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En dépit de son intention de moderniser ses TR-85M1, la Roumanie faisait déjà partie des clients potentiels de GDLS (General Dynamics Land System) désireux de ne pas laisser le terrain européen au seul Leopard 2. Huit mois après son annonce, la modernisation des TR-85M1 est remplacée par le lancement d'un programme d'acquisition d'un nouveau char, annoncé par le ministère de la Défens roumain à l'occasion de la fête nationale, le 1er décembre. La compétition qui s'ouvre doit voir s'affronter le M1 américain et le Leopard 2 allemand, sous l’œil distant mais attentif du K2 pour lequel le constructeur a reçu des marques d'intérêt en provenance de Bucarest. Peu de temps avant l'officialisation de cette décision, plusieurs informations mentionnaient la tenue de discussions entre la Roumanie et GDLS pour l'acquisition de M1, qui semblait déjà en position de favori face à son concurrent allemand. Position confortée dès février dernier, avec la signature par Bucarest d'une lettre d'intention pour l'achat de M1, dans une configuration indéterminée. La décision roumaine annoncée aujourd'hui d'acquérir 54 M1 Abrams ainsi que 276 chars K2 est la concrétisation des efforts de GDLS (déjà fournisseur des Piranha V de l'armée roumaine) et Hyundai Rotem pour convaincre les autorités de Bucarest des qualités de leurs engins. La décision roumaine qui met fin à la compétition intergénérationnelle annoncée entre le M1 Abrams et le K2 devrait également confirmer le rôle de la Pologne, lieu probable de production des futur K2 roumains, dans la stratégie de conquête de l'Europe par l'industrie de défense sud-coréenne. Avec ce succès, elle dispose désormais de deux "produits d'appel" avec son obusier K9 déjà choisi par quatre pays européens et le K2 désormais adopté par deux clients sur le vieux continent.