonnes sur trois essieux également) beaucoup plus sérieuse, pour le Sphinx, évidemment.
      A tel point que cela laisse envisager une Jaguar plutôt très poussive (on l'annonce déjà, entre les lignes. Je dis ça je ne dis rien...), et peu mobile, pour le coup (et le coût : de l'ordre de 10 millions d'euros rappelons le encore ("on a plus les moyens" !!), contre 1 million !!!!?!). D'autant pourtant pour un engin dédié à la reconnaissance, enfin, normalement... ? !
      Ronin.

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    5. Bref,
      lourd, pataud, énorme ; peu blindé, peu armée ; peu mobile, lent (on l'annonce à 80 km/heure maximum en vitesse "de pointe", sur autoroute, et dans les descentes ? Et également avec une autonomie assez limitée, là encore un comble pour un engin de reconnaissance !) ; et surtout hors de prix (malgré tout ça !) (et avec un MCO en proportion, qui va avec, tout aussi surement.) :
      "Où va t-on comme cela" ???
      Où va l'armée de terre française ?
      Ronin.

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    6. Euh, c'est peut-être un effet loupe (sur un engin jamais produit qui plus est) mais le Jaguar n'est pas sous motorisé si on le compare à ces prédécesseurs mais aussi à ces concurrents:

      prédécesseur:
      AML90: 16,1 à 16,4 ch/t
      ERC90: 16,3 à 18,8 ch/t
      AMX10RC: 15,8 à 16,8 ch/t

      pour les concurrents:
      Boxer RCV: 19,6 à 20,9 ch/t
      AJAX: 19 ch/t

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    7. Certes, pour ces véhicules de reconnaissance anciens on était dans des normes inférieures, qui restent cependant celle des véhicules de combat actuels, environ 20 CV/tonne aujourd'hui.

      Mais en matière de nouveau véhicule de reconnaissance (je sais vous aller me donner des contre -exemple.) on tend aujourd'hui, pour ces véhicules de reconnaissance, sensés être plus mobiles, et plus rapides en particulier pour ceux à roue (ce qui reste un de leur principaux avantage ; avec l'autonomie (là aussi sensée être plus importante !!!)), sur une norme autours des 30 CV/tonne (c'est les tendances avec l'évolution technique actuelle.). D'où les 32 CV/tonne anticipées et prévues ... sur le "Sphinx" (encore une belle occasion ratée ceci dit de nous équiper d'un véhicule à priori bien fait, et bien penser, pour une fois : cela devient trop rare, pour ne pas le souligner. Mais malheureusement "pas assez cher".).).

      De même qu'une pression au sol (pour ne pas se retrouver embourbé au premier chemin détrempé par exemple.), et donc un poids restant maitrisé, sont des éléments indispensables et pris normalement, en compte pour tout véhicule de reconnaissance moderne actuel (là même le Sphinx est un peu à la limite, pour un strict véhicule de reconnaissance (idem pour l'armement principal), et d'éclairage.).

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    8. En fait, à vous relire, je pense que l'on a à faire trois catégories de véhicules militaires de combat différents.
      - Un véhicule qui aurait pu s'approcher de la catégorie des véhicules de "reconnaissance" et d'éclairage, proche d'un véhicule de recherche de renseignement, dit "ISTAR" aujourd'hui (en bon acronyme anglo-américain), du type Sphinx.
      Le Jaguar pour un véhicule de reconnaissance de cette catégorie est complètement sous armé (beaucoup le disent ou l'on déjà dit à de très nombreux reprise : pourquoi un si faible calibre ???!).
      Aujourd'hui, on est dans un armement de calibre minimum de 105 mm (comme le AMX10RC) ou même en 120 mm actualisé, par exemple sur le CentauroII.
      - Un véhicule de reconnaissance offensive, chenillé, fortement blindé (mais insuffisamment armé également), l'Ajax.
      - Et un véhicule, qui est plus une adaptation, un peu bâtarde qui plus est, à cette mission d'éclairage reconnaissance, le Boxer "CRV". Un "Boxer" sur lequel on a rajouter encore un tourelle avec un 30 mm essentiellement. Une tourelle qui le fait en effet culminé à plus de 3 mètres de haut (une des autres nécessités d'un engin de reconnaissance ou d'éclairage, étant sa discrétion et sa "compactivité". Certes ce n'est pas dans la culture allemande, mais quand même...).

      Ce qu'on pourrait résumé par trois catégorie différentes :
      - Les véhicules de reconnaissance éclairage léger (environ 15 tonnes, en dessous ce sont plus des véhicules purement d'éclairage-recherche de renseignement, d'où la nécessité d'un armement plus conséquent pour ceux dédiés en partie à la reconnaissance, militairement parlant.).
      - Les véhicules de reconnaissance "médians", sur roue, et généralement fortement armés (105-120 mm actuellement.).
      - Les véhicules de reconnaissance offensive, chenillés, fortement blindés, et armés.

      Bon après le truc, c'est d'essayer de caser le Jaguar, et le Boxer, dans une de ces catégories !!!? Bon courage !

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    9. Pour conclure,
      je dirais que le regretté Sphinx, un peu allégé, avec un blindage de niveau IV (le niveau V n'apportant qu'une protection supplémentaire que contre du 25 mm), et néanmoins mieux armé (avec un canon de 60, 75, ou même 90 mm, efficace contre les VCI lourds de nouvelle génération, et les chars moyens, d'anciennes générations.) aurait été un parfait véhicule de reconnaissance légère pour nos armées.
      De même, un VBCI, certes qu'il faudrait entièrement reconstruire (là aussi cette manie, complètement dépassée, et très, très, très couteuse par ailleurs, de faire des véhicules à usage unique !!!) pour pouvoir lui adapter des armements tel qu'un 120 mm (entre-autres, mortier, antiaérien, artillerie, génie, logistique, etcetera...), à l'instar de ce qu'on fait les italiens avec le Centauro-Freccia, pour la deuxième catégorie.
      Par contre pour la troisième catégorie, de véhicule de reconnaissance offensive lourde, il faudra attendre que les poules ont des dents, dans l'état actuel des choses et de certains esprits, malheureusement ...

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    10. Pour la puissance moteur, je ne sais pas d'où vous sortez des chiffres car mis à part chercher dans les véhicules qui sont soit soit des maquettes, soit des slides sur des powerpoint, je n'en trouve pas.

      Sinon, je ne sais pas ce que vous avez le Sphynx mais c'est un véhicule qui n'a pas dépassé la phase de la maquette et de l'illustration numérique. Sachant que quand le programme a été abandonné en 2015, le moteur n'avait pas été choisi, le véhicule aurait sans doute connu d'importante modification au cours de sa conception.

      Ensuite, on peut attaquer les choix du Jaguar mais pas avec des informations erronées, le cas de la motorisation reste dans la moyenne actuelle (qui est de 18 à 24 ch/t), tandis que l'autonomie du Jaguar est donnée à 800 km.

      D'ailleurs, vous semblez mettre ce que les anglo-saxon appelle des assault gun dans les véhicules de reconnaissance. Or, la fonction de reconnaissance, est plus secondaire (voir totalement absente pour certain) sur les véhicules comme les Stryker MGS, Centauro 1 et 2, ZTL 11.

      Enfin, si on modifie le Sphynx tel que vous l'avancez, autant juste concevoir un nouveau véhicule tellement il faudrait l'ensemble du véhicule. Même chose pour le VBCI, autant également reconstruire un nouveau véhicule tellement les modifications que vous envisagez sont importantes.

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    11. 1 Là encore, il s'agit de tendances actuelles, favorisée par l'évolution technique. Un véhicule de reconnaissance étant caractérisé normalement, par sa vitesse plus importante, par rapport à d'autres, et ses capacités d'accélération et de réactivité, de son autonomie, normalement également sensée être plus importante, et enfin de son armement, sensé le rendre le plus automne possible.
      2 Pour le Sphinx c('est juste ce qui avait été prévu. Je répondais par ailleurs @ "Ulysse".
      3 Ou voyez vous encore ne serait ce qu'une seule information erronée dans tout ce que j'ai écris ci dessus ???
      Arrêtez dont de vouloir presque systématiquement discrédité vos interlocuteurs, surtout qu'après vous allez encore vous plaindre qu'on vous réponde de la même façon (et vous scandalisez même quand on essaye de faire un peu d'humour).
      4 D'autre part, vous mélangez les improprement appelés "assault guns" anglo-américain (encore un "faux amis"). Les véhicules que vous évoquez n'ont rien à voir avec ce qu'on appelle, normalement, un canon d'assaut; en Europe.
      Même si ces véhicules peuvent également faire de l'appui ponctuel, évidemment, ils sont cependant dans la lignée directe des AMX10RC, Sagaie, et même antérieurement AML (lignée, et savoir-faire, purement français que l'on est également en train d'abandonner, et de perdre !!!!).
      Là aussi plus globalement vous semblez confondre véhicules d'éclairage, de recherche de renseignement, voire d'observation, avec les véhicules de reconnaissance à proprement parler, et ici en plus en particulier avec les véhicules d'appui, ou d'assaut.
      5 Enfin, je dis exactement la même chose, le VBCI n'a pas du tout été prévu pour être évolutif.
      Quant au Sphinx, comme vous dites ce n'était qu'un projet, malheureusement.

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    12. Evidemment ce qui distingue ces trois catégories (évoquées ci-dessus), c'est leur utilité et leur usage.
      La première catégorie de reconnaissance légère étant plus les véhicules de reconnaissance par essence (légers (relativement), rapide, assez bien armées).
      Le seconde est un plus polyvalente, bien que destinée aux unités de reconnaissance un peu plus solides.
      La troisième se situant plus entre la reconnaissance, d'unités lourdes (type division blindée lourde), et les unités de combat à proprement parler (les américains associaient même directement durant la guerre froide un certain nombre de chars lourds Abrams dans des unités de reconnaissance dédiées.).

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    13. Je dois reconnaitre, que personnellement, quand on me parle de tendance actuelle, je me méfie car bon si c'est pour voir ces véhicules apparaitre dans 10/20 ans, on a quand même un certain temps.
      Pour revenir sur le point 4:
      Non, je ne confonds rien, j'applique seulement, la lecture qu'ont ces pays des véhicules 8x8 armée de 105 ou 120mm.
      Le stryker MGS (bientôt retirer de service) a été conçu pour donner de l'appui feu aux troupes d'infanterie américaine des brigades stryker.
      Le ZTL-11 a été conçu dans la même période pour donner un appui-feu aux brigades chinoises sur Type 08. Il est également chargé de la destruction des véhicules légers.
      En véhicules que j'avais oublié, il y a le Type 16 qui a été conçu pour remplacer les blindés lourds dans les JSDF suite au constat qu'il serait trop lent d'envoyer des Type 90 et des Type 10 dans les îles plus au sud face à la Chine.
      Enfin, le Centauro II est le seul a avoir une fonction de reconnaissance qu'il hérite du Centauro B1 (bien que cette dernière était, à l'époque, secondaire par rapport à l'accompagnement des brigades blindés et la défense territoriale).

      Sur les 4 véhicules cités, 3 correspondent à des assault gun dans la définition anglo-saxonne. La vision française d'engin à roue équipé d'un canon lourd pour la reconnaissance, ne s'est pas vraiment exportée conceptuellement. Ce que la plupart des pays ont retenue dans les années 1990, c'est l'appui-feu que procure les unités comme les AMX10RC, ERC90, AML90.

      Pour trouver une vision similaire à la française, il faut aller dans les pays qui ont été fortement influencer par la vision française comme c'est le cas de l'Afrique du Sud et du Rooikat.

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  5. Dans les 3 véhicules présentés, on risque d'en avoir plus que 2. Parce que vu les informations qui sortent sur l'AJAX, j'anticipe la fin prématuré du programme.

    Non pas que j'estime que les problèmes sont insolubles, mais les révélations sur les problèmes du programme AJAX, qui s'étendent jusque dans la presse généraliste, m'interroge. Il faut se rappeler que c'est une méthode assez commune en occident (et au-delà) pour faire accepter l'arrêt d'un programme militaire. Le Warrior CSP est mort de cette façon.

    Personnellement, je pronostique la fin de l'AJAX d'ici à 2 ans et l'achat de Boxer reco par la British Army.

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  6. Avec la vision 2030 du CEMAT, on pouvait espérer un peu de neuf.

    Que nenni.

    La copie de l'arme blindée est d'une tristesse et d'une paresse intellectuelle affligeante: supprimer 4 escadrons de reconnaissance qui sont les unités les plus employées en opération actuellement...

    L'après COVID-19 ressemble trait pour trait à la RGPP.

    Tout cela pour conserver coûte que coûte le format 4 chars, 4 VBL pour les escadrons Jaguar, copié/collé des escadrons Leclerc...

    Cela n'a aucun sens.

    La DÉP s'appuie sur le fantasme de la polyvalence du char vers le combat l'anti-char s'opposant à la création de filières spécifiques pour la formation des soldats, des sous-officiers et des officiers.

    La création de corps spécifiques serait la solution : supprimer l'ensemble des ERI dans les régiments blindés, fusionner certains régiments et créer des régiments de reconnaissance dans chaque brigade ou au niveau de la division.

    Encore faut-il avoir la volonté de réellement changer les choses.

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  7. Cette histoire de VBL tourne vers le foutage de gueule vis-à-vis de nos soldats!
    http://www.opex360.com/2021/06/27/le-montage-des-kits-de-protection-sur-les-vehicules-blindes-legers-mk1-savere-plus-difficile-que-prevu/

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