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lundi 8 mai 2023

LA MORT A HUIS CLOS !

Ce qui pourrait être le titre d'un roman policier résume en fait le propos tenu à l'égard du Leclerc et de son successeur par le CEMAT (Chef d’État-major de l'Armée de Terre) le Général d'Armée Pierre Schill, lors de son audition à huis clos par la Commission de la Défense et des Forces Armées de l'Assemblée Nationale, le 12 avril dernier. L'exercice parfaitement codifié comprend plusieurs points de passage obligés, entre lesquels il a suffi de quelques mots pour sceller le sort d'un éventuel projet de char de transition. Ce qui ressemble à un enterrement de première classe du segment de décision de l'armée pour les années à venir suscite cependant quelques réflexions de forme et de fond que Blablachars souhaite vous livrer.

Sur la forme, la découverte de cette annonce ainsi que le contexte et le lieu de sa formulation confèrent aux propos du CEMAT un caractère quasi définitif en excluant l'étude de toute autre solution alternative. Ce faisant le Général Schill confirme évidemment la pensée du CEMA (Chef d’État-major des Armées) sur le sujet, telle que cela est prévu par le Code de la Défense. Définissant les attributions des différents responsables militaires, le document précise dans son article 3121-9 que le CEMA est "responsable de l'identification des capacités nécessaires aux armées pour remplir leurs missions actuelles et futures et leur mise en cohérence", l'article 3121-29 précisant quant à lui que les chefs d'état-major d'armée "sont responsables de l'évaluation opérationnelle des prototypes et prononcent la mise en service opérationnel des matériels livrés, ainsi que leur retrait du service, après avoir pris l'avis du chef d'état major des armées." Cette parfaite et ô combien normale coordination entre les deux chefs d'état-major démontre que la volonté de se passer d'un char de transition est bien partagée par l'ensemble des échelons de commandement de nos armées et ne peut être imputée à la seule armée de terre. La phrase du CEMAT, insérée dans son propos introductif entre un paragraphe dédié à l'infanterie et un autre évoquant les unités d'appui pourrait avoir de nombreuses conséquences dont certaines devraient interpeller nos responsables politiques. 

En relisant l'entretien accordé à l'hebdomadaire "Valeurs Actuelles" dans lequel le Général Schill confirme que "ce que nous voyons en Ukraine, nous l'analysons depuis le premier jour", on se dit que le retour (visible) de la force blindée mécanisée dans un conflit majeur n'a pas pu échapper à la sagacité de nos états-majors. Retour confirmé par les demandes du président ukrainien, les transferts de chars et de VCI par plusieurs pays occidentaux et la création de la coalition du Leopard. Retour également confirmé par l'engagement côté russe d'un grand nombre de chars et de blindés, y compris les plus anciens comme le T-62 ou encore le MTLB, confirmant ainsi la nécessité pour les armées engagées dans cette guerre de disposer d'une puissance blindée mécanisée. A côté de ces faits étroitement liés au conflit ukrainien, l'observation du marché européen et mondial dans le domaine des engins blindés devrait suffire à convaincre les plus réticents à s'engager sur une voie que de nombreux pays, comme la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque, l'Allemagne ou encore l'Italie ont décidé de suivre en renouvelant leurs parcs d'engins blindés. La seule observation de l'ensemble de ces faits aurait donc du conduire à engager une véritable remontée en puissance de notre segment de décision avec le lancement d'un programme de char lourd, pouvant succéder au Leclerc et la recréation d'une composante blindée mécanisée capable de combattre à ses côtés. L'observation et l'analyse des faits évoqués ci-dessus ne peut donc justifier le renoncement français dans le domaine blindé, dont les origines sont donc à rechercher ailleurs. La suite de l'entretien nous donne une piste crédible sur les raisons de cet abandon avec en premier lieu l'évocation "d'une grande unité française agissant dans le cadre de l'OTAN" ainsi que celle de l'importance "dans le cadre d'une coalition [...] (de) cette dimension de projection en dehors du territoire", le CEMAT n'envisageant pas de "nous battre sur le sol français", perspective ardemment partagée par la très grande majorité des Français ! A la lecture de ces propos, il apparait que les futurs engagements de la France ne pourront se faire qu'au sein d'une coalition OTAN, qui fournirait donc les capacités manquantes au sein de nos armées, parmi lesquels la composante blindée mécanisée. L'autre fondement de la décision du CEMAT tient à la nature même de l'armée de terre qui "par héritage est une armée de forces médianes ; mais aussi par culture, par esprit manœuvrier, par impératif stratégique ; cela ne signifie pas renoncer à la puissance, mais que la mobilité, la polyvalence et la cohérence sont recherchées en priorité."  Ces lignes résument à elles seules la politique menée depuis plusieurs décennies, qui ignore volontairement la polyvalence affichée par les chars modernes dans les derniers conflits (Irak, Syrie, Yémen), la mobilité des engins chenillés sur certains théâtres illustrée par le déploiement des VHM au Mali à la saison des pluies), la protection offerte aux combattants face aux menaces toujours plus nombreuses ainsi que la capacité de manoeuvre tous temps et sur tous les terrains des unités blindées mécanisées. Cependant, ces arguments ne pèsent pas lourd au regard de la culture de l'armée de terre, basée sur le concept de forces médianes autour duquel l'équipement des unités, leur déploiement et leur entrainement semblent définitivement articulés. 

Il faut attendre la onzième question, posée par le député Aurélien Saintoul (LFI-NUPES) pour que soit abordé le sujet du Leclerc, avec l'évocation de la diminution prévisionnelle du parc de 20 à 30% en raison de l'étalement de la rénovation, situation s'accompagnant selon le parlementaire d'une hausse des couts de MCO (Maintien en Condition Opérationnelle). La seconde partie de la question du député permet de voir (enfin) apparaitre le programme MGCS. Ce programme, devenu au fil de ses évolutions un véritable épouvantail blindé fournissant aux opposants à la chose blindée, la justification de leur renoncement au développement d'un char de transition et cela en dépit de l'orientation prise par de nombreuses armées dans le domaine. Face à cette situation "Nexter plaide déjà pour un démonstrateur EMBT", conscient que celui-ci pourrait constituer la base de développement d'un char lourd permettant d'envisager "sereinement"une mise en service du MGCS à l'horizon prévu. En outre, les travaux effectués sur l'EMBT pourraient être largement utilisés dans le développement d'une solution française en cas d'échec du projet franc-allemand. En dépit d'une mention claire dans la question du parlementaire, de l'existence de l'EMBT et de la possibilité offerte par ce programme de servir de base à un possible successeur du Leclerc, la réponse du CEMAT écarte cette hypothèse. Pour le général Schill l'objectif à court terme "est donc de prolonger les Leclerc jusqu'en 2040 ou 2045" estimant "qu'il est possible de le faire en les modernisant, notamment en numérisant la tourelle, en modifiant le viseur et en pérennisant le moteur." Derrière cette affirmation, il faut donc comprendre que le Leclerc devrait quitter le service autour de sa cinquantième année de service (si tout va bien), durée de vie équivalente à celle que pourraient avoir aujourd'hui des engins tels que l'AMX 13 ou le T-62 déployé en Ukraine par l'armée russe comme le mentionne le blog Opex 360. Chars qui furent déployés par les bélligérants engagés dans la guerre du Kippour en octobre 1973 ! Pour les moins férus d'histoire militaire, une telle perspective reviendrait à partir pour les prochaines vacances à bord d'une R12 apparue cette même année, au moment où l'armée de l'air recevait ses premiers Jaguar ! Au-delà de l'aspect "historique" de l'annonce du CEMAT, son contenu demeure très flou avec une série d'évocations dont il est compliqué de saisir la nature exacte et parmi lesquelles les véritables pistes de modernisation du char ne sont pas citées comme l'adoption d'un système de protection active, évoqué par le CEMAT devant cette même commission en novembre dernier. Ur le plan calendaire, il est probable que ces modifications ne seraient pas effectuées avant la fin de la rénovation Scorpion du char, dont le terme est désormais fixé à 2035. Il restera alors cinq à dix ans pour moderniser les engins avant la mise en service du MGCS ou de son remplaçant, à moins qu'une nouvelle LPM écarte cette hypothèse en raison de l'arrivée "prochaine" du MGCS ou pour de basses raisons budgétaires. Les conséquences de cette décision dépassent donc largement le seul domaine opérationnel, car elle condamne l'EMBT à n'être qu'un engin de laboratoire à défaut de devenir la base du futur char de l'armée française. Malgré l'absence de budget, de calendrier et de contenu précis, la pérennisation du Leclerc présentée "ex-abrupto" devant la représentation nationale donne l'impression d'être la seule solution envisageable pour conserver une capacité blindée cohérente. 


En lieu et place de cette annonce au contenu incertain, plusieurs pistes auraient mérité d'être explorées. La première aurait consisté à envisager une véritable modernisation du char, à l'instar de ce que font de nombreuses armées pour leurs engins blindés. L'adaptation du char aux nouvelles menaces aurait pu constituer le fil directeur de "mid-life update program" dont le contenu aurait pu être fixé après un recensement des technologies disponibles dans les différents domaines, tels que la protection avec l'adoption d'un système de protection active, la mobilité avec une remotorisation incluant des techniques d'hybridation, ou encore la puissance de feu avec le changement de l'optronique ou l'intégration d'une capacité de mise en oeuvre de munitions rôdeuses ou de drones. Une définition précise des besoins et des technologies disponibles aurait permis une budgétisation du programme, son intégration dans la LPM, son financement et la "scorpionisation" du char. La mise en oeuvre de cette option aurait cependant du prendre en compte la quasi-absence de toute rénovation / adaptation apportées au char depuis sa mise en service, dont les manifestations les plus visibles sont aujourd'hui représentées par les obsolescences qui se sont accumulées tout au long de la vie opérationnelle du char. Une autre solution envisageable aurait pu être l'achat sur étagère de chars étrangers, offrant à l'armée française un engin performant sans avoir à supporter ses couts de développement. Au-delà de l'aspect "passionnel" de cette solution, l'acquisition sur étagère d'un char aurait contribué à faire revenir la Cavalerie blindée à un char de de seconde génération, comme peuvent l'être le M1A2 ou le Leopard 2. Cet aspect technique aurait été doublé d'un aspect humain avec le retour d'un équipage à quatre hommes, entrainant d'inévitables problèmes de gestion de la ressource humaine, à commencer par le recrutement de personnel supplémentaire. Cet écueil aurait pu être contourné en adoptant un char de troisième génération, dont le K2 est aujourd'hui le seul représentant à avoir dépassé le stade du démonstrateur. Cette solution aurait consacré l'échec de la filière blindée dans notre industrie de défense ; latent depuis plusieurs années, cet abandon aurait pris un tour visible par l'acquisition d'un engin d'origine étrangère, en l'absence de toute solution française. Enfin la dernière solution que Blablachars a déjà évoquée est constituée par le développement d'un char à partir de l'EMBT. Cette solution qui demeure la plus cohérente pour nos armées peut également se révéler bénéfique pour la B.I.T.D française. Nos industriels, au premier rang desquels Nexter, pourrait retrouver le chemin des marchés export, sur lesquels plusieurs pays sont à la recherche d'un char de transition; leur permettant d'attendre l'arrivée des engins de nouvelle génération à l'horizon 2045-2050 à partir duquel "nous disposerons d'une engin robotisé sur terre réellement opérationnel, contribuant au combat" comme l'a précisé le Général Schill dans son intervention. 


Avec l'audition du Général Schill, la représentation nationale est désormais informée des options retenues par l'armée de terre pour son char. Il appartient donc à nos représentants et décideurs de s'emparer du sujet, de ses possibles conséquences pour imposer le développement d'un successeur au Leclerc sur la base se l'EMBT. Une telle prise de contrôle du politique sur l'équipement de nos armées ne constituerait pas une première, pour qui se souvient de la décision d'acquisition par la Marine Nationale de 5 frégates Belh@rra décidée par Jean Yves Le Drian dans l'espoir de capter des marchés à l'export sur ce créneau très porteur, comme l'avait souligné la Tribune sous la plume de Michel Cabirol dans un article du 18 octobre 2016. Le lancement d'un programme de char lourd dur base de l'EMBT serait la manifestation du soutien apporté aux exportations par les armées, dont les bénéfices sont partagés entre les industriels et les militaires.

110 commentaires:

  1. Je vous félicite pour vos efforts et votre investissement dans le but de vulgariser ces sujets de réflexion. Mais si vous souhaitez vulgariser ces sujets, vous devez alors faire un effort de communication pour vous ouvrir au plus grand nombre, aux non-spécialistes ou même aux non-amateurs de ces questions.
    Ainsi, vous n'expliquez jamais les abréviations que vous utilisez. Par exemple V.C.I. (un point, en français, entre les lettres parce qu'il ne s'agit pas d'un acronyme mais d'une abréviation où les lettres sont épelées). Je sais ce qu’est un V.C.I. mais quelqu’un qui tomberait sur votre article sans avoir étudié le sujet, ne vous comprendrait pas. Et c’est le cas tout au long de votre texte.
    En règle française (logique et de bon sens réunis), le nom doit être écrit entièrement et ensuite l'abréviation ou l'acronyme écrit entre parenthèses. Or, les rares fois où vous expliquez une abréviation, vous en arrivez à faire l'inverse lorsque vous abordez le M.C.O. ou, dès la première phrase, le Cemat.
    C’est d’autant plus illogique et insensé que, toujours en règle française, l'abréviation ou l'acronyme ne sont mentionnés que lorsqu'une répétition est prévue afin d'accélérer et faciliter la lecture. Lorsque aucune répétition n'est réalisée, il n'y a alors aucun intérêt à mentionner une abréviation ou un acronyme entre parenthèses.
    Exemple d'abréviation : "E.M.B.T." Exemples d'acronyme : "Unesco" ou "Cema".

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    1. Merci de vos commentaires qui mettent l'accent sur la forme toujours perfectible mais pas sur le fond ! Pour les termes je fais attention à les développer au maximum ! Enfin les exemples que vous citez je ne fais que reprendre les termes tels qu'ils sont formules ds les documents officiels ! Et j'ai en plus la chance d'avoir au moins un lecteur (très) attentif !

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    2. Je suis d'accord que la forme est importante mais attention aussi à ne pas tomber dans l'effet inverse. Ce blog n'a pas vocation à rédiger des textes juridiques où la moindre ponctuation compte...
      En informatique on rencontre aussi parfois ce genre de problème, avec du code que l'on fini par critiquer comme trop "verbeux".
      Je trouverai par exemple très "chiant" (excusez le vocabulaire familier) que de remettre la signification de l'E.M.B.T. à chaque article.

      Pour en terminer sur un exemple, quand je laisse un mot sur la table de la cuisine pour prévenir ma femme, je ne vais pas écrire : " Bonjour madame ma compagne, je vous informe par le présent billet que j'amène actuellement notre Bayerische Motoren Werke (B.M.W) à notre service de garage habituel pour B.M.W. Veuillez agréer, ma tendre aimée, mes plus chaleureux sentiments."

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  2. Sur le fond de votre article, il y a un point essentiel, jamais abordé par quiconque, par personne, nulle part. Un grand non-dit, une énorme omission, et pourtant le sujet est fondamental : les moyens de projection de chars. Aucun avion (ils sont très rares) ne peut transporter un char. Seuls les navires peuvent le faire. Sans navire, pas de char de projetés outre-mer. Si l'Autriche et la Hongrie refusent le passage de trains français, aucune projection de chars en Roumanie n'est même possible. Donc, la question du char est indissociable à la question de la marine. Sans marine, les chars ne servent à rien.
    Ce raisonnement avait été tenu par le général Vauthier à la fin des années 1930 en faisant remarquer la faiblesse des raisonnements de l’amiral Castex et l’incapacité de ce dernier à réfléchir globalement, de manière interarmes et dans le cadre d’une politique étrangère cohérente. Le général Vauthier faisait remarquer que la doctrine du Quai d’Orsay consistant à s’allier avec des pays d’Europe centrale contre la menace allemande (l’alliance de revers), était totalement déconnectée des (in)capacités de l’armée de terre et de la marine : la France n’avait alors aucun moyen de projeter rapidement par la mer des chars en centre-Europe (Yougoslavie, Roumanie, Pologne, etc.).

    Au-delà encore de cette question des moyens de projection, il y en a d’autres questions supérieures : où sont nos intérêts ? Et qui sommes-nous ? Si nous restons un rouage parmi d'autres de l'administration atlantiste au service des E.-U. d'Amérique dans l'application d'une politique russophobe, alors un char français ne sert effectivement à rien. Chaque armée de l’Otan supplétive des Etats-Unis d'Amérique doit se spécialiser dans une fonction afin de rendre ces armées inefficaces seules. La spécialisation de chaque armée de l'Otan, la répartition des taches, oblige ces armées à agir en coalition aux ordres des E.-U. d'Amérique. Ces armées perdent ainsi leur indépendance. Un char français signifierait une politique indépendante française qui défendrait et promouvrait les intérêts français. Pour l'heure, vous pouvez le constater chaque jour et notamment à travers les récentes déclarations du Cema, une telle politique est impensable, irréalisable. Pour qu’un tel changement ait lieu en France, il faudrait réaliser une sorte de « révolution nationale » pour mettre à bas le régime actuel.

    Si la France redevenait à jour une puissance indépendante et si elle retrouvait une politique digne, je verrais deux théâtres d’Opex où des chars français pourraient jouer un rôle important (décisif) : 1. Une contribution à la défense du Maroc contre une agression algérienne ; 2. Une contribution à la défense de la Grèce (Chypre inclus) contre une nouvelle agression turque.

    Je vous souhaite une bonne continuation dans vos réflexions charesques & chariennes.

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    1. "Chaque armée de l’Otan supplétive des Etats-Unis d'Amérique doit se spécialiser dans une fonction afin de rendre ces armées inefficaces seules." D'où sortez-vous une idée pareille? La Finlande, qui vient tout juste de rejoindre l'OTAN, n'entend pas se spécialiser en quoi que ce soit sinon la défense de son territoire, ce qu'elle fait depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Pendant la guerre froide, les armées de l'OTAN n'étaient pas davantage spécialisées en quoi que ce soit et étaient loin d'être ridicules. Cette apparente "soumission", ou du moins cette position de faiblesse voire de dépendance vis à vis des USA, est le fait des Européens eux-mêmes qui se sont empressés de réduire drastiquement leur outil de défense après l'effondrement du bloc soviétique. La réduction du format des armées, qui est effectivement un choix politique, a rendu pratiquement impossible toute remontée en puissance. Il n'y a qu'à voir l'Allemagne. Beaucoup se sont émus lorsque l'Allemagne a annoncé son ambition de devenir la première puissance militaire d'Europe. Pour l'heure, cette remontée en puissance de l'Allemagne se limite à la remise en service d'une centaine de chars pour en aligner un peu plus de 300... pour une armée qui dans les années 80 en alignait plus de 2000!

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    2. Pour la projection je suis entièrement d'accord de l'avis de Monsieur MG.08 et en désaccord avec ses propos sur l'OTAN.

      Est ce que le général schill j'avoue à mi-mot qu'il préfère observer la fin du conflit et tirer toutes les conclusions avant de s'engager dans un chantier colossal et répéter les erreurs de la France des années 30.

      Peut être qu'un blindé de type jaguar / griffon /vbci peut suffire à la défense nationale et à la projection par leurs polyvalences. À nos fleurons industrielles de s'adapter et attendons comment le matériel occidentale va se comporter avec l'offensive ukrainienne

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    3. @M.G.
      La question de la projection des chars n'est pas nouvelle. Mais vous avez néanmoins raison de le rappeler : pour un pays comme la France, qui n'est (a priori !) pas menacé directement sur ses frontières, il semble stupide d'avoir des chars sans les moyens de les projeter là où ils seraient utiles, c'est à dire là où les intérêts du pays l'exigent.

      La réponse à cette évidence s'appelle le navire roulier. Ce genre de navire aux normes civiles ne coûte pas très cher, un pays comme la France pourrait sans problème disposer d'une flotte de 4 à 6 rouliers militarisés, avec la possibilité d'affréter (louer) d'autres rouliers civils "compatibles avec un usage militaire" en cas de besoin. Dans un souci de cohérence, on notera qu'il serait également logique que l’essentiel de notre parc de chars lourd soit stocké à proximité des ports militaires (ce qui n'est pas nécessairement le cas à l'heure actuelle...), permettant ainsi un déploiement et une projection de force beaucoup plus rapide.

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  3. On aimerait pourvoir dire au Général Schill :"Bien sûr que l'on imagine pas la France seule dans le cadre d'un conflit de haute intensité et qu'il n'y a donc aucune raison d'investir massivement dans du char... par contre, il ne faudra pas venir pleurnicher quand, dans le cadre d'une coalition, la France jouera les seconds rôles et sera snobée par ses amis américains au profit de la Pologne! Ben oui, l'armée française, combien de divisions?"

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    1. Il ne vous aura pas échappé que la Pologne est face à la Biélorussie inféodée à Poutine.
      Et que la France a donc la Pologne et l'Allemagne entre elle et ladite Biélorussie.
      Donc par définition si nous devions intervenir c'est à 1500 - 2000 km de nos frontières.

      Le char lourd est une arme de guerre frontalière à part pour les USA et peut-être pour la Chine.
      C'est la réalité.
      Nous n'avons qu'une seule menace terrestre pour nos frontières, la Russie dont le conflit en Ukraine nous apprend qu'elle n'arrive pas à passer le Dniepr en donnant tout ce qu'elle a.
      Que ce conflit a aussi entrainé tous les pays de l'Est à s'armer jusqu'aux dents notamment en blindés lourds tandis que la Russie en ressortira considérablement affaiblie.
      Résultat : une menace russe sur nos frontières déjà très faible et improbable est devenue impossible.

      C'est la réalité géostratégique qui s'impose, et je vais vous faire une grande révélation : c'est une bonne nouvelle ! Les dividendes de la paix étaient certes naïfs, mais vouloir faire comme si la situation actuelle était comparable à celle de la Guerre Froide avec l'URSS et le Pacte de Varsovie aux portes de l'Allemagne de l'Ouest est au mieux stupide, au pire mensonger.

      La France est désormais à l'abri de toute menace terrestre conventionnelle pour les décennies à venir.

      Reste deux points qui pourraient décider à faire un programme : le poids politique et les intérêts industriels.
      Pour que cela soit atteint il faudrait un programme d'au moins 1000 chars avec les moyens de projection et de support logistique qui vont avec, sans parler des moyens humains.
      Problème : c'est aussi maintenant qu'il faut investir dans le spatial (confirmé par l'Ukraine), le cyber (confirmé par l'Ukraine), le renseignement (confirmé par l'Ukraine), le combat collaboratif (confirmé par les retex ukrainiens), les drones (confirmé par l'Ukraine), dans un avion capable de pénétrer les zones de déni (confirmé par l'Ukraine), dans les missiles de précisions, dans les stocks de munitions, dans les feux dans la profondeur, dans la guerre électronique, dans le Sol Air, et pour éviter le chantage nucléaire dans le renouvellement de l'ensemble des moyens de notre dissuasion nuke (SNA, SNLE, missiles).
      Rajoutez l'IA, le calcul intensif, l'edge computing, hypersonique côté technologie.
      Et l'importance stratégique des fonds marins.

      Et vous avez les raisons de l'arbitrage en cours.
      Contre les chars lourds et les hélicoptère d'attaque. Dans les deux cas on se dit qu'il est urgent d'attendre pour y voir plus clair sur l'avenir de l'emploi de ces deux armes qui ne sont plus produites et qu'il y a d'autres priorités avant.

      Ce n'est pas faute de l'avoir répété : si nous retrouvons une ambitions sur le segment blindé lourd ce sera pour 2035 / 2040 et pas parce que cela correspond au MGCS. C'est l'inverse voyez vous, le MGCS est calé de manière à coller au planning que nous pouvons avoir sur ce segment. Que le MGCS se fasse ou non cela ne change rien à ce planning.

      Enfin pour terminer le conflit ukrainien pose bien la question de l'utilité du char et de l'hélicoptère d'attaque. Ces deux engins étaient supposés être les super prédateurs du champ de bataille. Or leur taux d'attrition pose question surtout qu'il n'est pas du aux chars et hélicos adverses, mais aux manpads, à l'artillerie, aux mines et aux drones.
      Les ukrainiens font la guerre avec car on fait la guerre avec ce que l'on a, que l'on connait, pas avec ce qu'il aurait été préférable d'avoir. Ils réclament ce qu'ils pensent pouvoir obtenir, pas ce qu'ils savent ne pas pouvoir avoir.
      Cette guerre confirme plus que jamais le besoin de mobilité et de vision tactique supérieur plutôt que celui de blindage et de puissance. Là c'est mon opinion, et quelque chose me dit que je ne suis pas le seul à l'avoir.

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    2. C'est quand même extraordinaire de penser que La France n'est jamais à défendre le territoire national ! Cela me fait penser au nuage radioactif de Tchernobyl arrêté à la frontière française. Sérieusement qui peut prévoir dans quelques dizaines d'années le paysage politique européen ? La mission d'une armée nationale est de défendre en priorité l'intégrité territoriale de la nation. Le reste est circonstance politique.

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    3. Courte réponse aux commentaire d'Oryzon. Rappeler que les Ukrainiens font avec les moyens du bord est une Lapalissade. En tirer des enseignements définitifs sur l'utilité des chars est delicat.les Retex permettent d'analyser ce qui s'est passé mais ne permettent pas d'analyse solide sur ce qui aurait pu se passer dans des circonstances différentes. Que ce serait il passé si les Ukrainiens avaient disposé d'une force blindée moderne, cohérente et significative. Peut-être, tout simplement , que Poutine n'aurait pas décidé d'entreprendre son opération spéciale. Le rôle de dissuasion n'est pas propre a l'arme nucléaire !. L impact politique d'une force blindée significative, évoqué par un précédent lecteur, est un paramètre d'importance. Ou peut-être que les Russes auraient pris une raclée qui aurait mis un terme précoce a leur tentative d'invasion. Mais être prudent dans l'analyse ne doit pas entraîner l'inaction, cad le report des décisions aux calendes grecques (MGCS). La guerre se remporté au présent, pas au futur conditionnel ou hypothétique. Une nation doit être prête à chaque instant T, et pas a l'instant T+25. Notre histoire récente nous la rappelé durement.

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    4. J'ajouterai que l'histoire nous rappelle également que bâtir un modèle d'armée sur la base de conditions d'emploi figées, est une erreur. Le caractère imprévisible de la guerre commande en premier lieu des armées plastiques, cad aisément adaptables aux circonstances, y compris celles qui n'ont pas été envisagées.

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    5. L'annonce politique sera sans doute que le cadre du "package" présidentiel, les Leclercs pourraient prendre le chemin de l'Ukraine. Tout deviendrait cohérent.

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  4. Pour ce faire une opinion, réservez pour le 16 mai:
    https://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2023/05/05/les-enseignements-de-l-ukraine-sur-la-guerre-du-futur-le-cem-23837.html

    C'est ce que certains appellent la "dépendance au sentier": les chefs de l'armée de terre française viennent des unités abreuvées d'OPEX africaines.
    https://twitter.com/AudrandS/status/1643517446127583232

    Tout se passe comme si les pays se spécialisaient: la Pologne pour le choc, les armées de l'Europe de l'ouest pour le reste en arrière (les anglais et les allemands comptaient être plus sur la logistique avant "l'operation spéciale").

    Cet article intéressant peut se relire utilement: "Avec peut-être 15 brigades lourdes et 3000 ou 4000 chars en 2020, les Européens, même unis, tiendraient difficilement un front en cas de crise", écrivait Etienne de Durand dans @Pol_Etrangere... en 2014.
    https://www.cairn.info/revue-politique-etrangere-2014-1-page-103.htm

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  5. Un pays se paye l'armée qu'il peut!
    Les souhaits sont bels et beaux mais au final tout est question de priorité sociétale. Il faut des Milliards pour construire un corps blindé digne de ce nom. Pas autant que les 30 Mds de soutien au prix des carburants et autres aide "inflation" mais tout de même une somme! Les choix ont déjà été fait. Le coût du social, une masse salariale de fonctionnaire plus importante que tout autre pays de l'OCDE, des retraites de la fonction financées par l'emprunt (le système privé est à l'équilibre, le déficit des retraites = la non cotisation au même niveau du public, 6 derniers mois pour le niveau de la pension). Plus d'Euros pour les investissements (pas que dans la Défense du reste!). Notre budget est déficitaire, nos dettes sont énormes, it's economic stupid ! Notre PIB/habitant stagne depuis 2008 et nous maintenons un certain niveau de vie par l'emprunt.
    C'est donc un renoncement pur et simple en priant pour que la seule dissuasion suffira. Mais l'étude l'Histoire et la lecture de quelques ouvrages de stratégie nous montre que la "dialectique des volontés opposées" qu'est la guerre fera que l'adversaire la contournera . Et là nos actuels dirigeants n'étant plus au pouvoir il n'y aura plus de coupable à trouver (spécialité française).

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  6. La France possède 2 navires rouliers permettant le transport de chars lourds.
    un appel d'offre vient d'être passé pour 300 wagons pour transporter les véhicules scorpions ( véhicules à roues?)
    La Marine et L' armée de l'air seront aux contacts des armés Russes et devront protéger les approches Européennes, l'ont parle de défense territoriale pour l'armée de terre, de deuxième ligne, la France avec sont histoire de cavalerie légère pourrais mettre en place des unités dédiées aux systèmes de défense en profondeur qui a fonctionné en Ukraine
    Penandreff

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  7. Tout d'abord, bravo pour votre travail remarquable. Bien malin celui qui pourra prédire où, quand et comment la prochaine guerre aura lieu. S'y préparer me semble la base. Et la base pour l'armée ce sont des soldats, des chars, des avions, des hélicoptères, des drones, des munitions...Je suis consterné par ces révélations sur notre composante blindée mécanisée. Renoncement, ce mot fait mal et rappelle des souvenirs douloureux : 1914, renoncement à l'artillerie lourde, à l'équipement du soldat français, aux armes collectives ...1939, renoncement au concept stratégique et tactique de la guerre mécanisée moderne qui s'annonçait , renoncement à posséder une aviation de combat digne de ce nom, renoncement à l'équipement individuel du soldat (encore). Tous ces renoncements ont eu un prix terrible. Je suis frappé par la constance de l'impéritie de nos responsables politiques et militaires. Assumeront-ils demain leurs décisions d'aujourd'hui ?

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    1. "...Assumeront-ils demain leurs décisions d'aujourd'hui ? ..." Poser la question revient à y répondre.

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  8. Je ne suis pas sur qu'un blindé diesel de 70 tonnes avec un équipage de 4 soit le futur.

    Il faut trouver une solution avec juste le chef de char, ça gagnera de la masse à protection égale.
    Le reste de l'équipage, dans un VCI en soutien.

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  9. Sans porter atteinte à votre réflexion pas plus qu'à l'intérêt actuel et futur d'un char lourd dans l'absolu, comptez sur les doigts de l'une de vos mains le nombre de fois ou le Leclerc a combattu dans le rôle qui lui fut attribué depuis qu'il est en régiment.

    C'est bien beau la vitrine d'une armée, mais ça coûte des ronds, et le Leclerc est une décoration onéreuse sur le long terme.

    L'armée française a-t-elle besoin d'avoir un segment chars lourds de premier ordre ? Il me semble que répondre "non" à cette question n'est pas une folie. En outre il y a bien des domaines matériels plus importants et urgents que le renouvellement de la composante char lourd, et ce dans les trois armées.

    Si l'on fréquente professionnellement la chose militaire (et nul besoin d'être dans le sein des seins), cela fait un moment que l'on a des éléments pour comprendre que le char lourd en France, aujourd'hui, n'a de réalité que dans deux domaines toujours liés: Commercial/maintient des compétences (les deux sont indissociables) et politique.

    Ce sont là les uniques motivations pouvant décider à investir dans le char lourd. Au niveau de la doctrine d'emploi, de façon cruelle et réelle, l'armée française n'a nul besoin de chars lourds dans la mission qu'elle se donne. Le Leclerc n'intéresse pas l'armée, son successeur non plus.

    Ca se jouera ailleurs.

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    1. Ce d'autant qu'on peut raisonnablement broder autour d'un Jaguar comme Engin de Combat Principal, appuyé des capacités de combats collaboratifs générés par Scorpion.
      L'Ukraine, malgré la pléthore de chars déployés montre a contrario le peu de combats directs entre chars. L'engagement se fait maintenant majoritairement à une distance au-delà de la portée du canon du char. Lequel char va revenir à une fonction d'appui-feu d'infanterie. La seule question résiduelle est celle du besoin d'un appui-feu direct en gros calibre ou bien de rechercher plutôt un snipping via des ATGM (le MMP du Jaguar perce aussi 2 m de béton) sinon par des feu indirects de précision (obus Katana ou MGM 120).
      Mais même si ce besoin de gros canon demeurait un Jaguar 105mm remplirait le contrat. Or l'exemple du Boxer 105 montre que la tourelle 3105 de Cockerill pèse entre 7 et 8t alors que la tourelle CT40 du Jaguar est à 7t, et que la limitation de la masse du Jaguar à 25t relève plutôt d'une question d'aérotransportabilité à grande distance en A400m.

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    2. J’approuve. La Défense de notre territoire se jouera bien plus dans nos DOM-COM.
      Quant à l’Europe, la ligne de front ayant reculé depuis la chute de l’Allemagne Démocratique et du rideau de fer, nul besoin d’une pléthore de chars, ni même d’un corps blindé-mécanisé. 2 BrigBlind sont bien suffisantes
      En revanche, dans le cadre de l’OTAN seules quelques nations ont vraiment la capacité pour commander un niveau CA. Qui est capable d’armer des EOCA? Les enablers sont la clef du succès en haute intensité. La France et le RU sont aujourd’hui les seuls en Europe.
      Le choix du median, du développement des « enablers » i.e. création des CdT spécialisés répond à ses questions. Le segment lourd doit être limité au strict suffisant.
      Retour d’expérience Ukraine: les ukrainiens se battent avec les véhicules de rebut de nos armées et l’occident fourni le renseignement, la capacité de planification, la DSA, les feux dans la profondeur, la guerre électronique, les SIC… . CQFD.
      Pour nous, clairement, l’effort en terme de masse doit porter sur la Marine. Elle est en première ligne!!
      Cordialement

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    3. @anonyme du 8 mai, 23h24. Le 40 CTA du Jaguar est un choix fort qui a pour défaut le manque de polyvalence. Pas de comparaison entre le 40CTA et un 105 mm pour l'appui feu, notamment indirect, dont la guerre en Ukraine a montré la prévalence ( en absence de force blindée structurée !). Or la polyvalence, ou l'adaptabilité à des circonstances imprévues devrait être une priorité.

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    4. Suite : les tourelles teleoperees permettent un gain de poids considérable ( et un profil plus discret) armé un véhicule blindé chenillé ou a roues de moins de 25T avec un 105mm ne présente pas de difficulté . Cf AMX 10RC ou Centauro.

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    5. @ Gribouille
      Les milliards de dollars en matériels militaires américains et en formation ne datent pas du 24 février 2022, même si depuis les chiffres sont impressionnants:
      https://www.lindependant.fr/2022/10/18/guerre-en-ukraine-700000-obus-68-millions-de-cartouches-les-chiffres-impressionnants-de-laide-militaire-americaine-a-lukraine-10744230.php

      Les stocks occidentaux sont littéralement vidés et les matériels équipants les squelettiques armées occidentales aussi, les pays d'Europe de l'est se faisant financer leurs nouveaux matériels contre le don de leurs antiquités soviétiques aux ukrainiens.

      Ce n'est pas qu'un vide-grenier loin de là.

      Par contre, c'est un pourrissement de type "syrien" en pleine Europe.

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  10. Article analytique ET commentaires de haute volée. Par sensibilité gaulliste et souverainiste j’aimerais être d’accord avec M.G. (-42?). Par réalisme j’apprécie beaucoup l’analyse d’Oryzon.
    Oui il y a de fait une division des tâches entre armées européennes ou plutôt celles qui ont le choix de se disperser et d’intervenir ailleurs, en comptant sur d’autres pour encaisser le choc, et celles dont la liberté repose sur cette capacité à maintenir l’adversaire le plus loin possible de ses centres vitaux.
    La (surtout pour sa composante terrestre mais aussi aérienne, les avions étant’ remplaces par des HIMARS) ressemblait beaucoup à ce que veut construire la Pologne.
    Reste à voir dans quels conflits nous pourrions être engagés : face à la Russie (bis repetita guerre froide)? Contre des Etats midtech à tabasser (modèle années 90-2000: Irak Serbie Libye Syrie...)? Face à des rezzous africains et autres insurgés enturbanés (le grand jeu des militaires français depuis 200 ans pour se couvrir de gloire à peu de frais)? Face à la Chine à 10-15.000km de nos ports?
    Gérard

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  11. Comme à son habitude, Blablachars nous gratifie d'un article complet et de qualité. Sa conclusion reste dans le domaine du consensuel et du possible.

    La remontée en puissance de l'Armée de Terre à 300 000 hommes, la Réserve y compris, dans le même volume de moyens, abondé par de nouveaux, ne se fera pas avant une décennie. D'ici là...?

    Sans revenir sur les tenants et aboutissants, sur lequels je me suis déjà exprimé, le conflit de l'Ukraine s'inscrit dans un millefeuilles d'événements et constitue un point de fixation géopolitique et médiatique important. Mais il y en a bien d'autres plus sourds, sournois et surtout en cours... dont il faudra aussi nous défendre.
    Ne nous méprenons pas, des "forces" qui nous sont supérieures s'exercent outre-Atlantique, outre-Dniepr et bien au-delà...
    Dans ce contexte, le devenir de nos moyens blindés mécanisés est une problématique franco-française avec des ramifications outre-Rhin pour un "jeu" politique, économique et industriel à plusieurs bandes dans la perspective du MGCS. L'Armée, sauf putch, obéit en grognant officieusement. C'est son honneur !
    Le char Leclerc et sa succession sont dans un tempo déphasé entre la rénovation ou une adoption "de transition" avec un hypothétique dérivé opérationnel de l'EMBT de KNDS. Nous savons tous ce que veut dire transition, intérimaire ou intermédiaire dans nos Armées... Le temps passe vite !
    Le "choix" de la rénovation se confirme sans annihiler un éventuel plan "B", au cas où. La coopération Franco-Allemande est une longue histoire d'une amitié contrariée. Les négociations progresses aux dernières nouvelles.

    Donc, pas de testament précipité, ni épitaphe intempestive !

    La question du volume et la qualité de nos forces blindées mécanisées est concomitante. Dans la période, pour avoir l'équivalent de celui de la Pologne, mieux vaut lui demander l'asile politique et sa nationalité.

    Je sais, je suis taquin. À suivre.

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    1. J'ai encore oublié de signer ci-dessus, l'HEPAD n'est pas loin !

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    2. @ Kamelot "La coopération franco-allemande est une longue histoire d'une amitié contrariée". Ah? Pas sûr que nous ayons la même compréhension de l'histoire, du temps et de l'amitié. Je dirais pour ma part que la volonté française de solder une histoire récente dévastatrice, ainsi que la recherche des financements que notre gestion budgétaire approximative ne nous procure pas, ont conduit nos dirigeants a se rapprocher de notre puissant voisin qui n'en ressent pas la même nécessité.lz notion d'amitié me paraît très éloignée du sujet.

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    3. Les "politiques" français voient en l'Europe, "une France en plus grand".
      L'accès aux plus hautes fonctions de notre pays ne serait donc qu'un strapontin vers de plus hauts postes qui leur seraient naturellement dévolus.

      Ils n'ont pas compris que le personnel politique allemand a changé, fini ceux qui portaient la croix du deuxième conflit mondial et de la difficile réunification.
      Tout comme eux, leurs homologues allemands ont de l'ambition.

      Seulement les allemands ont un pays qui pèse 80% des exportations de l'Union européenne.
      https://www.ege.fr/infoguerre/2019/03/renaissance-dune-vision-conquerante-de-lallemagne

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  12. @Blablachars
    Je partage votre colère en constatant la façon dont on enterre, à la sauvette et sans oser l'assumer, notre composante blindée mécanisée. Le CEMAT n'est pas un imbécile, et sait parfaitement que renoncer à un char intérimaire, c'est renoncer dans un avenir proche à cette composante, car le parc de Leclerc est inéluctablement voué à l'obsolescence, puis à l'extinction progressive à partir de 2035/2040. Or, le MGCS a été repoussé aux calendes grecques par notre "partenaire" allemand. Annoncer que l'Armée de Terre ne se dotera pas d'un char intérimaire à partir de 2030, et qu'on ne cherche même pas d'alternatives, c'est donc acter sans le dire qu'on se dirige vers une rupture capacitaire majeure à l'horizon 2035/2040.

    Un tel renoncement ne devrait pas être annoncé de cette façon, dans le secret d'un huis clos. C'est un peu comme si on décidait en douce de se séparer du porte avions Charles de Gaulle, ou d'annoncer que le Rafale n'aura pas de successeur, en laissant le soin aux militaires de l'annoncer, voir même de l'expliquer et de le justifier (cruel exercice...). La forme est détestable, mais le fond l'est encore plus.

    Je vous rejoins sur le fait que cette "décision", non assumée politiquement pour le moment, n'est peut être pas irrémédiable. Le vote de la LPM 2024-2030 pourrait bien susciter des débats, et il y a justement là matière à discussion pour la Représentation Nationale ! Faute de majorité absolue, le gouvernement devra trouver des alliés, vraisemblablement à la droite de l'échiquier, pour voter ce texte (sauf à faire un nouvel usage du 49.3, ce qui semble politiquement exclu...). Trouver cette majorité exigera forcément des concessions. Souhaitons que la question d'une commande d'un char intérimaire soit l'une de ces concessions...

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    1. Bonsoir HMX,

      Ou : revalorisation du Leclerc plus rapide (et des engins blindés du génie, qui eux aussi méritent bien une protection active [si techniquement faisable]), on "comble le trou" avec un MPF/VETRA NG (105mm CTA), pi on "attend" l'ASCALON.
      ASCALON qui serait soit :
      - un EMBT avec 140mm CTA
      - une sorte d'Abram X avec 140mm CTA et ARX30
      - ou, un ASCALON d'environ 55 tonnes, avec ARX30, motorisation hybride (ou grosse batterie), protection active PROMETEUS/DIAMANT, camouflage actif CAMÉLÉON et sur-blindage SPINELLE (un "sniper de blindés" en somme, discret/furtif [difficilement localisable/vérrouillable] et capable de "flinguer" n'importe quel blindé à +4km).

      Ma "préférence" va vers un ASCALON (140mm CTA) lancé en 2030/2035 (et on bosse sur la motorisation d'ici là [qui serait utile pour le renouvellement du génie blindé]), avec le Leclerc (120mm) et des MPF/VEXTRA NG (105mm CTA) en attendant, aux côtés de VBCI 2 (40mm CTA), des VBCI et des Jaguar.

      Des sur-blindages seraient ajoutés aux VBCI,VBCI 2, MPF/VEXTRA NG pour le combat urbain/en localité ou en montagnes.
      Les ASCALON seraient "de sortie" s'il y a une masse conséquente de blindés en face (et en entrainements intensifs en attendant le moment venu).
      Mais en attendant, qu'on hésite pas à déployer les Leclerc ailleurs que sur les champs de manœuvres (ce qui est déjà une bonne chose).

      Le lancement conjoint des ASCALON et des engins du Génie blindés donnerait environ 400 châssis.
      ~250 pour l'ASCALON
      ~150 pour les engins du Génie blindés (déminage, bréchage, pose de travures, dépannage ...).

      Ces 400 châssis donneraient lieu à l'installation d'environ 400 protection actives PROMETEUS/DIAMANT, et d'environ autant de camouflages actifs CAMÉLÉON protégés par des sur-blindage SPINELLE.

      On pourrait même monter à 800 châssis/engins si on ne faisait ni VEXTRA NG/MPF, ni VBCI 2, en lançant en même temps que les ASCALON des sortes de "Leclerc 40mm CTA" (dont une version antiaérienne avec son propre radar et ses propres capteurs type CERBAIR), et des "porte-ACULEUS" (roquette 68mm de Thales [RAIGL - Roquette à induction et guidée par laser]) par exemple ...

      D'un côté, la grande majorité de nos blindés seraient sur base VBCI, de l'autre, sur la base d'un châssis chenillé à motorisation hybride (ou avec grosse batterie) pensé pour un poids total supérieur à 50 tonnes.

      Pour ce qui est de la plateforme robotisée évoquée par le CEMAT, je pense à un équivalent du Type X de Milrem Robotics avec 40mm CTA/ARX30, en version du génie (bréchage, dépannage, déminage [aux côtés des SDZ], etc ...), ou encore, pour "la logistique de l'avant" (emmener des munitions, de l'eau, des vivres, etc ... aux combattants en première ligne).
      Il me semble que ce serait un bon "effecteur déporté" et compagnon de l'infanterie en "milieux confinés" (urbains/localités/montagnes/forêts).

      Cordialement.

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    2. PS :
      "On pourrait même monter à 800 châssis/engins" [...]
      ---> Ainsi qu'un 105mm CTA avec ARX30.

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    3. PPS :
      En bref ;
      - 200 Leclerc XLR (120mm), 200 "VEXTRA NG" (105mm CTA) et 200 VBCI 2 (40mm CTA)
      ---> En attendant un éventuel ASCALON (140mm CTA).
      ---> Élargissement du "segment médian" sur la base du VBCI
      ou
      - En 2030 : 250 ASCALON (~55 tonnes), 150 Engins blindés du Génie (~50 tonnes), 150 chars avec canon de 105mm CTA et ARX30 (~40 tonnes), ainsi que 250 avec canon de 40mm CTA (~40 tonnes, dont au moins une cinquantaine en version anti-aérienne avec radar et systèmes CERBAIR/HYDRA/etc...).
      ---> Soit ~800 blindés à partir du même châssis (prévu pour des blindés du plus de 50 tonnes, ce qui donnerait "la pêche" à ceux en-dessous de ce poids).
      ---> Tous pensés pour être équipés d'une protection active PROMETEUS/DIAMANT, ainsi que d'un camouflage actif CAMÉLÉON protégé par un sur-blindage SPINELLE.

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  13. Et ça brode, et ça brode... alors que le décalage des livraisons de griffon/serval devrait faire arrêter d'aligner des châssis comme sur une lettre au père Noël !

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    1. C'est pas faux ...

      "Normalement" (déclarations du CEMAT, Leclerc XLR décalé, LPM avec Serval/Griffon/Jaguar décalés, pas de VBAE ...), on verra apparaitre le "segment lourd" (hors Leclerc XLR) sur les dernières années de la LPM 2036-2042 ...

      Pour ma part, je considère que c'est lors de 2030-2036 que l'on doit "mettre le paquet" sur le renouvellement du "segment lourd".

      ASCALON + 105mm CTA + 40mm CTA (dont une version anti-aérienne) + engins blindés du génie.
      Environ 800 blindés. Soit ~100/150 par an ...
      Mais je n'y crois pas.

      Ou, étoffer le "segment médian" dès à présent, sur la base du VBCI, avec un VEXTRA NG (105mm CTA, équipage de 4 [pilote, tireur, chef de char et pilote de drones]) et un VBCI 2 (40mm CTA). Et faire environ 400 blindés lourds sur la base d'un même châssis (ASCALON [140mm CTA] + Engins Blindés du Génie [dépannage, déminage, franchissement, bréchage ...]) entre 2030 et 2035 (~80 par an).
      Mais, je n'y crois pas non plus.

      C'est pas parce-que "c'est mort" (il semblerait en tout cas ...) qu'il ne faut pas penser et écrire ...

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  14. Entre 1918 et 1939, les Politiques et Généraux Français sont restés sur la guerre de tranchés et ont construit à coups de milliards de Francs de l'époque une ligne Maginot qui n'a servie strictement à rien.
    Depuis la décolonisation, et 1991 la soi-disant fin de la guerre froide, nos Généraux et Politiques sont restés sur la nostalgie des guerres coloniales qui comme le dit une chanson "sentent bon le sable chaud", les bérets de couleurs vertes et rouges ne veulent qu'une seule armée expéditionnaire (la vie et moins dure au soleil, que dans la neige, le froid, la boue de la ligne bleue des Vosges).
    Si un conflit de haute intensité arrivait à nos portes, les blindés à roulettes ne dureraient pas une semaine, sans compter le manque de tous (munitions, rechanges et autres).
    Il ne nous resterait qu'un seul choix, l'arme nucléaire stratégique (puisque nous n'avons plus de tactique, Pluton qui devait être remplacé par Hadès abandonné), qui est prêt dans nos chefs Politique à faire raser Paris, Lyon Marseille, le nucléaire ne serait pas employé, donc il ne sert à rien, si demain lors de la soi-disant contre attaque Ukrainienne, la Russie rase une grande unité Ukrainienne ou une ville avec une arme tactique plus personne ne bougera, les USA ne sont pas prêts à faire raser New York pour défendre Kief ou Taïwan.
    Alors ne reproduisons pas les erreurs de la période de l'entre deux guerres mondiale.

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    1. J’avais oublié que les russes n’avait qu’à traverser le Rhin comme les allemands en 40. Ce détail géographique m’avait échappé. 😱😂

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    2. En 1939 nous avions oubliés que la Belgique était neutre, que les Ardennes Belges et le canal Albert ne poserait pas de problèmes aux divisions blindées nazies, en 18 jours le problème était réglé, malgré le courage des Chasseurs Ardennais.

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    3. "Il faudra attendre désormais 2027, en espérant enfin un vrai changement en matière de défense et une vraie prise en compte des réalités actuelles ; avec un nouveau livre blanc par exemple (il y en a besoin actuellement.), pour tout redéfinir et pour enfin de vraies décisions et modifications, d'adaptation". => A cette date la BITD française survivante aura certainement perdu la capacité de développer ce segment chenillé en franco-français : si la rupture de capacité se confirme, nos politiques devront acheter des solutions sur étagère étrangères...= Fin de la souveraineté ! Et perte de capacité d'exportation (dommage pour la posture de la France et pour la balance commerciale, ...)

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  15. @ Blablachars (beau plaidoyer, pour le retour à un segment de décision français, encore. Merci pour cela. Rien à rajouter même à votre propos (J'ai particulièrement apprécié votre paragraphe sur le char cinquantenaire...).),
    Pour ma part, je pense, j'en suis dorénavant complètement persuadé, que la messe est dites malheureusement.
    [En plus, avec un EMAT encore venu des troupes de marine -para-légion, c'était encore, comme depuis vingt ans désormais, et un CEMA légionnaire en plus, couru d'avance ... Pas la moindre inflexion somme toute ! Oubliés, es beaux discours sur la haute intensité (!!).]
    Il n'y aura pas de modifications réelles pour adapter nos armées, et celle de terre tout particulièrement, et notre défense plus globalement (on s'en remet aux autres !!! ...) au monde moderne, avec cette "nouvelle" LPM. A part plus de gaspillages éhontés et de très grands n'importe quoi, que cela en deviendrait presque un art, quelle indigence de la pensée.
    Il faudra attendre désormais 2027, en espérant enfin un vrai changement en matière de défense et une vraie prise en compte des réalités actuelles ; avec un nouveau livre blanc par exemple (il y en a besoin actuellement.), pour tout redéfinir et pour enfin de vraies décisions et modifications, d'adaptation.

    PS : Bien sur, que des forces médianes sont une "tradition' de l'armée de terre française... Depuis vingt ans ; de déclassement et de désarmement consommé ...
    Toute leur ambition est désormais de confirmer l'armée de terre française comme seulement une force supplétive (Historiquement, ce type de force, de "cavalerie légère", a toujours été politiquement la marque de ce genre de forces, de supplétifs.) ! Quelle tristesse pour notre pays, de voir que ses plus hauts responsables en soient rendu là, à un tel niveau de renoncement.

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    1. j'ai oublié de signer.
      Ronin.

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    2. Bienvenue au club ! :)

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    3. A lire sur Méta Défense un article qui veut démontrer que le renforcement significatif de la force blindée terrestre française n'est pas hors de portée de notre budget. Du grain à moudre pour Ronin, dont les propos qui peuvent paraître parfois excessifs, ne sont pas, loin de là, dénués d'intérêt.

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    4. Mettez-le, histoire de le retrouver plus facilement un peu plus tard...
      https://meta-defense.fr/2023/05/09/larmee-de-terre-veut-prolonger-ses-chars-leclerc-jusquen-2045-malgre-les-risques-operationnels-et-industriels/

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    5. Eh oui cher ULYSSE, vouloir reconstituer une force blindée mécanisée pour notre pays, c'est déjà très "excessif", pour certains !
      [Mais rassurez vous il y a aussi beaucoup d'un certain trollisme, la plupart du temps complètement hors de propos et uniquement provocateur évidemment.]

      On a parfaitement les moyens, plus encore avec 40 % de budget en plus, de faire cela et de recréer un segment de décision crédible, et à la hauteur du rang que l'on prétend encore avoir (stop au déclinisme ambiant.).
      Il s'agit surtout de faire des choix pour rééquilibrer notre outil de défense. C'est loin d'être fait et loin d'être le cas actuellement malheureusement.

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  16. En 1939 nous avions oubliés que la Belgique était neutre, que les Ardennes Belges et le canal Albert ne poserait pas de problèmes aux divisions blindées nazies, en 18 jours le problème était réglé, malgré le courage des Chasseurs Ardennais.

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    1. Bien avant la chute de la Belgique, les polonais se souviennent de notre active participation à la protection de leurs frontières.

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    2. @Anonyme9 mai 2023 à 13:05
      nous avons aidé les polonais face à l'Armée Rouge en 1920.
      Pour 1939, pourriez vous en quelques lignes expliquer comment nous aurions pu défendre leurs frontières?
      A part avec une offensive contre la Rhénanie, et derrière, la Ruhr, qui aurait du être faite en 1936.
      La seule alliance de revers qui valait c'était avec l'URSS. Manque de bol elle nécessitait de piétiner la Pologne au passage et ce l'URSS (de Staline ou pas) n'était pas le genre d'allié qui nous convenait.

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    3. Précisement, une contre attaque depuis la France sur l'Allemagne en 1939, c'était le contenu de notre alliance avec les polonais.

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    4. Vu le coût de la destruction de la guerre civile en Espagne, certains ont fait le choix d'externaliser aux allemands la lutte contre les communistes.
      https://blogs.mediapart.fr/jcg/blog/060910/entretien-avec-madame-annie-lacroix-riz-reedition-de-le-choix-de-la-defaite-des-lecons-dhier-jusqua-aujourd

      Le pacte germano-soviétique a sonné le glas de l'espioir d'échapper à la seconde guerre mondiale et les communistes ont sagement attendus l'opération Barbarossa pour le comprendre.

      La France est sortie du jeu de la domination mondiale en mai-juin 1940 et depuis c'est une longue dégringolade.

      L'émergence du communisme hier, aujourd'hui de l'islamisme conquérant y compris sur notre propre sol, la fabrication de l'ennemi est consubstantielle à l'exercice du pouvoir.

      Pendant que les pauvres se battent, les riches font des affaires.

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  17. (Blindax nostalgique)

    Et que Hannibal (247-182 av JC) a crapahuté dans les Alpes avec ses éléphants (les blindés de l'époque) et bagages.
    Là, aussi, les Chasseurs Alpins n'ont rien pu faire !
    Question neutralité, il n'y a plus grand chose en Europe, mais il demeure un axe possible. Suivez mon regard... 🧐

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    1. À (Blindax)

      Effectivement, en rectifiant avec la Finlande et la Suède, il reste quelques "trous" tout en considérant la situation de la Hongrie, la Moldavie et "l'instabilité" des Balkans...
      Cela justifierait un renforcement de la Roumanie, voire de la Bulgarie à terme.
      Dans la période, l'Ukraine est un sacré rempart. Avant d'arriver à Sedan, au col du Grand-Saint-Bernard ou Vintimille, il faudra user de la chenille. Allez, courage, le Portugal n'est pas loin !
      Petit détail : que deviendraient les routes de la soie ? :)

      https://www.monde-diplomatique.fr/local/cache-vignettes/L890xH1426/neutralite_-1939-2022_web-09065.png?1659807801

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    2. Ne pas oublier que la Grèce fait face à un retour de la Turquie vers des ambitions de refonder un empire ottoman, en étant un hub énergétique dans lequel les pays européens viendront manger dans la main...
      https://legrandcontinent.eu/fr/2022/07/31/la-grece-est-dabord-un-pays-des-balkans-une-conversation-avec-andrea-marcolongo/

      Erdogan ou pas dans le rôle de l'InSultan.

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    3. Eh oui, après la seconde seconde guerre mondiale, la Grèce a servi de laboratoire à la CIA dans la lutte cintre le communisme.
      https://blogs.mediapart.fr/marie-laure-coulmin-koutsaftis/blog/150317/la-guerre-civile-en-grece-laboratoire-de-la-guerre-froide

      Avant l'ex-Yougoslavie:
      https://editionsdelga.fr/produit/tuer-une-nation-lassassinat-de-la-yougoslavie/

      Avant le Kosovo:
      https://www.monde-diplomatique.fr/2019/04/HALIMI/59723

      Et bien évidemment avant la Géorgie et l'Ukraine.


      Vu les enjeux dans la région, ce serait pas étonnant que la Bosnie-Herzégovine refasse parler d'eĺle à moyen terme.

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    4. Oui. Les résistants grecs ont été sacrifiés sur l'autel de l'anti communisme. Histoire peu connue mais terrible.Les valeurs humaines sont souvent écrasées au nom d'une pseudo realpolitik .

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    5. La menace d'aujourd'hui ne sera pas forcément celle de demain. Toutefois, les frustrés d'hier et les puissances montantes voudront leurs places et au-delà. Indépendamment des confrontations idéologiques ou religieuses, qui sont souvent liées, l'accès aux ressources et sa maîtrise est une constante de l'humanité...
      À l'Est, au Sud et bientôt au Grand Nord, voire à l'ouest..., nous en ressentirons les effets au mieux, nous les subirons au pire. Autant s'y préparer d'une manière ou d'une autre.

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    6. La géographie dicte la politique, la technologie evoluant certaines matières premières auparavant délaissées deviennent primordiales car au coeur de colossaux enjeux financiers.

      Les lignes bougent, c'est un fait quant on regarde dans le rétroviseur:
      https://www.monde-diplomatique.fr/publications/l_atlas_mondes_emergents/a54118

      Le XXIème siècle sera celui de la guerre de l'eau potable, cela n'annonce pas des lendemains qui chantent...

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    7. Lorsqu'en 1974, la Turquie envahit Chypre au nord, c'est avec la bienveillance des américains:
      https://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20140720trib000840662/il-y-a-20-ans-la-turquie-envahissait-chypre.html

      Il y a actuellement les enjeux énergétiques avec le gazoduc qui apporte le gaz et le pétrole azerbaïdjanais (pauvre Arménie), mais aussi les enjeux éoliens vec le découpage du domaine maritime, bien expliqué ici:
      https://theatrum-belli.com/leolien-offshore-un-defi-pour-la-securite-et-la-surete-maritimes/

      Le XXIème siècle s'annonce comme très dangereux en Méditerranée, sachant que 680 millions de personnes vivent dans une bande littorale à 10 mètres du niveau de la mer et vont devoir fuir et se loger ailleurs vu le réchauffement climatique...

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    8. 10 mètres au-dessus du niveau de la mer...

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    9. Sans oublier l'explosion démographique de l'Afrique, en particulier de l'Afrique subsaharienne, qui va exercer une poussée conflictuelle sur les pays du Maghreb et de l'Europe.Le bassin méditerranéen, dans son périmètre le plus vaste sera vraisemblablement un point chaud majeur si ce n'est principal ( laissons l'indo pacifique aux US!)

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  18. Un hors sujet (?), ô combien instructif, sur les moyens et l'emploi qui devraient accompagner notre indispensable et brave Leclerc.

    C'est un expert qui le dit :

    https://youtu.be/fzmtQexXpTo

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  19. Bravo à tous! Article bien construit de BBC, échanges passionnants, du bel ouvrage.

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  20. Les pays qui ont inventé le char de bataille, l'enterrent: ni fleurs, ni couronnes.
    https://meta-defense.fr/2023/03/10/italie-allemagne-pologne-tous-en-europe-augmentent-leurs-forces-blindees-lourdes-sauf-la-grande-bretagne-et-france/

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  21. Ils ne sont pas menacés par une force blindée et disposent de la dissuasion nucléaire.

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    1. Le char de bataille n'est heureusement pas limité au combat anti-char.
      Sans véhicules d'accompagnement, ce n'est pas un outil crédible, nous sommes dnaccord.

      Manoeuvrer sous blindage est la seule manière d'espérer atteindre son objectif stratégique dans un contexte hostile, les forces conventionnelles doivent être crédibles surtout si nous comptons sur le fait d'être "dissuasifs" avec des états non nucléaires.

      L'agitation de la menace atomique n'est pas une politique, regardez combien de têtes nucléaires possède la Russie et constatez par vous-même que cela n'empêche pas de lui faire la guerre par proxy.

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  22. J’apprécie la défense d’usure mais ce sont vos arguments qui vont s’user à la longue.
    Tant qu’on n’aura pas identifié des scénarios crédibles où la France aura un besoin Prioritaire de chars lourds on n’avancera pas.
    A nos frontières le seul ennemi potentiel c’est…l’Allemagne…c’est peu vendeur politiquement.
    A tord ou raison, la Russie n’est pas/plus considérée comme une menace conventionnelle immédiate pour la France seule. Reste la projection contre des ennemis middle class (Algérie? Brésil?…la Turquie ?même si c’est tiré par les cheveux) mais notre incapacité à projeter une force blindée lourde non symbolique règle presqu’immédiatement la question.
    J’aimerais que la France ait des chars lourds nombreux et modernes mais honnêtement je n’en vois pas l’utilité absolue ni à court, ni à moyen terme.

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    1. C'est pourquoi il est préférable d'en disposer dans l'emploi de Scorpion, au cas où... Ne pas en avoir serait une erreur comme tout miser dessus, aussi.

      N'étant pas la police et encore moins le nombril du monde, la France se doit, quand même, d'avoir un panel étendu de moyens pour répondre aux menaces de toutes natures qui menacent ses territoires et le libre accès général. Pas simple.

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    2. Frede6: contribution a l'OTAN, poids politique ( combien de divisions ..), poids industriel, RD , caractère dissuasif, imprévisibilité des conflits ... Quelques exemples de l'utilité d'une force blindée significative.

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    3. À ULYSSE,

      Et, comme le disait le CEMA François LECOINTRE : c'est en fabricant un char ou un avion qu'on sait ce que sera le combat de demain.

      Ce à quoi j'ajouterai évidemment les navires, etc ...
      (je ne doutes pas qu'il y pensait aussi)

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    4. @Ulysse j’apprécie vos contributions pondérées. Toutefois je ne suis pas sur que vos arguments soient suffisants pour inverser la donne même s’ils sont tous pertinents.
      Au sein d’un ensemble politique chaque pays n’a pas besoin de couvrir l’ensemble du spectre pour peser, la France dispose à mon avis de capacités matérielles et opérationnelles clés qui en font un partenaire/adversaire à considérer.
      Pour la BITD, c’est l’éternel débat entre l’offre et la demande mais de facto nos petites commandes constituent un handicap pour des industriels frileux/échaudés: les blindés sont un exemple et le caesar un contre exemple. Doit on / Peut on viser le podium dans chaque domaine ?
      Pour l’aspect dissuasif et l’imprévisibilité des conflits je veux bien mais face à qui? Si on ne désigne pas les adversaires potentiels difficile de calibrer le besoin. L’histoire et la géographie sont des repères La seule menace conventionnelle existentielle pour la France susceptible de justifier un investissement majeur dans un corps blindé mécanisé, similaire à celui réalisé par la Pologne, c’est l’Allemagne, voire justement la Pologne. C’est rémanent. Y a t’il un homme politique ou un CEMA pour défendre ce business case. Tout le reste à mon avis est de la défense de nos interêts, mais ce n’est vital, donc on rentre dans le débat du prix à payer.
      Réalisme ou défaitisme je ne sais pas mais je ne vois pas comment les blindés lourds peuvent repasser en haut de la pile.

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    5. Entre tout( Pologne) et rien ou pas grand chose, il y a de la place. Un modèle à 400 chars lourds avec son indispensable environnement (la justification de ce nombre nécessiterait un trop long exposé pour ce blog) ne paraît pas hors de portée. Il renforcerait la crédibilité de la France auprès de ses alliés et contribuerait à asseoir son poids politique. Est-ce un nombre suffisant pour développer un char Franco français ( ou Franco/anglais/suédois/italien...ou Franco polonais (occasion ratée) plutôt que de recourir à un achat étranger sur étagère ? Il ne faut pas oublier de mesurer l'impact économique d'une production endogène et de placer sur la balance les gains de RD qui diffuseront au profit d'autres productions.

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  23. Ce que je trouve particulièrement surprenant pour ma part, c'est la proportion, semble t-il toujours croissante, de gens pour qui la stratégie de défense de la France doit se résumer dans l'attentisme.
    Pourquoi un corps blindé mécanisé (ou pour quels scénarios disent, demandent, certains.) (Dans la série une armée et une défense, "pour quoi faire" !!!).

    1 : Pour ne pas laisser la Pologne, encore (certains devraient relire l'histoire et certains épisodes, qui ne sont à notre honneur !! (On aurait pu rajouter : "Ils sont où les munichois d'aujourd'hui ?"), seule.
    On a, les différents pays d'Europe occidentale ont parfaitement les moyens, avec leurs plus de 500 millions d'habitants et la deuxième zone la plus riche au monde, d'assurer, complètement leurs propres défenses, communes.
    Il faut des forces blindées mécanisées pour ça.
    Si chaque pays d'Europe assumait et réassumait ses propres responsabilités, l'Europe serait à nouveau complètement autonome en matière de défense (Même par rapport à la Russie.).
    [Une vingtaine de divisions blindées, plus en proportion (deux tiers;) dans certains pays de l'est ou par tradition en Allemagne, et autant dans les pays de l'ouest, plus maritimes et plus "interventionnistes" (enfin, normalement.) de division médianes ou légères aérotransportables ; et tout ce qui va avec, avec deux pour-cent de leur PIB seulement.]

    2 (ou 1bis) : Pour honorer nos engagements et nos alliances internationales (eh oui : On ne vit pas dans une bulle, contrairement à ce que certains semblent croire.).
    Cela vaut non seulement pour la Pologne, ou la Roumanie, ou la Finlande (vous les laisser aussi se démerder seuls ?), mais aussi pour la Grèce, ou Chypre (par exemple.), et potentiellement d'autres demain.

    3 : Pour être encore capable d'intervenir significativement pour défendre nos alliés.
    Maroc, par exemple, mais aussi être capable d'intervenir contre des forces équipées, comme on en a parfaitement déjà, et encore, été incapable de le faire contre une organisation non étatique comme daesh : Heureusement que d'autres ont été capables eux de faire le travail, à notre place, alors que nous subissions (en oui...) des attentats par centaines de victimes civiles dans nos propres rues (qui n'ont cessé qu'au démentiellement de cette organisation.), comme le font actuellement, seuls, les ukrainiens. Après on pourra bien essayer encore de se draper dans "nos valeurs", après ça !!.

    4 : Enfin, pour être capable de défendre, par nous même, nos intérêts dans le monde partout où ils pourraient être menacés ; en étant capable de suffisamment de dissuasion concrète, c'est à dire, en étant capable d'éventuellement monter en puissance.
    Cela seul et en toute autonomie, et en toute Independence (on a d'ailleurs construit la dissuasion nucléaire pour cela ; et pour rien d'autre.), ou même en coalition, pour aligner un peu autre chose que des forces très, "légères", dans tous les sens du terme.

    5 : Enfin, en effet, pour être capable de tenir notre rang, et ainsi être encore entendu, et respecté, avec tous les attributs qui s'y rattachent (siège permanent au conseil de sécurité à l'ONU par exemple ; ou pour être réellement entendu et considéré encore une fois (pas comme une force de supplétifs, de troisième zone, en tous cas...)).

    Eh oui, cela sert à tout cela, un corps blindé mécanisée, et un modèle d'armée complet et autonome.

    6 : Relancer notre BITD terrestre, qui en aurait bien besoin actuellement, et commencer réellement et concrètement, à réindustrialiser notre pays...

    Et enfin,
    7 : Si vis pacem, para bellum, sérieusement ...

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    1. C'est à Munich que le locataire de l'Elysée a parlé d'étendre la dissuasion nucléaire française, c'est à dire de la donner à l'Allemagne.
      https://www.lepoint.fr/editos-du-point/l-avenir-europeen-de-la-force-de-frappe-francaise-21-02-2023-2509355_32.php

      Donc où sont les munichois ? À la tête de l'Etat français.

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    2. Traduction : "Si tu veux la paix, prépare la "guerre"", sérieusement !!

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    3. La France travaille pour le roi de Prusse, mandataire des États-Unis d'Amérique sur le continent européen.
      https://www.latribune.fr/opinions/comment-les-francais-financent-l-effort-de-guerre-polonais-et-l-industrie-de-defense-extra-europeenne-940513.html

      La visite de l'île Longue par une délégation de l'OTAN (reportée en 2020 pour cause de COVID-19) a finit par être faite en 2023: https://www.nato.int/cps/fr/natohq/news_214064.htm

      Pas besoin de jouer à un pays qui défend farouchement son indépendance au vu des actes et de notre absence totale de diplomatie selon nos intérêts propres depuis l'élection de Sarkozy et celles de tous ses successeurs.

      Nous n'avons pourtant pas un océan de chaque côté pour nous isoler des conséquences funestes de la politique menée depuis 20 ans et la catastrophique invasion de l'Irak en 2003, les printemps arabes en 2011 (Syrie, Libye, Egypte, Tunisie...) et autres voluptés de la géopolitique mondiale .

      Nous voyons les trafics d'humains et autres catastrophes comme la guerre sur notre propre continent, les bras ballants.
      Les acteurs économiques privés prennant de plus en plus d'importance sans rendre de compte quelque soit leurs actes.

      Quelle alternative pour les français, ou même les européens entre le système chinois de dictature numérique n'étant guère plus enviable que le fichage par multinationales du numérique, fussent-ils au départ américains ?
      https://www.lefigaro.fr/vox/monde/chine-et-occident-convergeront-ils-vers-une-gestion-des-individus-par-algorithmes-20211226

      Une vraie tour de Babel édifiée par ces Leviathan, qui n'augurent rien de bon pour l'individu lambda forcément transparent et sans vie privée face à ces monstres opaques et omnipotents.

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    4. Donc une armée pour défendre les autres, riche idée

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    5. Privatisation des bénéfices et nationalisation des pertes, les nouvelles "Compagnies des Indes" connaissent leurs classiques, ne paient pas d'impôts, ni ne répondent devant les lois.
      En revanche, ils financent les carrières de ceux qui les font.

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  24. Lire Ronin et savoir comment préparer la guerre d'hier.

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    1. Au moins lui n'est pas une sale mentalité de laquet

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    2. Bravo, le respect des autres ne vous étouffe pas

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    3. Zut, je pensais qu'il avait été banni de ce blog ^ ^

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    4. Nous aurions été déçus de voir une réaction plus réfléchie et mieux formulée. Il doit confondre ce blog avec le tchat de World of Tanks.

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  25. Merci très bon article, avec mon soutien, quand on pense que nous nous moquions de l'armée Française de 1939 avec son FT 17 il n'avait que 20 ans la petite bête...

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  26. Humeur :

    Avant d'avoir une force blindée mécanisée respectable avec un modèle d'Armée (Terre, Air, Mer, moyens transverses et les réserves), complet et autonome (?!), ainsi qu'une Nation préparée, tout en pérennisant notre Force de Dissuasion nucléaire, il s'agirait d'avoir une économie comme "avant", voire meilleure et des citoyens solidaires et déterminés. La réindustrialisation ne se décrète pas qu'avec une LPM...

    Si l'intention est louable et respectable, y parvenir est un tantinet plus complexe et aléatoire en fonction des "impondérables" et de la géopolitique. Ni simple, ni basique : Il y a toujours plus que le pire !

    La France fera son devoir et respectera ses engagements, y compris par le sang. Tout le monde peut-il en dire et surtout en faire autant ?

    http://www.paxaquitania.fr/2023/05/operation-sagittaire-limage-de-la.html?m=1

    Bien sûr il ne s'agit pas de faire dans le satisfaicit ni de tomber dans la gloriole. À contrario, face à la tâche qui nous attend, faire dans la naïveté bien-pensante ne serait pas responsable.

    Sachons garder raison et objectivité.

    Les événements passés ont été, ceux de demain seront..., à nous de savoir si nous souhaitons les subir sans choix, ou pas ?

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    1. Les liens qui enchaînent de plus en plus la France deviennent de plus en plus puissants et ne touchent pas simplement nos choix militaires:
      https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-La-perte-de-souverainete-economique-de-la-France-_3751677.html

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    2. Je suis bien d'accord.
      D'ailleurs ces liens économiques peuvent être négatifs ou positifs pour la souveraineté et la balance des paiements, y compris politique...
      Il n'y a pas d'autarcie ou de séparation nette avec l'environnement militaire.

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  27. En parlant de la Grèce :

    https://www.opex360.com/2023/05/10/arquus-est-sur-le-point-de-porter-les-vehicules-blindes-legers-de-larmee-grecque-au-standard-ultima/

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  28. Re-Grèce et au-delà avec le Philoctète ? Une opportunité en synergie pour le VBCIr de l'AT à terme. Ce n'est pas certain.

    https://www.opex360.com/2023/05/10/propose-par-le-francais-nexter-le-vbci-philoctete-va-t-il-simposer-en-grece/

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    1. Ce qui serait franchement très intéressant ce serait l'organisation, par la Grèce, d'une vraie séance d'essais comparatifs entre le VBCI philoctète et le lynx KF41.

      On a quand même deux objets très différents puisque l'un est chenillé (avantage mobilité tactique) avec tourelle habitée deux hommes et canon classique tandis que l'autre est à roues (avantage mobilité stratégique) avec une tourelle téléopérée et un canon CTA...

      Deux philosophies qui s'opposeraient face aux épreuves, un beau spectacle potentiellement riche en enseignements !

      Les Tchèque l'ont bien fait pour le combat CV90, KF41, ascod...

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  29. Retour sur le sujet :

    https://www.opex360.com/2023/05/10/la-dga-diffuse-les-images-des-essais-du-char-leclerc-porte-au-standard-xlr/

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  30. Une remarque sur le titre.
    Le CEMAT s'adresse à la représentation nationale dans un cadre protégé. Il ne fait pas mystère de ses arguments. Il y aura ensuite la LPM. Les députés fixeront des axes et les moyens.

    Qu'on soit d'accord ou pas avec le CEMAT, c'est très démocratique. Ce sont les élus qui légifèrent, pas l'opinion.

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    1. Nous pouvons le voir avec les décennies de désinvestissement et autres réductions de voilure dans le MINARM, qu'être un élu ne donne pas la connaissance des enjeux majeurs pour la survie de la France.

      Peu de gens s'intéressent aux armées, encore moins qu'avant depuis qu'un des rares a y comprendre quelque chose a quitté l'hémicycle:
      https://youtu.be/0pFS69MEpG4

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/03/29/francois-cornut-gentille-notre-modele-d-armee-soi-disant-complet-est-surtout-obsolete_6119599_3232.html

      Ils votent comme leur dit l'exécutif donc en fait, il n'y aucun contrôle parlementaire.
      On peut parler de députés godillots.

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    2. Ça c'est de la politique politicienne.
      On a les élus que l'on mérite et les électeurs que l'on peut. Il faut faire avec, c'est la démocratie...
      Pour les aspects techniques et militaires, il y a les conseillers, les groupes de pression, les commissions, les auditions et Blablachars. :)

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    3. Malheureusement Blablachars n'a pas le même pouvoir que les autres acteurs précités...
      https://www.lopinion.fr/international/frederic-petit-il-faut-donner-une-date-pour-ladhesion-des-balkans-a-lunion-europeenne

      Il faut toutefois nommer les choses pour "ne pas rajouter du malheur au monde".

      Nous pouvons encore écrire sans avoir de points négatifs sur notre identité numérique pour "mauvais esprit".

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    4. Y a t'il un liens avec les blindés?

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    5. Cela m'étonnerait que les pays européens concernés par la défense de leurs territoires négligent les véhicules blindés.
      Ce qui en Europe concernent les pays des l'Est et les Balkans, les pays européens de l'ouest ayant pratiquement délégué leur sécurité aux américains contre achat de quincaillerie militaire à crédit.
      https://www.lesechos.fr/industrie-services/air-defense/lotan-doit-elle-se-doter-dune-banque-pour-moderniser-ses-forces-armees-1285325

      Au Kosovo, par exemple, les américains equipent "les forces de sécurité" puisque la Serbie ne veux pas que cette mafia ait une armée.
      https://www.forcesoperations.com/des-bastion-pour-les-unites-speciales-de-la-police-kosovare/

      Il y a bien des chances pour que là aussi cela se passe mal.

      Il suffit de regarder le domaine gazier en Croatie et en Albanie, qui s'équipent en matériels militaires aussi, voire installe une base OTAN (sur une base qui portait le nom de "Staline", clin d'œil ironique de la géopolitique etdes alliances).

      Donc oui, la politique qui intervient dans tous les domaines a une influence sur les blindés.

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    6. Nous sommes en 2023 et on parle toujours de Staline...
      https://youtu.be/tvIWHbt8eSU

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  31. Pour une Armée complète et surtout ne pas s'arrêter devant une coupure:

    https://www.opex360.com/2023/05/11/armee-de-terre-le-systeme-de-pose-rapide-de-travures-modernise-a-ete-qualifie-par-la-dga/

    Engin étonnant qui fera hurler les puristes de la chenille.
    Les ponts-travures sur chassis dérivés de chars ne sont pas souvent représentés avec l'ensemble du système, dont les portes chars et travures...

    Toutefois le nombre de SPRAT est en nombre limité. Des moyens complémentaires et adaptés seraient nécessaires avec l'alourdissement des véhicules et engins terrestres.

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    1. C'est surtout un engin (échantillonnaire encore. 10 exemplaires) inutilisable. Vous avez vu ses dimensions (18 mètres sur 3 de large, et 4 de haut.) qui nécessitent un convoi exceptionnel pour le moindre de ses déplacements (éventuels) et sur des itinéraires choisi à l'avance (ça ne passe partout, loin de là au contraire, y compris en hauteur ; et comme il faut du solide pour se mouvoir...), un comble pour un engin sensé améliorer la mobilité (!), qui plus quand il s'agirait d'aller poser des travures au abords d'un fleuve ou de la moindre rivière.
      Une pure démonstration des déviances que peuvent donné le dogmatisme (ici du tout roue.).

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    2. Le dimensionnement est la conséquence du moyen, c'est à dire du système de travure. Elle doit répondre à une classe de véhicule (masse et gabarit normės OTAN) et une portée utile pour passer une coupure donnée.

      Là, roue ou chenille, la contrainte est la même, tout comme la résistance des bords ou berges pour les appuis des travures.
      Un pont ne se pose pas n'importe où, cela nécessite une évaluation et une préparation. Il en est de même pour le franchissement humide...

      J'ai rarement vu du hors gabarit à chenille sur les routes... mais chacun sa solution comme le PMM-2M :

      https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d9/%D0%9F%D0%94%D0%9F.jpg

      La roue versus chenille est un choix technique, industriel et de mobilité globale.

      Là où la problématique est plus contraignante ce sont les déplacements hors métropole, sans parler d'aérotranport...(!)
      D'où mon souhait de moyens complémentaires et supplémentaires pour éviter une rupture dans la manoeuvre et éventuellement pour effectuer un prépositionnement.

      Il ne serait pas inutile de développer d'autres systèmes, voire plus léger (?), au-delà du pont "Leguan" classe 80.
      Le Concours Lépine devrait nous offrir des pépites. :)

      Pour du moins lourd et moins long un système existe déjà avec l'étonnant système Libris :

      http://www.milinfo.org/article-eurosatory-2010-presentation-du-pont-integre-libris-52331487.html

      https://www.enderi.fr/LIBRIS-le-genie-au-travail_a42.html

      Pour la "trafficabilité" des sols, il existe des moyens, par exemple :

      https://defense.mobi-mat.com/fr/applications/acces-pont/

      Le char lourd a tendance à défoncer les sols. Le mixte est à gérer... (?)


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  32. Sinon on peut aussi se doter d'engins peu blindés mais qui flottent et qui sont capables d'attaquer des berges ...
    https://youtu.be/YFf9isCaiKc

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  33. Bonjour,
    Bonne analyse sur le fond.
    Mais en partant de ce point , pourquoi refuser l'abandon de la composante blindé de l'armée de terre ???
    C'est plus que rationnelle et il faudrait y aller beaucoup plus franco .
    Je pense que la France doit se concentrer sur les aspects a forte valeur ajouté (aéromobilité, aviation, marine et espace) et abandonner les vieux dinosaures que sont ces reliquat du 19 et 20eme siècle.

    Désolé d'être aussi brutal mais si les russes avaient pas foirées leur opération aéromobile sur Kiev, le problème aurait été réglé depuis longtemps.

    JLD

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    1. Justement, les russes ont foiré leur opération aéromobile, c'est bien ça le sujet...

      En Ukraine comme au Haut-Karabakh, les hommes dans le ciel se font rares et n'y restent pas longtemps, d'où le retour de la blindaille sur le devant de la scène !! Saisir une position et l'occuper ne se fait plus sans blindés.

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    2. En effet ce que nous enseigne cette guerre, vu la focale mise dessus (c'était déjà le cas ailleurs, mais on ne voulais encore moins le voir (cf Azerbaïdjan versus l'Arménie (là aussi on n'a voulu y voir que l'action, limitée, bien que nouvelle, des drones. Alors que l'essentiel se passait ailleurs.), c'est, au contraire que l'aérien et l'aéromobile (hélicoptères, et drones.) sont très fortement remis en cause dans une guerre moderne et face à des défenses antiaériennes multiples modernes actuelles.
      En même temps les américains eux même ne se faisaient pas trop d'illusion sur le sujet depuis quelques années et décennies ; eux qui craignaient plus que tout la moindre mise en place de systèmes S400 ou même simplement S300.

      Ce que nous rappelle cette guerre (et ce que certains ont manifestement beaucoup de mal à voir, et plus encore à accepter !!), c'est le retour à certains fondamentaux éternels : Le nombre, la masse (la protection et le moyen d'agir (le bouclier.)), et la puissance (multipliée par le nombre (l'épée.)) (et d'autres encore, la détermination, etc.).
      L'aviation, type délire technologique F35 5e, 6e "génération", leur sert surtout et essentiellement à mettre définitivement à bas les industries d'aéronautiques militaires européenne (le volet final et terminal : le SCAF, si jamais par malheur il venait à se faire...).

      Il faudrait même vite se réveiller, car avec vos guerres du futur, et vos croyances dans les nouvelles armes miraculeuses, guerre des étoiles même (qui seraient complètement contre-productives, vu que les débris engendrés bloqueraient tout le monde, et vu ses coûts (là aussi de vieilles lubies, que l'on croyait abandonnées depuis Reagan ! (On sait comment cela s'est terminer pour un des "compétiteurs".))), on risque vite de se retrouver avec deux ou trois guerres de retard au contraire, et complètement à poil : Mais cela on l'est déjà en large partie, à force de délirer...

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  34. Concernant l'industrie du char, nous sommes déjà pratiquement "à poil", comme dans beaucoup d'autres domaines.
    Nous ne pourrons pas nous défendre de tout avec du char, il en est ainsi en Afrique ou en Polynésie, voire ailleurs.
    L'économie est mondialisé ainsi que l'accès aux ressources. Regarder une carte du monde et sa géopolitique est très instructif. Vouloir brandir le glaive est parfois nécessaire mais encore faut-il pouvoir se déplacer avec un minimum de sécurité.
    Du blindé mécanisé reste toutefois nécessaire pour la métropole ou l'Europe, voire en coalition dans l'OTAN. Au-delà, à moins de memer la tactique de la canonnière du "petit blanc" rien n'est certain...? L'Histoire marche rarement à reculons...

    Oui nous avons, déjà, plusieurs guerres de retard, avec ou sans chars et y compris avec celles que nous n'avons su ou pu pas menées avec nos "amis"...

    Soeur Anne s'est pacsée avec la Belle au bois dormant depuis longtemps !
    Disneyland c'est bon pour le tourisme... :)

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  35. Il nous restera des photos...
    https://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2023/06/02/une-expo-photos-pour-les-80-ans-de-la-2e-brigade-blindee-23901.html

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    1. Ouaip, c'est officiellement dit:
      https://www.forcesoperations.com/fin-de-non-recevoir-pour-un-eventuel-leclerc-mk-3/

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